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Disons-le, ce débat n’aura absolument pas changé l’issue de la course.
Les candidats ne se sont pas attaqués entre eux, préférant s’en prendre à Pierre Poilievre et à Donald Trump. Mark Carney était celui qui avait le plus de pression sur les épaules, mais personne ne l’a écorché. Et disons-le, ce débat n’aura absolument pas changé l’issue de la course.
Carney est tellement loin devant dans cette course que les autres candidats ne souhaitent pas l’attaquer trop fortement. Ils ne veulent pas trop nuire à celui qui mènera les troupes durant la prochaine campagne électorale. Et à la fin d’une course à la direction, il faut se rallier et travailler ensemble.
Quand une course est serrée, les attaques ont tendance à être plus virulentes. Ce n’est pas ce que le cas dans cette course. Chrystia Freeland a dû prononcer les mots «ensemble» et «unité» au moins 100 fois. Elle souhaite avoir une place de choix dans l’équipe de Mark Carney.
Il a beau avoir été épargné par ses adversaires, Mark Carney s’est enfargé tout seul tout au long du débat.
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Concernant le niveau de français de Mark Carney, je crois qu’il est suffisant… pour l’instant. Le PLC est surtout en train de se choisir un chef pour aller en campagne électorale. Un chef qui ira débattre en français avec Pierre Poilievre et Yves-François Blanchet dans quelques semaines. Ce ne sera pas aussi facile que de débattre contre trois amis libéraux anglophones. Et le contraste n’en sera que plus apparent.
À plusieurs reprises, Carney avait de la difficulté à expliquer sa vision de façon claire. Souvent, il ne terminait pas ses phrases. Moi qui suis tout tout tout ce qui se passe sur la scène politique, il m’a perdue à quelques reprises. J’essaie d’imaginer le citoyen moyen qui essaie de comprendre… il a dû être largué par moment. À titre d’exemple, en réponse à une question sur le commerce interprovincial, il a indiqué que nous devions «ajouter des réunions avec des pages blanches». Je n’ai pas compris l’image qu’il souhaitait mettre de l’avant…
La politique, le niveau d’attention des gens et le format médiatique étant ce qu’ils sont, encapsuler son message et se faire comprendre rapidement est primordial. Quand l’animateur invitait M. Carney à conclure sa pensée en 30 secondes, il n’arrivait pas à nous servir une ligne claire, précise et « punchée ».
Plusieurs candidats, dont Freeland et Gould, ont dit qu’il faut respecter les juridictions des provinces. Or, le gouvernement Trudeau a empiété allègrement sur les compétences des provinces au cours des dix dernières années.
Est-ce que cela veut dire que Chrystia Freeland et Karina Gould désavouent leurs propres politiques ? Ou bien est-ce qu’elles considèrent que les politiques libérales n’empiétaient pas sur les compétences provinciales ? Le mystère demeure entier puisque personne ne les a défiées à s’expliquer davantage durant le débat. Gageons que Poilievre et Blanchet seront prêts à le faire lors des débats électoraux.
Sur les sujets touchant particulièrement le Québec, comme la langue française, le projet de constitution du Québec et la laïcité, les candidats ont chanté à l’unisson.
Chrystia Freeland nous a parlé d’unité canadienne et nous a dit que «ce n’est pas le moment pour les chicanes». Comme si les problèmes inhérents à la fédération avaient disparu comme par magie grâce à Trump.
Karina Gould a indiqué à deux reprises que le PLC est le parti de la Charte canadienne des droits et libertés, et qu’elle allait toujours défendre la Charte par-dessus tout.
Frank Baylis s’est quant à lui positionné clairement contre la loi 96 et contre la loi québécoise sur la laïcité.
Mark Carney était plus flou sur ces questions. Il a parlé de certains accommodements que l’on doit faire dans la fédération… qu’est-ce que ça veut dire exactement? Ça reste à clarifier… comme beaucoup de choses.
Jusqu’à présent, Mark Carney était l’homme mystère avec un beau CV. On pouvait ainsi imaginer le politicien de nos rêves. Les deux débats de cette semaine vont permettre aux gens de mieux le connaître, et le mirage se dissipera tranquillement.
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