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S'il est élu à la tête du PLQ, il compte incarner «un leadership positif, inclusif, capable de réunir les Québécois».
L'ancien député et ex-président du Conseil du patronat Karl Blackburn s'est lancé dans la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), lundi, en soulignant l'importance des immigrants pour les entreprises.
«Le repli sur soi, ce n'est pas ma tasse de thé», a-t-il déclaré en conférence de presse dans un hôtel de Québec pour expliquer les raisons qui l'ont poussé à se joindre à la course in extremis.
L'ex-PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec Charles Millard, l'ancien ministre fédéral Pablo Rodriguez, l'avocat Marc Bélanger et l'agriculteur Mario Roy sont déjà sur les rangs.
M. Blackburn a dénoncé le «repli identitaire» caquiste; s'il devient un jour premier ministre, il promet de maintenir les seuils d'immigration temporaire et de rehausser l'immigration permanente.
«Sans cela, on accepte de décroître», a-t-il lancé, ajoutant que près d'une entreprise sur deux au Québec reporte ou annule des projets d'investissements parce qu'elle n'a pas assez de main-d'œuvre.
«Les frontières du Québec doivent nous servir comme tremplin pour rayonner à travers le monde, et non pas comme rempart pour nous protéger de quelque envahisseur que ce soit», a-t-il renchéri.
Se présentant comme un «gars de région», M. Blackburn, qui était entouré de sa famille lundi, s'est dit choqué par le nouveau déficit record de 13,6 milliards $ dévoilé dans le budget la semaine dernière.
Selon lui, l'état des finances publiques place les Québécois dans une situation de grande vulnérabilité dans la guerre économique déclenchée par le président américain Donald Trump.
Après avoir lutté contre un cancer de la prostate dans les derniers mois, M. Blackburn a souligné que sa santé est revenue et que sa passion du Québec et de ses régions ne l'a jamais quitté.
Il a dit vouloir miser sur son expérience de plus de 30 ans dans le monde des affaires et de la politique pour changer les choses.
S'il est élu à la tête du PLQ, il compte incarner «un leadership positif, inclusif, capable de réunir les Québécois». Il a toutefois admis en conférence de presse avoir quelques difficultés en anglais.
Même s'il croit «profondément» à la laïcité de l'État, il ne renouvellerait pas «systématiquement» les dispositions de dérogation incluses dans la loi 21. Par ailleurs, la réforme de la loi 101 «est venue compliquer la vie des entreprises au Québec», selon lui.
Karl Blackburn s'est aussi déclaré favorable au projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis, disant respecter la «démocratie municipale».
Il a également dû revenir sur le mandat de lobbyisme qu'il a eu à titre de président du Conseil du patronat pour appuyer l'entreprise d’enfouissement de déchets dangereux Stablex.
Vendredi dernier, le gouvernement Legault a adopté un projet de loi sous bâillon, afin d'exproprier la Ville de Blainville et permettre à Stablex d'agrandir son dépotoir sur le terrain qu'elle convoitait.
L'opposition a dénoncé la manœuvre, soulignant la «valeur écologique exceptionnelle» du terrain en question.
«Des centaines d'entreprises au Québec dépendent de Stablex et de leur production», a fait valoir M. Blackburn, lundi. Il a dit trouver «malheureux qu'on se soit rendus à l'adoption d'une loi spéciale par bâillon», et affirmé que le gouvernement n'avait «que lui à blâmer» puisqu'il a laissé «traîner la situation».
L'arrivée tardive de Karl Blackburn dans la course représente un défi de taille, puisque les candidats ont jusqu'au 11 avril pour soumettre au parti leur dossier de candidature.
Ils doivent notamment déposer un montant de 40 000 $ et les signatures de 750 membres en règle, dont 350 nouveaux membres.
C'est Stéphane Billette, ancien ministre délégué aux PME sous Philippe Couillard, qui sera l'organisateur en chef de la campagne de M. Blackburn. Vicky Joseph et Sarah Pilote en seront les coprésidentes.
Déjà, la quasi-totalité du caucus libéral s'est rangée derrière les candidats Charles Milliard et Pablo Rodriguez. Ce sera «tant mieux» si les députés en venaient à changer de camp, a dit M. Blackburn.
Son slogan est d'ailleurs «On se retrouve».
Le PLQ élira son nouveau chef le 14 juin au terme d'un congrès qui aura lieu à Québec. D'ici là, il y aura six débats, dont le premier se tiendra le 27 avril à Gatineau.
Natif de Chicoutimi, Karl Blackburn a été le député libéral de Roberval de 2003 à 2007. Il a également œuvré à titre d'organisateur en chef et directeur général du PLQ.
En 2013, il a été nommé directeur des affaires publiques et des relations gouvernementales de Produits forestiers Résolu. Il a dirigé le Conseil du patronat de 2020 à 2025.