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J’ai l’impression que cette année, le mois de janvier est commencé depuis 6 ans.
J’écris cette chronique alors que nous sommes le 29 janvier. J’ai l’impression que cette année, le mois de janvier est commencé depuis 6 ans. Je ne sais pas si c’est la lourdeur de l’actualité et le peu de soleil en ce début d’année, mais ça me semble long longtemps.
Bon, je te dirai que je ne suis pas un grand amateur de l’hiver, alors ça n’aide pas. Je ne l’ai jamais été. Je crois qu’à ma naissance, il y a eu un fuck dans la livraison de la cigogne. J’aurais dû me retrouver en Guadeloupe. Je suis certain que là-bas, il y a un petit Alexios qui rêve de bancs de neige et au Bonhomme Carnaval.
Et ce n’est même pas une question de froid. La froidure ne me dérange pas. C’est la neige qui me gosse le plus. Je pense que si l’hiver, c’était des moins vingt sans neige, mon biorythme serait plus heureux. Mais vous commencez à me connaître, je suis une éternelle petite bête positive. Alors, tel un coach de vie des saisons, j’ai décidé de trouver des points positifs à l’hiver. Voyons le beau.
J’avoue que je suis plutôt fan de voir quelqu’un glisser gentiment sur une plaque de glace. C’est toujours impressionnant de voir à quel point une colonne vertébrale peut se plier. Bien sûr, je ne souhaite pas de blessure à personne. Mais une petite vibration dans la fesse qui dure toute la journée, à la suite à l’impact, ça donne une bonne anecdote et surtout, un beau bleu. Si la culbute se produit devant moi, j’avoue qu’en portant secours, je donne une note sur dix à la dérape. Ce sont, comme qui dirait, mes Olympiades de la glissade.
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Quoi de plus beau que d’arriver à un rendez-vous important avec une belle ligne de calcium séchée sur le bas de son pantalon? La grande classe. Pour les personnes basses sur pattes comme moi, c’est un drame régulier de l’hiver. Dans le même ordre d’idée, rien de plus magique qu’une paire de bottes rongées par le sel. C’est un peu comme si on avait marché sur la mer Morte.
Je ne me lasse pas de cette vive sensation quand on arrive dehors et qu’instantanément, les poils de mes narines s’entrelacent et figent dans un pain pour se protéger du froid. Avouez que c’est bien fait notre pilosité nasale.
De même, j’ajouterais que je ne me lasse pas de croiser des garçons dont l’écoulement nasal s’est déposé dans leur moustache pour former un petit pain de glace. Une fête pour les yeux. L’hiver, après une promenade bucolique en raquette, on a tous les sourcils de Jacques Languirand. Ça picote quand ça dégèle. Wouhou!
En ski alpin, quoi de plus vivifiant que d’arriver en haut de la montagne et être accueilli par un vent de 800 km/heure. Une brise qui vous fouette les yeux jusqu’aux larmes. C’est ce qu’on appelle pleurer de bonheur. Être au sommet de la montagne, se mettre les bras en croix et hurler face au blizzard: je suis le Yéti du monde!
C’est seulement en hiver qu’on peut installer une petite cabane qui a connu ses meilleures années en 1972 sur un lac gelé pour y pêcher. Rien n’est comparable à ce bonheur de passer des heures, enfermé entre quatre murs, avec un mononcle pompette qui heureusement est plus gros que le trou dans la glace parce que sinon, on le perdrait. Cet arôme flottant qui mélange les odeurs d’humidité, de poisson, de bière et de poêle à bois. Ça donne envie que l’hiver dure toujours.
Et que dire de ces quelques journées de redoux qui passent pour nous narguer. Coucou! On vient faire semblant que c’est le printemps. Sans ces jours tièdes, on n’aurait pas la chance de se faire lancer de la gadoue sur soi par une voiture qui passe trop près de l’arrêt d’autobus. La joie de déposer son postérieur détrempé sur la banquette en vinyle de l’autobus. Et que dire de ce savoureux petit goût de sel industriel dans la bouche. Bye-bye l’émail dentaire.
Heureusement qu’il y a des festivals extérieurs pour mettre de la joie dans nos cœurs. J’adore suer dans mon suit de ski-doo en dansant sur du Rihanna. Rien de plus sexy qu’un DJ qui spinne avec des mitaines de four.
Aussi, abuser du vin chaud, entrer dans un endroit chaud et saouler tout d’un coup. Venez vomir en grand nombre dans vos tuques à pompon. Burp. S’asseoir dans la grosse sculpture de glace en forme de chaise pour faire un autoportrait et se lever le lendemain avec les hémorroïdes. Ça valait le post Instagram.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, tous ces points positifs commencent à me faire apprécier l’hiver. Et comme si ce n’était pas assez, au moment même où j’écris ce texte, il neige dehors.
Si ce n’est pas un signe de la nature blanche, je suis de mauvaise foi.
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