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De telles infrastructures traversant la province risquent de se retrouver «superflues et coûteuses» dans un contexte de transition énergétique, soutiennent-ils.
Une centaine d'organisations et d'intervenants de la société civile mettent en garde contre tout projet de pipeline transportant des énergies fossiles au Québec. De telles infrastructures traversant la province risquent de se retrouver «superflues et coûteuses» dans un contexte de transition énergétique, soutiennent-ils.
«Le Québec n’a pas à compromettre l’intégrité de son territoire, la santé de son environnement et de ses habitants pour permettre à l’industrie pétrogazière d’écouler ses hydrocarbures… tout ça pour tenter de répondre à un enjeu économique temporaire», affirment les signataires dans un communiqué publié mercredi.
Ceux-ci se dressent contre les propositions de projets liés au transport de pétrole ou de gaz naturel, comme GNL Québec ou Énergie Est, qui refont surface dans la foulée des tensions commerciales avec les États-Unis.
Les menaces tarifaires du président Donald Trump ont relancé le débat à savoir comment l’économie québécoise et canadienne pouvait être moins dépendante des États-Unis.
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Si ce front commun de la société civile reconnaît que la situation actuelle avec nos voisins du Sud est «majeure» et qu'elle provoque de «l'anxiété» chez les Québécois, il estime toutefois que «les crises environnementales ne prennent pas congé parce que Donald Trump a des sautes d’humeur».
La coalition avance que les projets comme Énergie Est (pétrole) ou GNL Québec (gaz) «étaient déjà dépassés» lors de leur abandon en 2017 et 2021 et qu'ils le sont encore.
«La demande pour le gaz fossile en Europe chute et les investisseurs ne sont pas au rendez-vous. Et même si ces projets étaient levés de terre dans plusieurs années, la transition énergétique se serait poursuivie et on se retrouverait avec des infrastructures superflues et coûteuses», préviennent les membres du front commun.
«C'est une bulle politique», a évoqué l'analyste climat chez Nature Québec, Anne-Céline Guyon, en conférence de presse, à Québec, où des représentants des groupes ont expliqué les raisons derrière leur opposition.
«Dans ces périodes de chaos, c'est toujours l'occasion pour certains de surfer sur une forme d'opportunisme. Nous, ce qu'on dit, c'est: soyez courageux, fermez la porte une fois pour toutes», a-t-elle ajouté.
Selon les groupes, l'acceptabilité sociale pour de tels développements n'est pas au rendez-vous au Québec, évoquant les luttes passées et l'adoption en 2022 d'une loi mettant fin à toutes les activités de recherche et d’exploitation des hydrocarbures.
«Nous tenons à dire une chose simple: ici au Québec, il n'y a jamais eu d'acceptabilité sociale pour ces projets et il n'y en aura jamais», a dit Marie-Eve Leclerc, chargée de projet chez Équiterre.
Un sondage effectué par SOM pour le compte de La Presse, et publié la semaine dernière, suggère qu'il y a désormais une forte proportion de Québécois favorables à faire renaître les projets de GNL Québec (61 %) et Énergie Est (59 %).
Plus tôt ce mois-ci, le premier ministre François Legault s'est aussi dit prêt à autoriser des projets de pipeline et de terminal gazier, s'ils sont acceptés socialement, pour désenclaver les hydrocarbures de l'Alberta.
Le Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ) promet de ne pas baisser la garde face aux potentielles discussions.
«De voir qu'on agite aujourd'hui les fantômes de ces projets ne peut que motiver les comités membres du regroupement à se mettre en mode vigilance. (...) On espère qu'ils (les projets) vont mourir encore une fois de leur belle mort», a affirmé le représentant de RVÉQ, Jacques Rousseau.
Les organisations et intervenants signataires indiquent que les risques liés à ces projets sur le plan environnemental demeurent les mêmes que dans le passé. Ils citent un danger de déversements, des menaces pour les populations de bélugas ainsi que des risques pour la faune et la flore du fleuve Saint-Laurent. Ils évoquent aussi des «enjeux graves» liés à la santé humaine.
Parmi les autres membres du front commun, on retrouve, entre autres, Greenpeace Canada, Eau Secours, Vivre en Ville, la Fondation David Suzuki, l'Association québécoise des médecins pour l’environnement et le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec.