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Politique

La grogne commence à s'installer parmi les conservateurs fédéraux

Pourtant, tout ne semble pas aller si mal.

Dylan Robertson
Dylan Robertson / La Presse canadienne

La grogne commence à s'installer chez les conservateurs fédéraux. Et comme on s'attend à ce que le président américain Donald Trump annonce mercredi de nouveaux droits douaniers, la campagne de Pierre Poilievre risque de dérailler de nouveau.

La raison de cette grogne: la campagne de M. Poilievre elle-même et le retard inattendu des conservateurs dans les sondages.

Pourtant, tout ne semble pas aller si mal. Le chef conservateur attire des foules considérables lors des rassemblements tenus au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique et au Manitoba. Mais la forte avance dont le parti bénéficiait dans les sondages avant la démission de Justin Trudeau s'est complètement évaporée.

Et déjà, des détracteurs internes pointent du doigt M. Poilievre et sa directrice de campagne Jenni Byrne pour leur refus de porter leur attention sur la guerre commerciale imposée au Canada par Donald Trump.

Kory Teneycke, un ancien directeur des communications du parti, a déclaré le 26 mars qu'un signal d'alarme aurait dû être déclenché au quartier général conservateur. Selon lui, l'organisation devrait transformer la campagne pour s'opposer encore plus vertement aux droits douaniers de Donald Trump.

M. Teneycke a même montré des sondages internes indiquant que les conservateurs accusent un retard de 15 points en Ontario, qui compte plus du tiers des sièges à la Chambre des communes.

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Amanda Galbraith, une stratège conservatrice, condamne les fuites répétées et les critiques internes anonymes, les qualifiant d'inopportunes, d'irritantes et d'inutiles.

«Nous devons faire confiance en l'équipe de campagne pour s'ajuster comme bon lui semble», souligne-t-elle.

Mme Galbraith, cofondatrice du Groupe Oyster et ancienne employée du cabinet de Stephen Harper, constate que des conservateurs ont tendance à se tourner contre leur chef dès que cela va mal dans les sondages. Selon elle, cela s'explique en partie en raison de nombreuses factions existant au sein du parti et les conflits entre les citadins qui défendent un conservatisme financier et les ruraux qui préfèrent un conservatisme social.

Elle ajoute que les conservateurs ne s'attendaient sûrement pas à ce que le retour au pouvoir de Donald Trump ait autant de répercussions pendant la campagne électorale.

Pour l'instant, les sondages donnent un avantage important au chef libéral Mark Carney sur la question des relations américano-canadiennes, un sujet qui domine la campagne au détriment du coût de la vie des Canadiens.

Au terme d'une première conservation téléphonique avec M. Carney, vendredi, M. Trump a semblé adoucir le ton. Il a accepté que les deux pays lancent de nouvelles négociations sur un nouveau plan économique et de défense après les élections.

M. Poilievre n'a pas dévié de son plan original, parlant davantage des réductions d'impôt et de la criminalité sans vraiment réagir aux déclarations venant de la Maison-Blanche. Cette orientation soulève l'ire de M. Teneycke.

Il est indéniable que M. Poilievre attire de grandes foules à ses rassemblements, mais Mme Galbraith signale que cela n'est pas nécessairement un signe de victoire. Elle rappelle que les foules de l'actuel chef conservateur sont plus imposantes que celles de Stephen Harper lors de ses campagnes victorieuses en 2006, 2008 et 2011.

Elle se console en disant que l'appui accordé aux conservateurs est malgré tout plus élevé que lors des élections précédentes.

«En 2006, si nous avions eu 38% dans les sondages, nous aurions dansé de joie»
Amanda Galbraith, stratège conservatrice

Un sondage de Léger pour La Presse Canadienne, publié le 24 mars, donnait 44 % des intentions de vote aux libéraux et 38 % aux conservateurs. Deux mois plus tôt, Léger donnait une avance de 18 points aux troupes de Pierre Poilievre.

Mme Galbraith demeure confiante. Elle croit que les conservateurs peuvent bénéficier d'un nouvel élan, surtout chez les ouvriers déçus du NPD.

Mais la perte de popularité du NPD peut davantage profiter aux libéraux qu'aux conservateurs au Canada anglais, reconnaît-elle, puisque les néo-démocrates ne semblent pas en mesure de diviser le vote de centre gauche.

Selon le récent sondage Léger, l'appui au NPD a dégringolé à seulement 6 %, près de 12 points de moins qu'aux élections de 2021.

Dylan Robertson
Dylan Robertson / La Presse canadienne