Début du contenu principal.
Il entend présenter le nouveau visage d'une extrême droite rajeunie et modernisée aux prochaines élections.
À 29 ans, le populaire président du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) Jordan Bardella se retrouve propulsé potentiel candidat au scrutin présidentiel français de 2027, sa mentor et cheffe de file du mouvement Marine Le Pen venant d'être déclarée inéligible.
La figure de proue de l'extrême droite française a été condamnée lundi dans une affaire de détournement de fonds par un tribunal qui a prononcé son inéligibilité pour 5 ans, lui barrant la route à la présidentielle de 2027, pour laquelle elle apparaissait favorite après trois tentatives infructueuses.
«C'est la démocratie française qui est exécutée», a réagi Jordan Bardella, vers qui les regards se tournent désormais. Son itinéraire politique a été fulgurant depuis qu'à l'âge de 17 ans, en 2012, il a pris sa carte au Front national (FN), un parti cofondé en 1972 par le père de Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen.
En 2019, lorsque Marine Le Pen renonce à mener la liste du RN - qui a changé de nom l'année précédente - aux élections européennes, c'est à cet inconnu qui n'a pas de diplôme, excepté le baccalauréat, qu'échoit cette responsabilité.
Arrivé en tête du scrutin devant le camp du président Emmanuel Macron, Jordan Bardella démarre ainsi tambour battant, un dimanche soir de mai 2019, sa carrière politique.
Il entend présenter le nouveau visage d'une extrême droite rajeunie et modernisée: un prénom hérité, comme «Steve» ou «Kévin», des feuilletons télé importés des Etats-Unis dans les années 1990, qu'il décrit comme un «marqueur populaire»; une enfance dans la banlieue de Paris - entre une mère employée dans une école, qui l'élève, et un père patron d'une petite entreprise, qu'il voit un week-end sur deux -; et un patronyme qui renvoie à l'immigration italienne du XXe siècle.
Porte-parole de la troisième campagne à l'élection présidentielle de Marine Le Pen en 2022, Jordan Bardella se montre aussi loyal qu'incontournable, et est élu en novembre à la tête du RN, qui n'est plus, du moins officiellement, dirigé par un membre de la famille Le Pen, une première.
Mais c'est bien un «duo complémentaire» que mettent en place le jeune nouveau patron au million et demi d'abonnés sur TikTok, et son aînée Marine Le Pen.
A elle, le discours «ni-droite-ni-gauche» et l'opposition entre blocs «populaire» et «élitaire». A lui de faire entendre ses nuances, «un peu plus de droite, un peu plus libéral», affirme un député RN.
Etude d'opinion à l'appui, Bardella apporte un nouvel électorat au socle lepéniste jusqu'alors écrasé par un plafond de verre. Jeunes, cadres, urbains, retraités... Toutes les catégories socio-professionnelles historiquement hostiles au RN offrent peu à peu leur confiance au parti.
Le jeune homme aux allures de gendre idéal s'affiche lisse et soigné en toutes circonstances. Il n'est cependant pas exempt de critiques en interne, comme le rappelle un article du quotidien Le Monde sur «les limites de la méthode Bardella».
Celui qui briguait le poste de premier ministre après la dissolution de 2024 a notamment échoué à faire gagner son parti aux législatives, même si le RN a fait une percée historique à l'Assemblée.
Selon un sondage publié lundi sur les figures politiques françaises, dans le classement des cotes d'adhésion, Marine Le Pen (37%) se classe première, Jordan Bardella troisième (35%).
En septembre 2023, Mme Le Pen avait annoncé que, si elle accédait à la présidence, elle ferait de Jordan Bardella son premier ministre.
Le jeune homme peut désormais se prendre à rêver de l'Elysée.