Tandis que Statistique Canada dévoile que la hausse du rythme de l'inflation vient d’atteindre un sommet inégalé depuis 1991, «les ménages à faible revenu sont plus à risque de tomber dans la pauvreté», insiste la porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Virginie Larivière.
«Et pour ceux qui sont déjà dans la pauvreté, c’est une catastrophe. C’est dramatique en ce moment ce qui se passe», renchérit-elle.
La directrice générale de la Fondation Olo, Élise Boyer, ajoute que l’épicerie est une dépense qui peut être compressée jusqu’à un certain point seulement. «À l’intérieur d’un mois, quand on doit payer le loyer, quand on a des dépenses fixes, on va les prioriser, précise-t-elle. Les choix douloureux vont se faire dans les rayons d’épicerie, dans la quantité d’aliments et de la qualité d’aliments.»
Pour la nutritionniste du Dispensaire diététique de Montréal Ouardia Zeggane, l’insécurité alimentaire qui menace les ménages à faibles revenus est particulièrement inquiétante. Elle souligne qu’une telle situation a un impact direct sur les femmes enceintes et sur le reste de leur famille, puisque cela signifie moins de protéine, de viande et de variété dans leur alimentation. «C’est déjà quelque chose qu’on a noté au début de la pandémie et qui continue», indique toutefois Mme Zeggane.
Une aide du gouvernement réclamée
Pour contrer l’insécurité alimentaire provoquée par l’inflation, des mesures concrètes sont demandées du gouvernement. Élise Boyer s’attend à ce que les familles en situation précaire soient particulièrement visées par celles-ci.
Le Collectif pour un Québec sans pauvreté considère quant à lui que le gouvernement n’en fait pas assez pour les personnes en situation de pauvreté et particulièrement pour les assistés sociaux.
«Après ça, on se désole de voir des campements de personnes itinérantes [et que] de nouveaux visages aient besoin de passer à la banque alimentaire, déplore Viviane Larivière. Si le gouvernement se désole [vraiment], il devrait mettre de l’avant des mesures qui vont régler le problème. On a besoin de mesures structurantes.»
La porte-parole réclame notamment une augmentation des prestation d’aide sociale et que le salaire minimum passe à 18 $ de l’heure. «On a besoin de renflouer le filet social», insiste-t-elle.