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International

Une année pleine de victoires et d'échecs pour Vladimir Poutine en 2024

Voici le résumé de l'année du président russe, pour qui 2024 se termine avec des problèmes.

FILE - Russian President Vladimir Putin appears before the media after the summit of the Collective Security Treaty Organization in Astana, Kazakhstan, on Nov. 28, 2024. (Mikhail Tereshchenko, Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP, File)
FILE - Russian President Vladimir Putin appears before the media after the summit of the Collective Security Treaty Organization in Astana, Kazakhstan, on Nov. 28, 2024. (Mikhail Tereshchenko, Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP, File)

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Associated Press
Associated Press

En 2024, le président Vladimir Poutine a renforcé son emprise sur le pouvoir et a cherché à contrer l'isolement de la Russie par rapport à l'Occident, causé par la guerre en Ukraine. Il a aussi dû faire face à des défis persistants, avec une attaque meurtrière par des hommes armés à Moscou et une incursion des troupes de Kyiv sur son territoire.

Alors que la guerre de près de 3 ans entre dans une nouvelle phase potentiellement cruciale dans le contexte d'une nouvelle administration américaine et de son soutien incertain à Kyiv, voici un retour sur le déroulement de l'année pour M. Poutine:

Janvier: une campagne présidentielle sans véritable adversaire

M. Poutine s'est présenté pour un cinquième mandat alors que ses principaux adversaires étaient emprisonnés ou exilés à l'étranger. Dans une rare mise au défi, des milliers de Russes ont fait la queue dans le froid de janvier pour signer des pétitions en faveur d'un adversaire improbable. Boris Nadezhdin, un député de 60 ans critique de la guerre, a obtenu les 100 000 signatures nécessaires pour se présenter aux élections. Les autorités électorales l'ont finalement empêché de se présenter. Pourtant, le soutien qu'il a reçu reflète le sentiment antiguerre et le désir du public de concurrence politique, ce qui est un embarras pour M. Poutine.

Février: Alexeï Navalny meurt en prison

Le 16 février, Alexeï Navalny, l'ennemi de longue date de Vladimir Poutine, est mort dans une colonie pénitentiaire arctique alors qu'il purgeait une peine de 19 ans pour des accusations généralement considérées comme étant politiquement motivées. La nouvelle de sa mort à l'âge de 47 ans a choqué le monde et a privé l'opposition russe de son leader le plus charismatique. Aucune cause exacte du décès n'a été donnée; sa famille et ses alliés ont blâmé le Kremlin, qui a nié toute implication. Des dizaines de milliers de personnes en deuil ont assisté à ses funérailles à Moscou deux semaines plus tard en signe de défi.

Mars: un massacre lors d'un concert assombrit la victoire électorale de M. Poutine

Le 17 mars, M. Poutine a remporté son triomphe électoral tant attendu, qui le maintiendra au pouvoir jusqu'en 2030. Celle-ci s'est faite après la répression la plus dure contre la dissidence depuis l'époque soviétique. Cinq jours plus tard, des hommes armés ont pris d'assaut une salle de concert dans la banlieue de Moscou, tuant plus de 140 personnes et incendiant la salle. Une filiale du groupe État islamique a revendiqué la responsabilité de l'attentat, bien que le Kremlin, sans preuve, ait tenté de blâmer l'Ukraine pour l'attaque la plus meurtrière sur le sol russe depuis près de deux décennies. L'attaque a stupéfié la capitale et ravivé les souvenirs d'autres attaques survenues au cours des premières années de la présidence de M. Poutine.

Juin: M. Poutine se rend en Corée du Nord pour renforcer les liens

M. Poutine a effectué une visite de deux jours en Corée du Nord en juin - sa première en 24 ans - alors que les deux pays approfondissent leurs liens face à l'intensification des confrontations avec Washington. Le pacte signé par M. Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un prévoit une assistance militaire mutuelle si l'un des deux pays est attaqué. Le nouvel accord a marqué leur lien le plus fort depuis la fin de la guerre froide, ajoutant aux inquiétudes de Washington et Séoul.

Juillet: le journaliste Evan Gershkovich condamné lors d'un procès dénoncé comme une mascarade

Le journaliste du Wall Street Journal Evan Gershkovich, arrêté en mars 2023 et accusé d'espionnage, a été reconnu coupable et condamné à 16 ans de prison lors d'un procès rapide. Ses employeurs et le gouvernement américain ont dénoncé le processus comme une mascarade et rejeté les accusations comme fabriquées. Sans présenter de preuves, les autorités ont affirmé qu'il recueillait des informations secrètes pour les États-Unis. M. Gershkovich, le fils américain d'immigrants soviétiques, a été le premier reporter occidental arrêté pour espionnage dans la Russie postsoviétique.

