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Politique

Droits de douane: un échec signé Mark Carney, dit Blanchet

En mêlée de presse lundi à l'usine Alstom de La Pocatière, M. Blanchet a laissé entendre que l'aura du premier ministre libéral pourrait bien souffrir dès mercredi.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s'exprime lors d'un point de presse à l'usine Alstom de La Pocatière, le lundi 31 mars 2025.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s'exprime lors d'un point de presse à l'usine Alstom de La Pocatière, le lundi 31 mars 2025.
Patrice Bergeron
Patrice Bergeron / La Presse canadienne

Si des droits de douane américains frappent le Canada mercredi, ce sera un échec du premier ministre Mark Carney, mais sinon, il aura fait son travail, a estimé lundi le chef bloquiste Yves-François Blanchet. 

En plus, il a dressé un parallèle entre les «antécédents douteux» du controversé président américain et ceux de son adversaire libéral.  

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M. Carney a parlé vendredi dernier à Donald Trump, qui a jugé l'entretien constructif. La menace de droits de douane américains sur les importations canadiennes continue de planer néanmoins, et ce sera ce mercredi 2 avril qu'on saura si Washington frappera. Le Bloc espère d'ailleurs que la question américaine sera évacuée bientôt de la campagne pour s'imposer. 

En conférence de presse lundi à l'usine Alstom de La Pocatière, M. Blanchet a laissé entendre que l'aura du premier ministre libéral, en avance dans les sondages, pourrait bien souffrir dès mercredi.

«Si M. Trump ne suspend pas ou ne reporte pas les droits de douane prévus, cela prouvera que cet entretien téléphonique n'a rien changé et cet échec portera la signature de Mark Carney.»
- Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

«Si M. Trump ne suspend pas ou ne reporte pas les droits de douane prévus, cela prouvera que cet entretien téléphonique n'a rien changé et cet échec portera la signature de Mark Carney», a tranché le chef bloquiste.

Par contre, si la menace tarifaire est levée, M. Blanchet assure qu'il reconnaîtra les efforts de son adversaire. 

«Il aura fait son travail de premier ministre», a-t-il convenu, lors d'une mêlée de presse devant l'Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Mais il est rapidement revenu à l'attaque en dressant des parallèles entre le président des États-Unis et le nouveau chef libéral. 

Le leader du BQ a laissé entendre qu'au moins, on connaît le passé de M. Trump, tandis que M. Carney demeure évasif sur ses antécédents.

«Tu ne remplaces pas les antécédents douteux d'un président américain par les antécédents sur lesquels on demande des réponses d'un aspirant à devenir premier ministre du Canada», a lancé M. Blanchet.

Il exige des réponses sur le recours aux paradis fiscaux par M. Carney, mais aussi le déménagement aux États-Unis d'une entreprise dont il était président du conseil, Brookfield Asset Management - une entreprise qui a eu un prêt d'une banque chinoise. M. Carney affirme qu'il n'était plus président quand elle a déménagé. 

«Je pense que n'importe qui doit être capable de rendre public sans ambages ce qu'il a fait auparavant», a exigé M. Blanchet.

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Lors d'un discours devant une vingtaine de militants lundi soir à Matane, le chef bloquiste a souhaité que la peur et l'enjeu américain finissent par s'estomper dans la campagne - par exemple, si le Sénat américain désavoue l'urgence et les droits de douane invoqués par Donald Trump.

«Plus de tarifs! Donald Trump déshabillé! Le roi Carney est nu», a affirmé M. Blanchet.

«Il va nous rester quoi? Trois semaines de campagne, deux semaines, 10 jours. Lorsqu'on sera capable de sortir des craintes collectives, le Bloc québécois va s'imposer.» 

En cette deuxième semaine de campagne électorale, le chef du BQ affichait un optimisme prudent, même si une tendance se dessinerait dans les sondages à l'avantage du Parti libéral au pays et également au Québec.

Il a rappelé qu'«il reste 28 jours de hockey à jouer» et même qu'«on a déjà vu des knock-out» au 12e round.

Dans le local électoral de son député sortant et candidat à Rimouski, Maxime Blanchette-Joncas, le chef bloquiste s'est fait dire par une militante: «Nous, on est crinqués, faudrait que vous soyez crinqués aussi.»

Il a répliqué qu'il l'était aussi.  

Sanctuaire pour les scientifiques

Yves-François Blanchet a suggéré de faire du Québec, et par extension du Canada, un refuge pour les chercheurs et scientifiques qui ne se sentent plus bienvenus aux États-Unis.

Selon lui, Ottawa doit prévoir une enveloppe pour le recrutement alors qu’un exode d’une partie de la communauté scientifique serait en cours chez nos voisins du Sud, dans des domaines de pointe, comme l’intelligence artificielle, le biomédical et les technologies propres.

Le chef du Bloc exige aussi que les universités en région au Québec soient mieux financées par Ottawa et que le fédéral soutienne davantage la recherche en français. 

Selon le Bloc, il faut un rééquilibrage du financement de la recherche au profit des régions: 15 universités canadiennes, dont 12 hors Québec, accaparent 80 % du financement fédéral, déplore le parti.

Achetons canadien

Par ailleurs, le Bloc a fait savoir lundi qu'il demandera au prochain gouvernement à Ottawa de doubler les sommes dédiées au transport collectif, mais aussi d'ajouter un volet pour l'entretien des infrastructures en transport collectif existantes. 

En outre, il a précisé ses intentions sur le projet que son parti déposerait aux Communes pour fixer un minimum de contenu canadien dans les contrats de matériel roulant que finance Ottawa, comme le tramway de Québec ou Alto, le projet de train à grande vitesse Québec-Windsor qu'a annoncé l'ex-premier ministre Justin Trudeau au terme de son mandat.

M. Blanchet a évoqué un minimum de 70 % de contenu canadien. Il a répété que le nationalisme québécois et le nationalisme canadien peuvent converger dans leurs intérêts. 

Quand le fédéral a renouvelé la flotte de Via Rail sur la ligne Québec-Windsor en 2018 au coût de 1 milliard $, il n'y avait aucune clause d'achat local et c'est l'entreprise allemande Siemens qui a décroché le contrat pour son usine de Sacramento, en Californie.

L'annonce du chef du Bloc a été faite symboliquement dans l'usine d'Alstom, qui assemble du matériel roulant, wagons de train, rames de tramway et de métro, destiné autant à des sociétés de transport au Canada qu'aux États-Unis. 

L'usine réalise actuellement un contrat de rames pour le SkyTrain de Vancouver et Alstom a aussi obtenu le contrat du tramway de Québec, mais sa réalisation est en suspens actuellement, puisque des modalités techniques pourraient changer. 

La circonscription, Côte-du-Sud-Rivière-du-Loup-Kataskomiq-Témiscouata, est détenue par le conservateur Bernard Généreux depuis belle lurette, mais M. Blanchet a rappelé que les conservateurs s'opposent à financer le projet de tramway de Québec, ce qui pourrait compromettre l'avenir de l'usine.

Patrice Bergeron
Patrice Bergeron / La Presse canadienne