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Anton a souvent dit qu'il était prêt à prendre les armes et à se battre pour l'Ukraine.
Son ambition est devenue réalité lorsqu'il a récemment reçu une lettre le convoquant à l'armée pour aller défendre son pays contre les envahisseurs russes.
«Je m'en vais à l'armée», lance le jeune gérant d'un café de Kyiv au journaliste de La Presse Canadienne lors d'une interview téléphonique. Je ne suis pas vraiment surpris. «La plupart des hommes ont tous reçu cette lettre du paradis, comme nous l'appelons.»
Anton a servi d'interprète pour La Presse Canadienne, le mois dernier. Les membres de l'armée ukrainienne sont incités à ne pas révéler leur nom de famille afin de protéger la sécurité de leurs proches.
Les hommes âgés de 18 à 60 ans n'ont pas le droit de quitter l'Ukraine depuis l'invasion russe qui s'est amorcée en février 2022. Ils ne sont pas obligés de se battre au front, mais ils doivent s'enregistrer et demeurer au pays.
Toutefois, si la guerre se poursuivait, la conscription pourrait bien être imposée.
«C'est mon devoir, c'est une question d'honneur», dit Anton, qui avoue être furieux contre ceux qui refusent de s'enregistrer auprès des autorités.
Anton dirige un café situé à proximité de la place de l'Indépendance. Il espère devenir un jour le propriétaire de son propre établissement. Il a vécu dans la capitale ukrainienne depuis sa naissance.
Il est aussi un vif admirateur de Frank Sinatra.
«Et comme Frank Sinatra le chanterait: je suis dans l'armée maintenant», souligne-t-il.
Il doit se rapporter lundi. Il sera envoyé dans un endroit isolé pour y suivre sa formation militaire.
Il suivra une formation de base pendant un mois. Mais en attendant, le grand mince espère apporter assez de cigarettes, un gilet pare-balles, des lunettes de protection balistiques et des bottes de soldat. Il doit se joindre à une unité de marines, mais il ignore comment on l'équipera.
«L'unité donne toujours de la protection, mais c'est vraiment élémentaire. Ça ne peut servir à rien. Ça peut ne pas me faire, ce qui pourrait être un problème. Toutefois, je m'en fiche: une bonne protection est une bonne protection.»
Dima Niekazakov, un graphiste de 36 ans, a mis en place un organisme de bienfaisance qui aide les membres des forces armées ukrainiennes. Il dit qu'il existe un problème urgent pour s'assurer que les soldats soient bien équipés à leur arrivée au front.
«J'ai dû acheter par moi-même cinq gilets pare-balles et deux ou trois casques pour donner aux soldats, raconte-t-il. Cela peut faire une très grande différence sur certains champs de bataille.»
M. Niekazakov dit qu'il n'est pas rare de donner de l'aide financière pour permettre aux soldats d'acheter de la protection et même des fusils.
Anton n'est pas inquiet d'être dans l'armée, mais reconnaît être nerveux au sujet de sa future formation militaire. Il n'est pas aussi en forme qu'il le souhaiterait et il sait qu'il en a beaucoup à apprendre.
«Cela ne peut être qu'un dur entraînement physique, mais j'ai besoin d'acquérir des connaissances de base sur la tactique. Je dois apprendre à me déplacer en groupe, à demeurer en position, à retraiter d'une position.»
Le danger ne l'inquiète pas vraiment.
«Bien sûr que cela risque d'être dangereux. Mais c'est dangereux partout en Ukraine. C'est dangereux à Kyiv, à Kharkiv et ailleurs.»