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Politique

Ottawa ne retrouverait pas sa mise avant 20 ans dans les usines de batteries

Le gouvernement fédéral a annoncé cette année des subventions à Volkswagen et à la coentreprise Stellantis-LG Energy Solution pour les inciter à construire au Canada des usines de batteries destinées aux véhicules électriques.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, François-Philippe Champagne, ont visité les installations de Stellantis à Windsor le 2 mai.
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, François-Philippe Champagne, ont visité les installations de Stellantis à Windsor le 2 mai.
Nojoud Al Mallees
Nojoud Al Mallees / La Presse canadienne

Le directeur parlementaire du budget estime qu’il faudra au gouvernement fédéral 20 ans, jusqu’en 2043, pour atteindre le seuil de rentabilité de ses accords avec deux géants de l’automobile pour la fabrication de batteries de véhicules électriques en Ontario.

Le gouvernement fédéral a annoncé cette année des subventions à Volkswagen et à la coentreprise Stellantis-LG Energy Solution pour les inciter à construire au Canada des usines de batteries destinées aux véhicules électriques.

Dans une analyse du seuil de rentabilité de ces subventions à la production accordées par Ottawa, le directeur parlementaire du budget (DPB) estime qu'il faudra 20 ans pour que les recettes gouvernementales générées par la production des deux usines ontariennes atteignent l'équivalent des subventions à la production, qui totalisent 28,2 milliards $ d’ici la fin de 2032.

En mars, le Canada a conclu un accord qui permettra à Volkswagen d'obtenir jusqu'à 13,2 milliards $ de subventions pour la production de batteries dans une usine qui serait établie à St-Thomas, en Ontario.

Stellantis a ensuite demandé une entente similaire pour une usine qu'elle construit à Windsor, en Ontario, et a finalement obtenu un accord de 15 milliards $.

Les subventions à la production pour les deux usines sont censées refléter les incitatifs offerts par les États-Unis dans le cadre de l'Inflation Reduction Act, une loi adoptée au courant de l'été 2022, qui prévoit des investissements importants dans l'économie verte.

Le coût des subventions à la production canadienne doit être partagé entre le gouvernement fédéral et ontarien, Ottawa assumant les deux tiers du montant.

Cependant, le rapport du DPB comporte une mise en garde importante: l'analyse n'inclut pas les recettes gouvernementales supplémentaires qui pourraient être générées par des retombées sur l'économie.

Cela contraste avec le calcul du seuil de rentabilité sur cinq ans du gouvernement fédéral concernant l'accord avec Volkswagen, qui inclut les revenus attendus provenant de l'augmentation de la production tout au long de la chaîne d'approvisionnement.

Les libéraux ont soutenu que ces subventions majeures à la production auraient des effets plus importants sur l'économie en encourageant davantage d'entreprises impliquées dans l'industrie automobile à investir au Canada, ce qui contribuerait à faire avancer le pays dans ses plans de transition verte.

Le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, François-Philippe Champagne, a déclaré que les conclusions du DPB démontrent que ces accords constituent de «bonnes affaires».

«Bien que le rapport du directeur parlementaire du budget ne tienne pas compte de nombreux impacts économiques globaux sur la chaîne d'approvisionnement, il souligne, une fois de plus, que ces investissements génèreront des avantages économiques bien plus importants que les investissements de notre gouvernement», a affirmé M. Champagne dans un communiqué publié sur X, anciennement Twitter.

Le gouvernement fédéral n'a pas fourni d'estimation du seuil de rentabilité pour l'accord de Stellantis.

Nojoud Al Mallees
Nojoud Al Mallees / La Presse canadienne