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L’essor du télétravail depuis le début de la pandémie continue d’avoir un effet sur le marché, constate Louis Karam, directeur général de CBRE Québec.
Le taux d’inoccupation dans le marché du bureau au centre-ville de Montréal atteint un record de 18,9 % dans les premiers mois de l’année 2025, selon un rapport de la firme CBRE, publié lundi.
L’essor du télétravail depuis le début de la pandémie continue d’avoir un effet sur le marché, constate Louis Karam, directeur général de CBRE Québec, en entrevue. «C’est un peu les tendances, qu'on a vues pendant les quelques dernières années depuis la pandémie, qui se continuent avec la flexibilité autour du travail ou encore des occupants qui redonnent certains espaces, avec le secteur de la technologie qui est un peu sur les lignes de côté.»
Un marché à l’équilibre aurait un taux d’inoccupation d’entre 8 % et 10 % en tenant compte de la réalité d’après la pandémie, selon M. Karam.
Des entreprises du secteur technologique ont réduit l’espace qu’elles occupent. L’industrie a remis près de 90 000 pieds carrés dans le marché de la sous-location sur un total de 150 000 pieds carrés, soit 60 %, au cours du premier trimestre.
Les besoins des entreprises technologiques ont diminué après l’effervescence observée durant la pandémie, constate M. Karam. Il croit aussi que la moins grande générosité des crédits d’impôt du Québec pour le développement des affaires électroniques a aussi eu un effet défavorable sur le secteur.
Le dirigeant de CBRE Québec pense que le taux d’inoccupation devrait se résorber dans les prochains mois. «Les chiffres ne le montrent pas encore, mais nous, on voit la demande, elle est là. C’est juste que les occupants prennent plus longtemps à prendre leurs décisions.»
Les fermetures des entrepôts Amazon au Québec devraient ramener 2,3 millions de pieds carrés dans le marché des espaces industriels dans la grande région métropolitaine, selon des estimations de CBRE.
L’effet n’est pas encore visible dans les données du premier trimestre, mais M. Karam prévoit que ces espaces reviendront dans le marché au cours des deuxième et troisième trimestres.
L’expert constate aussi que l’incertitude en raison des tensions commerciales entre l’administration Trump et le Canada rend les entreprises plus prudentes sur le marché de l’immobilier industriel.
«Dans un moment d'insécurité ou d'instabilité, tout le monde attend, souligne-t-il. Donc, on le voit aussi avec nos occupants, ils ne sont pas prêts à prendre des décisions. Ils préfèrent attendre de voir comment tout ça va se développer dans les prochains mois.»
Les promoteurs sont aussi beaucoup plus prudents. La majorité des projets, 62,1%, sont conçus sur mesure pour des clients précis, comparativement à 28,1% à la même période l’an dernier.
Quand le marché ralentit, les promoteurs ont moins d’appétit pour le risque. L'idée de construire dans l’espoir de trouver un occupant plus tard est moins attrayante qu’en période où le marché est plus dynamique. «Les développeurs vont attendre d'avoir des occupants en tête avant de construire la construction», explique M. Karam.