Passer au contenu principal
À voir:

Début du contenu principal.

International

Volodymyr Zelensky ouvert au déploiement potentiel de troupes occidentales en Ukraine

Ce déploiement constituerait une étape vers l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, à gauche, et le président du parti chrétien-démocrate allemand (CDU) Friedrich Merz se serrent la main lors de leur rencontre à Kiev, Ukraine, lundi 9 décembre 2024.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, à gauche, et le président du parti chrétien-démocrate allemand (CDU) Friedrich Merz se serrent la main lors de leur rencontre à Kiev, Ukraine, lundi 9 décembre 2024.

Source

Associated Press
Associated Press

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est dit ouvert à un éventuel déploiement de troupes occidentales en Ukraine pour garantir la sécurité du pays, dans le cadre d'un effort plus vaste visant à mettre fin à la guerre de près de trois ans avec la Russie.

Ce déploiement constituerait une étape vers l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, a souligné le président ukrainien dans un message sur sa chaîne Telegram.

«Mais avant cela, nous devons avoir une compréhension claire de la date à laquelle l'Ukraine sera dans l'Union européenne et de la date à laquelle l'Ukraine sera dans l'OTAN», a soutenu M. Zelensky.

Ses propositions empruntent un chemin diplomatique délicat au milieu des efforts internationaux pour trouver un moyen de mettre fin au plus grand conflit européen depuis la Seconde Guerre mondiale, à un moment où la Russie a pris le dessus dans les combats.

Le président élu des États-Unis, Donald Trump, cherche à instaurer un cessez-le-feu et a rencontré Volodymyr Zelensky à Paris, samedi. Le président ukrainien a toutefois avancé lundi qu'il approcherait le président américain sortant Joe Biden au sujet de l'éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, car il est encore en fonction, tandis que M. Trump n'a pas encore les «droits légaux» pour décider de la question.

«Il veut un cessez-le-feu», a mentionné M. Trump à propos de M. Zelensky dans des commentaires au «New York Post» publiés dimanche. «Il veut faire la paix. Nous n’avons pas parlé des détails.»

Les forces de Vladimir Poutine subissent de lourdes pertes en Ukraine, a noté Donald Trump.

«Je suis en train de formuler un concept sur la façon de mettre fin à cette guerre ridicule», a-t-il déclaré.

À voir aussi : «Je souffre»: 1000 jours de guerre entre l'Ukraine et la Russie

Les possibilités que l’Ukraine rejoigne l’alliance militaire de 32 pays de l’OTAN et que des troupes occidentales soient stationnées sur son sol sont des questions profondément conflictuelles et controversées depuis le début de l’invasion à grande échelle de la Russie le 24 février 2022.

Lors d'un sommet à Washington en juillet, l’OTAN avait fait savoir que l’Ukraine était sur une voie «irréversible» vers l’adhésion, mais n’avait pas invité le pays à entrer dans l'Alliance. Les États-Unis et l’Allemagne avaient hésité à ce que l’Ukraine rejoigne l’OTAN pendant que le pays est en guerre avec la Russie.

L’un des obstacles réside dans le fait que les frontières de l’Ukraine devraient être clairement délimitées avant qu’elle ne puisse adhérer, afin qu’il ne puisse y avoir aucun doute sur l’endroit où le pacte de défense mutuelle de l’alliance entrerait en vigueur. L'armée d'invasion russe occupe environ un cinquième de l'Ukraine.

Le président français Emmanuel Macron avait évoqué l'idée d'envoyer des troupes occidentales sur le terrain en Ukraine en février dernier. Cette idée a cependant suscité les mêmes craintes d'escalade qui ont conduit les dirigeants occidentaux à limiter les livraisons d'armes et leur utilisation.

Les poids lourds militaires européens que sont l'Allemagne et la Pologne avaient immédiatement indiqué qu'ils n'enverraient pas de troupes en Ukraine. Le président français Emmanuel Macron avait refusé de fournir des détails sur les pays qui envisageaient d'envoyer des troupes, affirmant qu'il préférait maintenir une certaine «ambiguïté stratégique».

Les forces ukrainiennes font face à un assaut de la Russie qui dure depuis plusieurs mois et qui est centré sur la région orientale de Donetsk, où les défenses de Kyiv s'affaiblissent.

Au cours de la semaine dernière seulement, la Russie a lancé près de 500 bombes guidées puissantes, plus de 400 drones d'attaque et près de 20 missiles de différents types contre l'Ukraine, a affirmé le président Zelensky sur X.

«L'Ukraine veut que cette guerre se termine plus que quiconque. Il ne fait aucun doute qu'une résolution diplomatique sauverait des vies. C'est ce que nous recherchons», a-t-il fait valoir.

M. Zelensky a remercié Joe Biden pour la dernière aide militaire américaine de près d'un milliard $ US. Face au doute que Donald Trump maintienne l'aide militaire américaine, l'administration Biden essaie de dépenser chaque dollar restant d'un projet de loi d'aide étrangère massif, adopté plus tôt cette année, pour mettre l'Ukraine dans la position la plus forte possible.

Une rencontre avec un candidat allemand

Pendant ce temps, l'adversaire du chancelier allemand Olaf Scholz aux prochaines élections, Friedrich Merz, a déclaré qu’il y avait un «consensus de base» en Allemagne sur la poursuite de l’aide militaire à l’Ukraine.

Lors d’une visite à Kyiv, il a également fait part des différences avec M. Scholz, qui a refusé d’envoyer des missiles de croisière à longue portée Taurus en Ukraine, car il insiste sur le fait que tout doit être fait pour empêcher une guerre plus large entre l’Occident et la Russie. M. Merz s’est montré ouvert à l'idée de fournir ces missiles et de permettre à l’Ukraine de frapper des cibles militaires en Russie.

Lors de sa rencontre avec Volodymyr Zelensky, Friedrich Merz a noté que la France, le Royaume-Uni et les États-Unis avaient une position différente de celle du gouvernement allemand actuel.

«Notre position est claire, tout comme celle de mon groupe parlementaire: nous voulons mettre votre armée en position d’atteindre les bases militaires en Russie – pas la population civile, pas les infrastructures, mais les cibles militaires à partir desquelles votre pays est combattu», a-t-il souligné.

«Avec cette restriction de portée, nous forçons votre pays à se battre avec une main dans le dos, et ce n’est pas notre position», a-t-il ajouté.

L'Union chrétienne-démocrate de M. Merz est en tête des sondages d’opinion allemands. Les élections sont prévues pour le 23 février prochain.

Source

Associated Press
Associated Press