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Ce sommet européen de la défense vise à établir les conditions d’une paix durable en Ukraine, un pays en guerre depuis trois ans, soit depuis l'invasion de la Russie en février 2022.
Le premier ministre Justin Trudeau s'est envolé samedi matin vers Londres, où il participera dimanche à une réunion visant à établir les conditions d’une paix durable en l'Ukraine organisée par le premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer.
L'évènement a été annoncé plus tôt cette semaine, mais il prend une nouvelle tournure depuis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été rabroué vendredi après-midi par le président américain Donald Trump et son vice-président JD Vance, au bureau Ovale de la Maison-Blanche. La vidéo de cette prise de bec publique entre les trois hommes a suscité des réactions dans le monde entier.
Kyiv et Washington devaient signer un accord sur les minéraux essentiels dans le cadre des efforts visant à mettre fin à la guerre de l'Ukraine avec la Russie, mais Donald Trump a affiché un dédain ouvert pour M. Zelensky après avoir insisté sur le fait que l'accord incluait des garanties de sécurité de la part des États-Unis.
L'Europe a été secouée plus tôt ce mois-ci par les propos du président Trump envers la Russie et a commencé à élaborer ses propres plans pour renforcer la défense de l'Ukraine, considérant que le pays fait partie des intérêts fondamentaux de l'Europe en matière de sécurité.
Le Canada n'a pas été mentionné comme l'un des pays invités à se joindre à la réunion de dimanche lorsque le premier ministre britannique, Keir Starmer, a évoqué l'évènement lors de son voyage à Washington pour rencontrer M. Trump plus tôt cette semaine.
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«C'est une sorte de déclaration politique à bien des égards, a-t-il expliqué. Il y a énormément de symbolisme autour de cette réunion.»
Selon lui, ce symbolisme peut également être vu dans le fait que Justin Trudeau et divers dirigeants européens ont affiché leur soutien à M. Zelensky sur les réseaux sociaux, qualifiant cela de «positionnement clair» en contradiction avec M. Trump, ajoutant qu'il est «remarquable» que les États-Unis repoussent les préoccupations de sécurité de l'Europe.
«Je ne pense pas qu'il y ait de parallèle, certainement au cours des 100 dernières années, avec ce qui se passe en ce moment, certainement pas depuis la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide», a souligné celui qui est aussi historien.
Aurel Braun, professeur d'études internationales et de sciences politiques à l'Université de Toronto, a toutefois averti que, même si la présence du Canada au sommet européen de la défense est un signe positif, Justin Trudeau ne peut pas s'y présenter les mains vides.
«Regardez Keir Starmer, qui dit que nous allons, au Royaume-Uni, augmenter très fortement et dans un très court laps de temps nos dépenses de défense, nous allons atteindre quelque chose comme 2,5 %», a déclaré le Pr Braun.
Les membres de l'OTAN se sont engagés à consacrer au moins 2 % de leur PIB aux dépenses de défense d'ici 2024.
«Nous sommes loin (au Canada) du plancher de 2 %. Ce n'est pas un plafond. Et donc, à bien des égards, il est presque embarrassant que nous nous présentions avec une rhétorique très positive, mais avec très peu de capacités», a-t-il ajouté.
Le Pr Hewitt a établi un parallèle entre la décision de la Grande-Bretagne de quitter l'Union européenne et le fait que le Canada ne puisse plus compter sur les États-Unis pour sa défense et sa sécurité économique. «Les deux pays, dans un certain sens, ont été mis à la dérive», a-t-il mentionné.
Le Pr Starmer a indiqué qu'il positionnait le Royaume-Uni comme un pont entre les États-Unis et l'Union européenne. D'après M. Hewitt, le premier ministre britannique «essaiera de garder les deux parties heureuses, et cela pourrait bien finir par aliéner les deux parties dans le processus».
Dans cette optique, le Canada cherche à renforcer ses liens avec d'autres partenaires que les États-Unis.
Le Pr Starmer doit rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky avant les pourparlers de dimanche. Il a également invité les dirigeants de l'OTAN, de la Commission européenne, ainsi que de plus d'une dizaine de pays, dont la France, l'Allemagne, le Danemark, l'Italie et les Pays-Bas.
Il a établi un parallèle entre la décision de la Grande-Bretagne de quitter l'Union européenne et le fait que le Canada ne puisse plus compter sur les États-Unis pour sa défense et sa sécurité économique. «Les deux pays, dans un certain sens, ont été mis à la dérive», a-t-il mentionné.
M. Starmer a indiqué qu'il positionnait le Royaume-Uni comme un pont entre les États-Unis et l'Union européenne. D'après M. Hewitt, le premier ministre britannique «essaiera de garder les deux parties heureuses, et cela pourrait bien finir par aliéner les deux parties dans le processus».
Dans cette optique, le Canada cherche à renforcer ses liens avec d'autres partenaires que les États-Unis.
M. Starmer doit rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky avant les pourparlers de dimanche. Il a également invité les dirigeants de l'OTAN, de la Commission européenne, ainsi que de plus d'une dizaine de pays, dont la France, l'Allemagne, le Danemark, l'Italie et les Pays-Bas.
Lors de sa propre visite à Washington, M. Starmer a provoqué un tollé chez certains Canadiens en choisissant de ne pas s'opposer aux discussions de Donald Trump sur l'annexion du Canada, lorsqu'on lui a demandé son avis sur l'idée.
Selon M. Hewitt, cette décision était «très insultante» pour de nombreux Canadiens, mais elle n’a reçu que peu de couverture médiatique au Royaume-Uni, malgré le fait que les Canadiens veulent le Royaume-Uni comme partenaire proche et que certains suggèrent que le roi Charles devrait peser sur les menaces de M. Trump.
«Il y a un peu de nostalgie dans cette idée que le Royaume-Uni se soucie toujours activement du Canada ou que le roi Charles pourrait — indépendamment du gouvernement britannique — faire une sorte de déclaration politique, a-t-il précisé. Ces choses ne vont pas se produire, et je pense que le gouvernement Starmer a calculé qu’il doit d’une manière ou d’une autre rester du côté des États-Unis.»
Le chercheur, qui vit en Grande-Bretagne depuis 23 ans, se dit frustré par «l’ignorance ici de ce qui se passe au Canada, et toute l’attention est portée sur les États-Unis, malgré les liens historiques entre le Canada et le Royaume-Uni.»