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Justice

SAAQclic: le juge Gallant va limiter ses contacts avec les témoins qu'il connaît

Le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ) ont à nouveau invité le juge Gallant à se récuser.

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Caroline Plante
Caroline Plante / La Presse canadienne

Sous le feu des critiques, le président de la commission d'enquête sur SAAQclic, Denis Gallant, s'engage à limiter ses échanges avec les témoins qu'il connaît. 

«Si je connais personnellement un témoin, je ne pourrai le rencontrer préalablement ni consulter quelque document que ce soit à son sujet», a-t-il indiqué dans un communiqué mardi.

«L'examen de son témoignage se fera en public et je prendrai connaissance de ce qu'il raconte uniquement lorsqu'il s'adressera à la commission devant public», a-t-il ajouté.

La nomination du juge Gallant à la tête de cette commission d'enquête est vivement contestée en raison de ses liens avec la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel. Les deux étaient procureurs à la commission Charbonneau, de 2011 à 2014. 

Le mois dernier, Mme LeBel a admis avoir eu des «soupers» avec M. Gallant et d'autres ex-collègues de la commission. Elle a aussi assisté à sa cérémonie de présentation à titre de juge à la cour municipale, le 19 février dernier.

Mardi, le Parti libéral du Québec et le Parti québécois se sont déclarés insatisfaits des pare-feu annoncés par Denis Gallant, l'invitant une fois de plus à se récuser.

«Il est l'ami de Sonia LeBel. Il ne pourrait pas, à la fin, juger du comportement de Sonia LeBel», a lancé le chef libéral intérimaire, Marc Tanguay. Le député péquiste Pascal Paradis a abondé dans le même sens. Selon lui, Denis Gallant «s'entête».

 

«Pourquoi le gouvernement a insisté pour que ce soit lui, alors qu'il y a des centaines de juristes au Québec qui auraient pu faire un excellent travail?» a-t-il demandé en point de presse.

D'Allemagne, où il mène une mission économique, le premier ministre François Legault a défendu sa nomination.

«Je n'en reviens pas que des gens puissent remettre en question l'intégrité du juge Gallant avec tout ce qu'il a fait dans sa carrière, a-t-il dit. Les Québécois qui ne font pas de petite politique vont reconnaître que le juge Gallant est intègre et compétent.» 

Pour sa part, Québec solidaire (QS) a dit souhaiter que la commission élargisse son mandat, afin de faire la lumière sur d'autres projets en cours qui risquent de faire l'objet de dépassements de coûts.

«SAAQclic, c'est important, mais il faut se rappeler qu'il y a 10 milliards $ d'investissements pour des projets de transformation numérique de l'État québécois. C'est énorme, c'est immense», a plaidé la cheffe parlementaire de QS, Ruba Ghazal.

«Il faut élargir le mandat de cette commission, sinon, on n'apprendra jamais rien», a-t-elle ajouté.

Rappelons que le déploiement raté de SAAQclic a provoqué en 2023 de longues files d’attente devant les succursales et coûté 500 millions $ de plus que prévu, pour un total qui dépassera le 1,1 milliard $ en 2025, a évalué la vérificatrice générale.

La commission d'enquête devra identifier les causes et circonstances du fiasco. Elle devra aussi établir le niveau de connaissance des différents acteurs, tant à la SAAQ que dans les ministères concernés.

Les audiences publiques auront lieu au printemps et à l'été 2025, mais M. Gallant fera sa déclaration d'ouverture dès la mi-avril.

L'équipe de procureurs sera dirigée par Me Simon Tremblay, qui sera assisté de Me Mélanie Tremblay et Me Alexandre Thériault-Marois. La professeur Martine Valois agira auprès d’eux à titre d’avocate-conseil.

Les enquêtes seront sous la direction de l'ex-chef de police de Québec Robert Pigeon.

Caroline Plante
Caroline Plante / La Presse canadienne