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«J’ai mis ma casquette de gars de relations publiques pour mieux comprendre ce qui justifie cette éclipse médiatique.»
De retour de vacances jeudi soir, après quelques jours de déconnexion difficile pour un mordu d’actualité comme moi, je me retrouve avec une avalanche d’articles, de nouvelles et de potins sur la séparation la plus médiatisée au Canada, celle du premier ministre et de Sophie Grégoire.
Comme plusieurs, ma première réaction a été de me dire que la nouvelle est plutôt futile et qu’il n’est certainement pas de «nos affaires» de savoir ce qu’il se passe dans la chambre à coucher de Justin Trudeau.
Ce type de voyeurisme me dérange surtout, car il y a des enfants impliqués, dont deux adolescents, certainement en âge de lire tout ce qui se dit au sujet de leurs parents. Cependant, avant de lancer la pierre aux nombreux médias qui ont couvert la nouvelle au Canada et ailleurs, j’ai mis ma casquette de gars de relations publiques pour mieux comprendre ce qui justifie cette éclipse médiatique.
Que se passe-t-il lorsqu’une populaire animatrice de télévision rencontre le fils d’un ancien premier ministre dont la notoriété a largement dépassé les frontières? Un des mariages les plus médiatisés au Canada, et ce, depuis le premier jour. En 2005, leurs noces ont été couvertes par les médias de plusieurs pays. Il faut se rappeler que déjà, à l’époque, nombreux étaient ceux qui voyaient en Justin Trudeau un futur politicien et cette union allait renforcer l’avenir politique de ce dernier.
Sur le plan de l’image, Trudeau est l’équivalent canadien du nom Kennedy aux États-Unis et le couple avait alors une image parfaite. Ils étaient jeunes, beaux, charismatiques et éperdument amoureux l’un de l’autre, comme le montraient leurs déclarations à l’époque. De plus, le côté plus «terre à terre» de l’animatrice, issue d’une famille de la classe moyenne et très ancrée au Québec, amenait une composante «populaire» à l’image plus bourgeoise et plus «canadienne» de Justin Trudeau.
Une recette idéale pour représenter l’avenir politique du Parti libéral du Canada, à l’époque à la recherche d’une cure de rajeunissement et de dynamisme dans son leadership.
Il était donc naturel pour le couple de renforcer cette image que ce soit à travers les médias ou les réseaux sociaux. Tout d’abord, lorsque Justin Trudeau est devenu député de Papineau en 2008 lorsqu’il se présente à la chefferie du Parti libéral du Canada en 2012 ou lorsqu’il devient premier ministre en 2015.
Alors père de deux jeunes enfants, la famille Trudeau-Grégoire est au centre de ces campagnes et ils ne se gênent pas pour diffuser cette image très familiale dans toutes ces campagnes. Bien entendu, le contenu a également une certaine importance dans l’ascension politique du couple, mais il faut reconnaître qu’à l’époque, l’image était au centre du «marketing» politique autour de ces derniers.
Le meilleur exemple, c’est cet article dans le magazine Vogue qui a suivi son élection comme premier ministre. Le «nouveau visage» de la politique canadienne accompagnée de celle qui allait également faire sa marque comme «Première dame». Un rôle qu’elle aura d’ailleurs accompli avec brio, s’impliquant avec succès dans de nombreuses causes et représentant dignement le Canada auprès d’autres premières dames comme Michelle Obama ou Brigitte Macron pour ne nommer que les plus connues.
Pourquoi vous parlais-je de tout cela? Car ce sont les principales raisons pour lesquelles les médias de toute la planète ont couvert hier et aujourd’hui, la séparation du couple. Il est difficile aujourd’hui de plaider la vie privée lorsque l’on a utilisé si souvent, de bonne façon, l’image du couple dans les différentes étapes de l’ascension de Justin Trudeau vers le pouvoir.
D’ailleurs, cela est loin d’être terminé puisque je peux vous assurer que la couverture médiatique sera tout aussi forte ou même plus en ce qui concerne potins, rumeurs ou photos des deux avec de nouvelles personnes à l’avenir par exemple. C’est pourquoi la déclaration commune d’hier était importante. Elle permet d’assurer un message conjoint de la part du couple et d’éviter, autant que possible, la machine à rumeurs.
À l’avenir, il sera essentiel dans leur cas de continuer à communiquer avec transparence dans les prochaines étapes de leur séparation et de leur vie. Non pas parce que cela nous concerne, mais plutôt parce qu’en l’absence de version officielle, ce sont les versions officieuses qui prendront toute la place.
C’est le prix à payer pour la notoriété.