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International

Marine Le Pen, déclarée inéligible, et son parti dénoncent une manoeuvre du «système»

«Je ne vais pas me laisser éliminer ainsi», a lancé Marine Le Pen en entrevue télévisée.

Marine Le Pen quitte le siège du Rassemblement national après qu'un tribunal français l'a reconnue coupable de détournement de fonds le 31 mars 2025 à Paris.
Marine Le Pen quitte le siège du Rassemblement national après qu'un tribunal français l'a reconnue coupable de détournement de fonds le 31 mars 2025 à Paris.

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Agence France-Presse
Agence France-Presse

Marine Le Pen et son parti ont dénoncé mardi une manoeuvre du «système», au lendemain d'un jugement rendant la cheffe de file de l'extrême droite française inéligible pour la prochaine présidentielle qui a déclenché un vif débat dans la classe politique.

Cette condamnation à cinq ans d'inéligibilité, avec effet immédiat, et quatre ans de prison (dont deux ferme aménagés sous bracelet) pour détournement de fonds publics a également suscité l'indignation des dirigeants populistes à travers le monde, du Kremlin à Washington en passant par la Hongrie.

Dénonçant une «ingérence des magistrats dans l'élection présidentielle» de 2027, Marine Le Pen s'en est pris mardi au «système» qui a «sorti la bombe nucléaire» contre elle.

«S'il utilise une arme aussi puissante contre nous, c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner des élections», a lancé la députée du Rassemblement national (RN), donnée en tête du premier tour du scrutin présidentiel de 2027 par les sondages, aux parlementaires de son parti. «On sera là jusqu'à la victoire», a-t-elle lancé.

 

Plus tôt dans la matinée, le président du parti Jordan Bardella avait lui aussi dénoncé une «tyrannie des juges», qualifiés de «rouges», tout en condamnant «les menaces, les injures ou les insultes» à leur égard.

«Tout sera fait pour nous empêcher d'arriver au pouvoir.»
-Jordan Bardella président du Rassemblement National

Le premier ministre français François Bayrou a dit apporter son «soutien (...) inconditionnel, non mesuré» aux magistrats ayant rendu le jugement.

S'il a estimé que le gouvernement n'avait «pas le droit» de «critiquer» une décision de justice, il a considéré qu'une «réflexion doit être conduite» sur le dispositif d'exécution provisoire, qui donne un effet immédiat et non suspensif à un verdict.

«Délai le plus raisonnable possible»

Le jugement du tribunal correctionnel de Paris a suscité des réactions diverses dans la classe politique française, certains à droite comme au sein de la gauche radicale regrettant la décision des juges, tandis que socialistes, écologistes et communistes ont appelé au respect de la loi.

Les condamnations sont également venues de l'étranger, notamment du Kremlin qui a dénoncé «une violation des normes démocratiques», de Hongrie où le premier ministre Viktor Orban a clamé sur X «Je suis Marine !», ou du Brésil où l'ancien président brésilien Bolsonaro (2019-2022) a fustigé une «persécution». 

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«C'est une grosse histoire (...) Elle n'a plus le droit d'être candidate pendant cinq ans alors qu'elle faisait la course en tête», a également déclaré Donald Trump, lui-même condamné l'an dernier dans l'affaire des paiements cachés à une actrice de films X alors qu'il était en campagne.

Marine Le Pen a annoncé qu'elle ferait appel, espérant un nouveau procès dans des délais qui lui permettraient - en cas de décision favorable - de participer à la présidentielle.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a lui souhaité un procès dans «un délai le plus raisonnable possible», tout en rappelant qu'«il appartiendra à la cour d'appel de Paris, parfaitement indépendante (...) de fixer la date de cet appel».

Selon les délais habituels de la justice française, ce probable procès ne devrait pas se tenir, au minimum, avant un an, avec une décision plusieurs semaines plus tard.

«La justice a fait son travail»

En l'état, le RN affiche confiance et détermination, refusant pour l'instant l'hypothèse d'une candidature de Jordan Bardella, dauphin de Marine Le Pen sur le papier. 

Un rassemblement «de soutien» à Mme Le Pen sera organisé à Paris dimanche, a annoncé le RN.

Selon un sondage Toluna Harris Interactive pour la radio RTL réalisé après le jugement, M. Bardella rassemblerait jusqu'à 36% des intentions de vote au premier tour, un score similaire à celui de Mme Le Pen.

Selon un autre sondage, d'Elabe pour la chaîne BFMTV, une majorité de Français (57%) estime que la décision de justice est normale au vu des faits reprochés à Mme Le Pen.

Nadine Garry en fait partie. «Les juges ont eu raison de la traiter au même niveau que tout le monde», estime cette animatrice sportive interrogée à Marseille (sud-est): «c'est la preuve que la justice a fait son travail».

Le tribunal correctionnel de Paris a jugé qu'un «système» a bien été mis en place entre 2004 et 2016 pour faire faire des "économies" au Front national (devenu RN en 2018), en payant avec l'argent du Parlement européen des assistants d'eurodéputés travaillant en réalité pour le parti.

Vingt-trois autres personnes ont été condamnées, ainsi que le parti, dans cette affaire.

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Agence France-Presse
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