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La moitié des 10 000 itinérants récemment dénombrés se retrouvent à Montréal, une situation préoccupante au bas mot, selon la mairesse.
L’augmentation du nombre d’itinérants de 44% par rapport à 2018 soulignée par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est «extrêmement préoccupante, mais pas surprenante», selon Valérie Plante.
La mairesse de Montréal a rappelé lors d’une conférence de presse jeudi que les maires et mairesses de la province évoquaient cet enjeu depuis des années. La moitié des personnes en situation d’itinérance dans la province se retrouve d’ailleurs dans la métropole.
Pour la mairesse de Montréal, Valérie Plante, le montant de 15,5 M$ allongé par le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, pour lutter face à cette hausse est bienvenu, mais loin d'être suffisant.
«C’est une somme qui va selon moi faire un bandage, un plaster. Mais l’itinérance en ce moment, c’est une plaie ouverte, elle saigne. On doit mettre tous les chirurgiens autour de la table pour trouver une solution», a-t-elle soutenu.
«On la voyait l’augmentation, l’évolution des vulnérabilités dans nos rues.»
D’ailleurs, d’après Mme Plante, si le dénombrement mené par l’INSPQ demeure très pertinent, il n’en demeure pas moins qu’il représente «la pointe de l’iceberg». En effet, l’exercice ne comprend pas les données relatives à l’itinérance cachée ou sporadique.
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La mairesse Plante a tenu à rappeler le travail des organismes communautaires, qui «travaillent d’arrache-pied sur la ligne de front et sont à bout de souffle».
La mairesse a aussi soulevé que la solidarité de ses concitoyens était ébranlée par une cohabitation parfois difficile avec les personnes en situation d’itinérance. «Tout le monde veut de la bienveillance. Mais quand il se passe des incivilités devant chez soi ou une psychose, ça devient très difficile pour les citoyens de conserver leur solidarité», a-t-elle mentionné.
Selon Valérie Plante, il faudrait construire au moins 2000 logements sociaux à Montréal, dont 300 dédiés aux personnes en situation d’itinérance.
Elle déplore par ailleurs une certaine déconnexion de la part du gouvernement du Québec face à cet enjeu.
La mairesse soutient que Montréal possède des terrains sur lesquels des logements sociaux pourraient être construits, mais que les montants admissibles du gouvernement du Québec ne sont pas suffisants.
«Je veux bien prendre ma part de responsabilité, mais à un moment donné, il faut que le gouvernement du Québec accepte que dans les trois dernières années, ils n’en ont pas mis de financement pour les logements sociaux et zéro pour les logements pour les itinérants», a-t-elle martelé.