Début du contenu principal.
Voici en primeur les détails de développement de Bridge-Bonaventure, bloqué depuis des années dans des négociations ardues.
Noovo Info vous présente en primeur les détails du plan qui va guider le développement du nouveau méga quartier de Bridge-Bonaventure, bloqué depuis des années dans des négociations difficiles. La Ville de Montréal fait passer de 6000 à 13 500 le nombre d’unités qui y seront autorisées et maximise le nombre de logements abordables et sociaux.
Bridge-Bonaventure, c’est un lot de terrains gigantesques qui totalisent 2,3 kilomètres carrés. Ce secteur hautement convoité a déjà été considéré pour la construction d’un stade de baseball ou même un nouveau casino. L’administration Plante mise plutôt sur un nouveau quartier majoritairement à l’abri de la spéculation immobilière.
«On a un terrain exceptionnel à côté du canal, à côté du centre-ville, il fallait le densifier», a confié à Noovo Info la mairesse de Montréal, Valérie Plante. «Notre administration arrive avec un projet avec de la densité et une large part de logements hors marché. On aura de 40 à 50% de logements hors marché.»
Pour plus de détails, voyez le reportage dans la vidéo liée au texte.
Il y a quelques semaines, Noovo Info révélait les tensions entre la Ville et les promoteurs immobiliers qui espéraient pouvoir construire plus de logements et obtenir l’autorisation de construire des tours à condo plus hautes. En coulisses, les discussions entre la Ville, les promoteurs, le fédéral et plusieurs acteurs sociaux semblent avoir permis de dénouer l’impasse. Plusieurs comités de défense de locataires ont mené un combat discrètement pour faire augmenter le nombre de logements abordables, mais surtout sociaux.
«On a pris le temps de bien planifier et de parler à tout le monde», relate la mairesse Plante. «Au début, entre les demandes des citoyens et les demandes des promoteurs, il y avait un gros écart. C’est le cas de le dire. Mais on a pris le temps de planifier et de rassurer: on va garder à échelle humaine, mais face à la crise de l’habitation, il faut agir et avoir plus de densité.»
Les travaux dans Bridge-Bonvaventure débuteront dès 2026, affirme Mme Plante.
À VOIR ÉGALEMENT | Le fonds de décontamination des sols de sites industriels de Québec est vide
La moitié des terrains développables du secteur sont propriété de la Société immobilière du Canada, une société d'État fédérale, qui a sélectionné par appels d’offres des développeurs immobiliers qui ont participé aux négociations.
L’augmentation de la densité va satisfaire les promoteurs immobiliers, mais ils devront construire sur ces terrains davantage de logements sociaux et abordables.
«Si on regarde par exemple le secteur du bassin Wellington, on y retrouvera 2800 logements, dont 1000 hors marché», explique Stéphan Déry, président-directeur général de la Société immobilière du Canada. «On y trouvera aussi une plage et on développera un quartier des artisans pour se remémorer la naissance de l’industrialisation du Canada.»
La décontamination des terrains du bassin Wellington doit débuter dès l’an prochain et, «d’ici 10 ans, cette portion du projet devrait être bâtie».
«Ce sont des terres fédérales», affirme Robert Beaudry, membre du comité exécutif responsable de l'urbanisme. «Ce sont des terres publiques, il faut que ça réponde aux besoins du public. On amène une règlementation claire sur les hauteurs et la densité.»
Mais il y a aussi des zones tampons et des espaces verts. «On a voulu s’entendre avec le fédéral et comprendre comment ils travaillaient rentabilité. Si on arrive avec plus de densité, pouvez-vous nous assurer du logement abordable?»
Au fil des ans, l'administration Plante a été critiquée pour les résultats mitigés de son Règlement pour une métropole mixte (RMM), aussi appelé «20-20-20», qui exigeait 20% de logements sociaux, 20% de logements abordables et 20% de logements familiaux. «Dans le cas de Bridge-Bonaventure, on parle de beaucoup plus que du 20-20-20», avance la mairesse.
Mais Bridge-Bonaventure deviendra-t-il un autre Griffintown? Non, répond la mairesse, qui explique que de nombreux espaces verts sont prévus et les lieux où pourront s’installer des services, comme une école.
«Souvent, quand les gens se disent qu’ils ne veulent pas un autre Griffintown, c’est que ce quartier a été fait sans penser aux espaces verts et aux infrastructures pour les familles. C’est pour ça qu’on fait les choses différemment dans Bridge-Bonaventure.»
Selon Mme Plante, «ce sera une sorte de village à échelle humaine». «Il peut y avoir certaines pointes de hauteur jusqu’à 80 mètres, mais on veut des volumes qui ne vont pas écraser des icônes, avec le signe de Farine Five roses, par exemple.»
Québec devra aussi faire sa part, dit l’administration Plante. «Il faut du transport collectif et une station REM dans le secteur», insiste Robert Beaudry. Une cagnotte de 125 millions $ a été mise de côté pour les infrastructures par la Ville. «Mais il en faudra beaucoup plus», dit-il.
Le développement se fera dans un secteur qui comporte des caractéristiques peu communes, soit plusieurs bâtiments patrimoniaux, des immeubles industriels et la présence d’artisans – la forge de Montréal, un atelier verrier…
Le nouveau plan table aussi sur la réfection du silo numéro 5 et sa transformation en pôle technologique et culturel, mais «il faudra des investissements du fédéral», insiste M. Beaudry. Dans ce cas particulier, les «négociations» sont toujours en cours avec le promoteur Devimco pour déterminer le nombre de logements qui verront le jour sur la Pointe-du-Moulin, où se trouve le Silo.
L’annonce du projet Bridge-Bonaventure est qualifié de «dernier jalon essentiel» de la fin de mandat de Valérie Plante. En deux mandats, son équipe affirme qu’elle aura annoncé six nouveaux quartiers, soit Bridge-Bonaventure, Lachine Est, Louvain-Est, Namur-Hippodrome, le secteur du prolongement de la Ligne bleue du métro et le secteur des Faubourgs.
Les acteurs publics impliqués dans Bridge-Bonaventure jurent que l’avenir est radieux pour ce secteur.
«C’est un projet compliqué», convient la mairesse. «Il y a une Ville bâtie autour, ce sont des terrains qui sont en partie contaminés, il y a un train qui traverse le site… Il y a aussi la vision de la Ville, celle des promoteurs…»
Mais Mme Plante, qui ne présentera pas aux prochaines élections municipales, assure qu’aujourd’hui, «c’est une annonce fantastique».
«Et on est convaincu que maintenant ça va se produire!»
En réaction au dévoilement des détails du développement du quartier Bridge-Bonaventure, le porte-parole de Québec solidaire et député de Saint-Henri-Sainte-Anne, Guillaume Cliche-Rivard, s'est réjoui de la nouvelle en précisant que le gouvernement du Québec doit «absolument faire sa part» pour que ce projet voie le jour, «particulièrement pour que les logements sociaux et abordables sortent de terre rapidement».
«Je vais également talonner la CAQ pour m'assurer qu'elle ne reproduise pas les erreurs commises lors de la construction de Griffintown : ce quartier doit être conçu pour les familles, avec des écoles, des espaces verts et un réel accès au transport collectif», a-t-il souligné dans un courriel à Noovo Info.