Août: Échange massif de prisonniers et poussée de l'Ukraine à Koursk

Le 1er août, Washington et Moscou ont réalisé le plus grand échange de prisonniers Est-Ouest de l'histoire postsoviétique. Parmi les personnes libérées figurent M. Gershkovich et son compatriote américain Paul Whelan, ainsi que d’éminents dissidents russes, comme Vladimir Kara-Murza et Ilya Yashin. L’accord multinational a permis de libérer une vingtaine de personnes, dont Vadim Krasikov, condamné à la prison à vie en Allemagne pour avoir tué un ancien militant tchétchène à Berlin.

En août également, l’Ukraine a lancé une incursion surprise dans la région russe de Koursk, le plus grand raid transfrontalier des forces de Kyiv. L'événement a révélé les vulnérabilités de la Russie et porté un coup embarrassant au Kremlin, avec des dizaines de milliers de civils fuyant la région. L'essentiel de l’armée russe étant engagé dans l’est de l’Ukraine, il restait peu de troupes pour protéger la région de Koursk. Les forces russes ont depuis repris le contrôle d’une partie du territoire, mais n’ont pas encore réussi à déloger complètement les troupes de Kyiv.

Septembre: M. Poutine visite la Mongolie sans crainte d’arrestation

M. Poutine s’est rendu en Mongolie, un allié régional, dans une démarche largement perçue comme une tentative de contrer les efforts occidentaux visant à l’isoler. La Mongolie fait partie des pays qui ont ratifié un traité établissant la Cour pénale internationale, qui a lancé en 2023 un mandat d'arrêt contre M. Poutine pour des crimes de guerre présumés en Ukraine. La Mongolie a ignoré les appels à l'arrestation du dirigeant russe et lui a réservé un accueil sur le tapis rouge, les deux pays signant des accords sur l'approvisionnement en énergie et la modernisation des centrales électriques.

Octobre: les États-Unis affirment que des troupes nord-coréennes sont en Russie

En octobre, le Pentagone a annoncé que la Corée du Nord avait envoyé environ 10 000 soldats en Russie pour participer aux combats contre l'Ukraine - une mesure qui, selon les dirigeants occidentaux, intensifiera la guerre et secouera les relations en Asie. Moscou et Pyongyang sont restés muets sur les allégations de déploiement.

M. Poutine a également organisé un sommet du bloc des nations du BRICS, auquel ont participé les dirigeants ou les représentants de 36 pays, dans ce que beaucoup ont vu comme une preuve de l'échec des efforts menés par les États-Unis pour isoler la Russie.

Novembre: victoire de Trump et nouveau missile russe mortel

L'ancien président Donald Trump a remporté un nouveau mandat à la Maison-Blanche en novembre, ce qui a suscité des inquiétudes quant à la possibilité que son administration réduise le soutien militaire à l'Ukraine et force celle-ci à négocier avec Moscou. Le président actuel Joe Biden a autorisé Kyiv à utiliser des armes à longue portée fournies par les États-Unis pour des frappes plus profondes sur le sol russe.

La Russie a réagi en tirant un nouveau missile balistique hypersonique à portée intermédiaire - appelé Oreshnik - sur une ville du centre de l'Ukraine. M. Poutine s'est vanté que le missile ne pouvait pas être intercepté par les défenses aériennes. Il a averti que Moscou pourrait l'utiliser pour d'autres frappes contre l'Ukraine et également potentiellement pour frapper les installations militaires des pays de l'OTAN apportant un soutien militaire à l'Ukraine.

Décembre: un allié tombe, une bombe ébranle Moscou et un accident d'avion entraîne des excuses

Le gouvernement du leader syrien Bachar al-Assad s'est effondré après une offensive éclair des rebelles. M. Poutine a accordé l’asile à M. Assad, allié de longue date de Moscou, et à sa famille. Cet échec du Kremlin à empêcher sa chute neuf ans après son intervention militaire pour soutenir son règne a révélé les limites de la puissance de la Russie et a entaché son influence internationale à un moment crucial de sa guerre en Ukraine.

Puis, une attaque embarrassante a de nouveau ramené la guerre dans les rues de Moscou. Le lieutenant-général Igor Kirillov, chef des forces russes de protection contre les radiations, la biologie et les produits chimiques, a été tué aux côtés d’un de ses assistants par une bombe placée devant son immeuble. M. Poutine a décrit le meurtre de M. Kirillov comme une «erreur majeure» des agences de sécurité.

La dernière fin de semaine de l'année, M. Poutine a présenté ses excuses pour ce qu'il a dit être un «tragique incident» dans l'espace aérien russe. Il s'agit de l’écrasement le 25 décembre d'un avion de ligne azerbaïdjanais qui a tué 38 personnes au Kazakhstan voisin. Sa déclaration est parue alors que des allégations se multiplient, affirmant que l'avion aurait été abattu par les défenses aériennes russes qui tentaient d'arrêter une attaque de drone ukrainien près de Grozny, en Tchétchénie. Si les responsables russes ont reconnu que les systèmes de défense aérienne étaient à l'œuvre, les excuses de M. Poutine au dirigeant azerbaïdjanais ne vont pas jusqu'à dire que Moscou en assume la responsabilité.

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Associated Press
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