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Société

Problèmes en série: quand le REM sera-t-il stabilisé?

Encore des interruptions de service vendredi. CDPQ Infra évalue diverses options.

/ Noovo Info

Encore des interruptions de service, vendredi, sur le Réseau express métropolitain (REM). Quand pourra-t-on prendre le REM en toute paix d'esprit? Il n'y a pas d'échéance claire.

Depuis qu’il est tombé des dizaines de centimètres de neige sur la métropole, entre jeudi et lundi dernier, il n’est essentiellement pas passé une journée sans ralentissement ou interruption de service, sinon une réduction de la fréquence de passage des trains aux stations.

CDPQ Infra, l’opérateur du REM, assure «que depuis les derniers jours, la direction […] évalue diverses options afin d'assurer une stabilisation du service du REM», comme l’a indiqué le porte-parole Francis Labbé dans un courriel envoyé à Noovo Info. Un système de navettes d’autobus est quand même mis à la disposition des usagers pour leur permettre de circuler entre la Rive Sud et Montréal.

En matinée vendredi, il y a eu deux interruptions de service – une vers 7h30 et la seconde vers 8h30. Le service a repris vers 10h45.

Mais que se passe-t-il exactement dans le REM?

Le REM l’hiver: quand la neige, neige...

Selon la CDPQ-Infra, les trains du REM ont été conçus pour circuler sécuritairement avec 40 cm de neige au sol. Chaque nuit, des équipes s'occupent aussi de gérer la neige sur le réseau. De plus, des souffleuses récupèrent et poussent la neige pour la déplacer dans des endroits spécifiquement désignés selon le secteur, est-il mentionné sur le site web.

Mais 40 centimètres au sol, c’est bien moins que l’accumulation totale des précipitations neigeuses tombées sur la région métropolitaine sur une période de quatre jours à la fin de la semaine dernière, soit 72 cm.

Cette accumulation entraîne un problème dans le fonctionnement de l’aiguillage, soit l’équipement qui permet le changement de voie, explique CDPQ Infra à Noovo Info. Ce changement «permet d’assurer la haute fréquence du service, en permettant par exemple à un train qui termine son trajet dans une direction, de changer de voie pour reprendre rapidement le service en sens inverse», ajoute le porte-parole Francis Labbé.

«La neige abondante reçue dernièrement et la glace se sont infiltrées dans nos aiguillages, nuisant à leur fonctionnement.»
- Extrait d'un courriel de Francis Labbé, porte-parole de CPDQ Infra

Donc, pour éviter ce genre de problème dans le REM à l’avenir, «des améliorations à long terme devront être apportées au matériel pour corriger définitivement la situation», dit M. Labbé.

Un problème est «apparu»

Un autre problème est toutefois apparu avec les conditions météorologiques difficiles, selon CDPQ Infra: le niveau d’entretien des voitures du REM.  

«Il est apparu que l’utilisation plus fréquente de systèmes hivernaux entraîne une maintenance accrue sur nos voitures», écrit le porte-parole Francis Labbé. Voilà qui en a «réduit la disponibilité momentanément».

«Des progrès ont déjà été faits à ce chapitre et les équipes de notre fournisseur Alstom sont à pied d’œuvre pour corriger la situation à long terme», assure CDPQ Infra.

À long terme… ou avant la prochaine tempête de neige majeure? La ministre des Transports, Geneviève Guilbault, a convoqué CDPQ Infra en rencontre et l’a prévenue qu’elle ne veut plus de pannes du REM pendant les tempêtes, à son deuxième hiver de rodage.

«Il faut être proactif dans les communications pour expliquer aux gens pourquoi la prochaine fois, on est confiants que les pannes ne surviendront pas, parce qu'on aura appliqué des améliorations, des correctifs et des solutions», a déclaré Mme Guilbault devant les médias après cette rencontre.

Même si le REM est en fonction, le projet n'est pas terminé. À terme, la construction du REM coûtera plus cher que prévu. Le coût estimé du projet est passé de 7 milliards $ en 2018 à 9,4 milliards $ en 2024, d'après la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc. La hausse des coûts est attribuable à l'inflation, aux retards causés par la pandémie, à l'état de la voûte souterraine de l'avenue McGill College et à la découverte d'explosifs dans le tunnel Mont-Royal.

Il s'agit du plus grand projet de transport collectif entrepris au Québec depuis les 50 dernières années, soit depuis la création du métro de Montréal. 

La mise en service complète du REM est maintenant prévue en 2027 plutôt qu'en 2024.

Avec de l'information d'Audrey Bonaque pour Noovo Info et de La Presse canadienne.