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Selon le chef conservateur Pierre Poilievre, un tel projet rendra le Canada moins dépendant aux États-Unis.
La campagne conservatrice s'est déplacée sur la côte est, lundi, pour mettre de l'avant une promesse de créer un «corridor énergétique national» préapprouvé afin d'accélérer les projets d'infrastructures.
Le chef conservateur, Pierre Poilievre, a déclaré que, si son parti formait le prochain gouvernement, il accélérerait l'approbation de projets tels que les lignes de transport d'énergie, les chemins de fer, les oléoducs et autres infrastructures essentielles.
Il a déclaré que les entreprises ne sont pas incitées à construire des oléoducs au Canada, «même si la construction de pipelines est en plein essor partout dans le monde, car les pipelines sont, bien sûr, extrêmement rentables».
Un gouvernement conservateur abrogerait le projet de loi C-69, la loi qui édicte la Loi sur l'évaluation d'impact et la Loi sur la Régie canadienne de l'énergie, que M. Poilievre appelle la «loi anti-pipelines».
Dans le cadre de sa proposition de corridor énergétique, tous les ordres de gouvernement prendraient des engagements juridiquement contraignants pour approuver les projets dans le corridor.
Les Premières Nations seraient également impliquées, garantissant ainsi qu'elles en tireront des avantages économiques et que leur approbation sera obtenue avant toute dépense, a assuré M. Poilievre.
Dans une vidéo diffusée par le parti lundi matin, le chef conservateur s'adresse à un buste de Sir John A. MacDonald et demande à l'ancien premier ministre: «Est-ce qu'aujourd'hui, nous pourrions bâtir le chemin de fer du Canadien Pacifique?» M. Poilievre a affirmé qu'il serait impossible aujourd'hui de construire un projet est-ouest.
Le chef conservateur a affirmé que le corridor contribuerait à accélérer la construction des infrastructures nécessaires à l'exportation des ressources naturelles canadiennes vers de nouveaux marchés et générerait des milliards de dollars de nouveaux investissements.
Il a blâmé les libéraux pour l'échec du projet d'oléoduc Énergie Est, qui aurait acheminé le bitume albertain au Nouveau-Brunswick pour y être expédié outre-mer. Le projet, qui a fait face à une vive opposition au Québec, a été annulé en 2017 par TransCanada, invoquant des obstacles réglementaires et environnementaux ainsi que le prix du pétrole.
Alors que les sondages – et le premier ministre du Québec – laissent entendre que les Québécois pourraient adhérer à l'idée d'un oléoduc est-ouest en raison des droits de douane américains, le Bloc québécois y est toujours farouchement opposé, affirmant que cela n'aiderait pas l'économie québécoise.
L'oléoduc pour l'instant n'est appuyé par aucun projet précis, aucun investisseur, pas de marché, a soutenu le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, lors d'une conférence de presse à La Pocatière, dans la région du Bas-Saint-Laurent, lundi. «C'est un projet qui n'existe pas, mais qu'on promeut dans le seul but d'aller chercher des votes dans l'Ouest canadien.»
M. Blanchet a argué que l'idée d'un oléoduc n'avait «rien de sérieux».
Le chef du NPD, Jagmeet Singh, en campagne en Colombie-Britannique, a expliqué que sa vision d'un projet énergétique constructif pour le pays n'est pas un oléoduc, mais «un réseau énergétique est-ouest qui relierait et électrifierait notre pays, qui fournirait une électricité abordable et à faible coût, réduisant ainsi les factures d'électricité des citoyens».
Les libéraux se sont engagés à lancer un fonds de 5 milliards $ pour un corridor de diversification commerciale, qui, selon eux, «accélérerait les projets d'édification nationale dans les ports, les chemins de fer, les terminaux intérieurs, les aéroports et les autoroutes». La promesse électorale ne mentionne pas les oléoducs.
À Saint-Jean, M. Poilievre a affirmé que les politiques libérales, comme la tarification du carbone industriel, limiteraient les investissements dans le secteur énergétique canadien.
«Une concurrence canadienne moindre signifie que les élites mondialistes comme lui s'enrichissent et s'engraissent», a-t-il déclaré en référence à Mark Carney.
Le conservateur a été pressé de questions sur des informations suggérant que ses partisans, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la campagne, étaient frustrés par son refus de recentrer son message sur les droits de douane de Donald Trump.
De nombreux sondages ont indiqué que la guerre commerciale avec les États-Unis était devenue la principale préoccupation électorale des électeurs canadiens, bien qu'au moins un sondage national ait placé la question de l'accessibilité financière au-dessus du facteur Trump.
M. Poilievre a fait campagne sur les questions d'accessibilité financière pendant près de deux ans, et la frustration suscitée par la hausse du coût de la vie et par le gouvernement de Justin Trudeau avait propulsé les conservateurs avec une avance de 25 points dans les sondages il y a un an.
Depuis le début de la campagne électorale, cependant, tous les principaux sondeurs nationaux ont placé les libéraux en tête.
Alors que les campagnes libérale et néo-démocrate ont ajusté leur cap la semaine dernière pour se concentrer sur l'allègement des tarifs douaniers pour le secteur automobile, le chef conservateur a continué de faire des annonces politiques comme prévu, notamment concernant l'augmentation du plafond de cotisation aux comptes d'épargne libre d'impôt.
On a demandé lundi à Pierre Poilievre s'il avait un plan pour renverser la situation et s'il comptait apporter des changements à son équipe de direction, dirigée par Jenni Byrne, directrice nationale de campagne.
Il n'a pas abordé la question du leadership, affirmant plutôt que l'accent mis par la campagne conservatrice sur «rétablir la promesse du Canada» après la «décennie perdue des libéraux» est exactement ce qu'il faut pour tenir tête aux Américains.
«Les menaces injustifiées du président Trump renforcent encore davantage l'argument en faveur du programme "Le Canada d'abord" pour lequel je me bats depuis toujours», a-t-il déclaré.
Pierre Poilievre a affirmé que s'il était premier ministre, il présenterait à l'administration du président américain Donald Trump un choix: maintenir les droits de douane contre le Canada et affaiblir les deux économies, ou accroître les échanges commerciaux et la coopération transfrontalière.
Il a dit croire qu'«en fin de compte, ils seront contraints d'annuler ces politiques tarifaires désastreuses».
«Nous ne pouvons pas compter sur les Américains pour déterminer notre destin économique», a-t-il soutenu, ajoutant que Saint-Jean et le Nouveau-Brunswick dépendent des États-Unis en raison de la «décennie perdue des libéraux».
Avec des informations de Sarah Ritchie de La Presse canadienne à Ottawa