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Société

Poignardé par l'un de ses étudiants, un professeur de Montréal se confie

«Tourner le dos à 30 enfants pendant que j’écris quelque chose au tableau me semble plus intimidant qu’auparavant.»

Près d’un an après que Maxime Canuel ait été poignardé par un étudiant, le professeur au secondaire a révélé qu’il ne comptait pas retourner dans une salle de classe.
Près d’un an après que Maxime Canuel ait été poignardé par un étudiant, le professeur au secondaire a révélé qu’il ne comptait pas retourner dans une salle de classe.
Luca Caruso-Moro
Luca Caruso-Moro / CTV News

Près d’un an après que Maxime Canuel ait été poignardé par un étudiant, le professeur au secondaire a révélé qu’il ne comptait pas retourner dans une salle de classe.

«Tourner le dos à quelqu’un est extrêmement difficile maintenant, a confié M. Canuel qui, avant l’attaque, enseignait l’art à l’école secondaire John F. Kennedy, située sur le boulevard Saint-Michel.

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Le 9 décembre 2021, à 10h10, les autorités ont procédé à l’arrestation d’un garçon de 16 ans qui avait fui les lieux après avoir poignardé le professeur à l’épaule et au torse.

Ce texte est une traduction d'un article de CTV News.

11 mois plus tard, l’adolescent a plaidé coupable de tentative de meurtre, a confirmé le Directeur des poursuites pénales du Québec. Il a été condamné lundi à deux ans de prison et à un an de surveillance. Le garçon avait également été accusé de voies de fait graves et de possession d’arme dangereuse. Ces accusations ont toutefois été suspendues.  

L’accusation et la défense ont présenté une soumission conjointe sur la peine, a déclaré la Couronne. L'identité de l'adolescent est protégée par une ordonnance de non-publication en raison de son âge.

Lors d’un entretien avec CTV News mardi, M. Canuel a expliqué qu’il était en état de choc à la suite de l’attaque, lui qui croyait initialement que l’étudiant l’avait seulement frappé avant de réaliser l’étendue de ses blessures.

«C'était un moment bizarre où je pouvais presque voir les mots, ou entendre les mots: "Si tu paniques, tu meurs", mentionne le professeur.

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«J’ai pris des cours d’autodéfense lorsque j’étais enfant jusqu’à l’âge de 12 ou 13 ans et j’ai appris toutes les techniques de sécurité telles que comment ressusciter les gens», a-t-il affirmé.

«Je n’avais pas pensé à ça pendant des années, mais à ce moment précis, tout m’est revenu à l’esprit. Je savais que je devais compresser mon épaule et je savais que je devais ralentir ma respiration et ralentir mon rythme cardiaque.»

M. Canuel a été poignardé devant son groupe d’étudiants. Il a été transporté à l’hôpital afin de recevoir des soins urgents. Le professeur affirme que la blessure était profonde et près de son cœur et que les docteurs ont retiré assez de sang pour remplir une bouteille d’eau.

«Je devais réapprendre à respirer, lance-t-il. Chaque fois que je prenais une respiration, j’avais l’impression que quelqu’un me donnait un coup de poing dans les côtes.»

Alors que la majeure partie de sa récupération physique s'est terminée en quelques mois, le professeur a admis qu'il lui faudrait probablement plus de temps pour guérir des symptômes psychologiques de l'attaque. Aujourd’hui M. Canuel admet qu’il ne sait pas s’il veut retourner travailler.

«Nous avons un uniforme à JFK, ajoute-t-il. Pour moi, revenir à l’école pour voir plein d’adolescents habillés comme la personne qui m’a poignardé et qui a tenté de me tuer, c’est un peu traumatisant. C’est un peu surréaliste.»

«Tourner le dos à 30 enfants pendant que j’écris quelque chose au tableau me semble plus intimidant qu’auparavant.»

Les prochaines étapes

Malgré le traumatisme lié à son expérience de mort imminente, M. Canuel a expliqué qu’il se sent plus optimiste qu’il y a un an et que sa période de réadaptation lui a permis de se concentrer sur son art.

«Je suis un artiste, un illustrateur et un bédéiste. Avant que tout cela ne se produise, j’avais recommencé à publier des bandes dessinées, mentionne le professeur. Heureusement, j’ai quelque chose sur lequel travailler pendant cette période pour combler ce vide.»

«La meilleure chose à en tirer, à part le fait d'être en vie, c'est qu'il est temps de se concentrer là-dessus», a-t-il dit en riant.

Il a sorti le premier numéro de sa bande dessinée Bigg Baby à l'été 2021. Le neuvième tome devrait sortir avant Noël.

«Malgré tout cela, il est bien de me dire que j’ai survécu. J’en suis très heureux», a-t-il conclu. 

Luca Caruso-Moro
Luca Caruso-Moro / CTV News