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La Russie a frappé dimanche la ville ukrainienne d'Odessa, en bordure de la mer Noire, avec une série d’attaques qui a fait au moins un mort.
La Russie a frappé dimanche la ville ukrainienne d'Odessa, en bordure de la mer Noire, avec une série d’attaques qui a fait au moins un mort, 22 blessés et de nombreux dommages matériels.
Quatre enfants ont notamment été blessés dans les explosions, qui ont aussi gravement endommagé 25 monuments de la ville, dont la cathédrale historique de la Transfiguration.
Les frappes de dimanche matin s’inscrivaient dans l’effort plus large que mène actuellement la Russie pour perturber les activités dans des infrastructures portuaires importantes du sud de l'Ukraine.
La Russie a lancé des attaques répétées contre Odessa, une plaque tournante pour l'exportation de céréales, depuis que Moscou a annulé lundi un accord historique sur les céréales en réponse aux tentatives de Kyiv de reprendre certaines régions sous occupation russe.
Une fois les flammes éteintes à la cathédrale de la Transfiguration, une église orthodoxe, des bénévoles ont commencé à fouiller les décombres, passant au peigne fin les débris pour récupérer le plus d’objets possible — sous le regard attentif des religieux.
«Les dégâts sont énormes: le toit de la moitié de la cathédrale a été arraché», a déploré l'archidiacre Andrei Paltchouk, au moment où des ouvriers s’affairaient à sortir des documents et des objets précieux du bâtiment ravagé.
Selon M. Paltchouk, l’incendie a été causé par un tir direct d'un missile russe qui a frayé son chemin jusque dans le sous-sol de la cathédrale. Deux personnes qui se trouvaient à l'intérieur au moment de la frappe ont été blessées.
«Mais avec l'aide de Dieu, nous allons tout réparer», a-t-il assuré en fondant en larmes.
Plus tard dimanche, M. Paltchouk a invité les fidèles à se rassembler devant la partie détruite de la cathédrale pour un service en plein air.
«Nous prierons pour qu'elle nous protège des Russes», a-t-il mentionné.
La cathédrale appartient à l'Église orthodoxe ukrainienne, qui a été accusée d’avoir des liens avec la Russie. L'église a insisté sur sa loyauté envers l'Ukraine, a dénoncé l'invasion russe et a même déclaré son indépendance vis-à-vis de Moscou, mais les agences de sécurité ukrainiennes ont affirmé que certains membres de l'église avaient maintenu des liens étroits avec la capitale russe.
Le centre historique d'Odessa a été désigné site du patrimoine mondial en voie de disparition par l'UNESCO plus tôt cette année, malgré l'opposition russe.
Le gouverneur de la région, Oleg Kiper, a indiqué que six bâtiments résidentiels avaient été détruits par les frappes de dimanche. Certaines personnes se sont même retrouvées coincées dans leurs appartements à la suite de l'attaque, puisque des débris ont entravé des routes.
L'armée de l'air ukrainienne a rapporté sur le réseau social Telegram que la Russie avait lancé 19 missiles dans la région d'Odessa, dont cinq missiles Onyx de haute précision et quatre missiles de croisière Kalibr mer-terre. Neuf de ces missiles auraient été abattus par les forces ukrainiennes.
Le ministère russe de la Défense a fait valoir que ses troupes avaient attaqué des sites «où se préparaient des actes terroristes contre la Fédération de Russie» à Odessa.
Dans une autre déclaration, plus tard dimanche, le ministère russe a nié que ses attaques avaient frappé la cathédrale de la Transfiguration, affirmant plutôt que la destruction de la cathédrale avait probablement été causée par «la chute d'un missile anti-aérien ukrainien».
Ces attaques sur Odessa sont survenues quelques jours après que le président Vladimir Poutine a retiré la Russie de l'Initiative céréalière de la mer Noire, un accord de guerre qui a permis aux exportations ukrainiennes d'atteindre de nombreux pays menacés par la faim.
Les attaques russes qui ont eu lieu plus tôt cette semaine ont paralysé des parties importantes des installations d'exportation à Odessa et à proximité de Chornomorsk, en plus de détruire 60 000 tonnes de céréales, selon le ministère ukrainien de l'Agriculture.
M. Poutine et le président biélorusse Alexandre Loukachenko se sont rencontrés dimanche à Saint-Pétersbourg, deux jours après que Moscou a averti la Pologne que toute agression contre son voisin et allié serait considérée comme une attaque contre la Russie.
M. Poutine a également annoncé au début de la réunion que d’autres pourparlers auraient lieu lundi et a lancé du même souffle que la contre-offensive ukrainienne avait échoué.
Quant à lui, M. Loukachenko a souligné que les troupes du groupe paramilitaire Wagner, qui ont lancé jeudi des exercices conjoints avec l'armée biélorusse, souhaitaient se rendre à l'ouest «lors d'une excursion à Varsovie et à Rzeszów», en Pologne, mais que la Biélorussie ne permettrait pas aux mercenaires de se déplacer.
«Je les garde dans le centre de la Biélorussie, comme convenu. Nous contrôlons ce qui se passe» avec Wagner, a-t-il dit.
Par ailleurs, le gouverneur régional de Kharkiv, Oleg Sinegoubov, a rapporté dimanche matin que deux personnes avaient été tuées samedi lors de frappes russes dans les zones densément peuplées des districts de Kharkiv, Tchouhouïv, Koupiansk et Izioum.
À Donetsk, le gouverneur Pavlo Kyrylenko a annoncé que quatre habitants de la région avaient été tués et que 11 autres personnes avaient été blessées lors d'attaques survenues la veille.