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Économie

Les marchés fluctuent alors que le Canada se prépare à de nouveaux droits de douane

Le président a assuré dimanche qu'il se montrerait «beaucoup plus généreux» dans ses plans visant à bouleverser le commerce mondial.

<p>President Donald Trump talks to reporters as he walks on the South Lawn of the White House, in Washington, Sunday, March 30, 2025. (AP Photo/Jose Luis Magana)</p>
<p>President Donald Trump talks to reporters as he walks on the South Lawn of the White House, in Washington, Sunday, March 30, 2025. (AP Photo/Jose Luis Magana)</p>
/ La Presse canadienne

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré lundi qu'il n'y aurait «aucune exemption» aux dernières mesures du président américain Donald Trump visant à perturber le commerce mondial cette semaine. Cependant, on ne sait toujours pas exactement quels droits de douane seraient imposés au Canada. 

Les marchés étaient secoués lundi, en raison de la confusion sur la manière dont le président américain Donald Trump entend poursuivre son programme de droits de douane mondial cette semaine, et quant à son impact sur le Canada.

M. Trump a déclaré que mercredi serait le «Jour de la Libération», le jour où il compte imposer des droits de douane «réciproques» en augmentant les droits de douane américains pour qu’ils correspondent aux taux de taxation appliqués par d’autres pays sur les importations.

Un responsable de la Maison-Blanche a confirmé qu'aucune décision n'avait été prise quant à savoir si M. Trump rétablirait le même jour les droits de douane à l'échelle de l'économie contre le Canada et le Mexique, qu'il a liés au trafic de fentanyl.

Plus tôt ce mois-ci, le locataire de la Maison-Blanche avait imposé des droits de douane généraux de 25 % au Canada et au Mexique, ainsi qu’une taxe plus faible de 10 % sur l’énergie canadienne, avant de suspendre partiellement les droits de douane quelques jours plus tard. M. Trump avait alors déclaré que la pause durerait jusqu'au 2 avril.

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Un vote au sénat

Le sénateur démocrate Tim Kaine a annoncé vendredi qu’il forcerait un vote sur l’utilisation par Donald Trump de la Loi sur les pouvoirs économiques en cas d’urgence internationale (IEEPA) pour déclarer l’état d’urgence à la frontière nord afin d’imposer des droits de douane au Canada.

Dans une tribune publiée dans le «Washington Post», le sénateur Kaine a écrit que «le président utilise cette fausse urgence comme un écran de fumée pour collecter des recettes douanières qu’il pourrait utiliser pour financer une réduction d’impôts massive pour les ultrariches».

L'IEEPA comprend une disposition permettant à tout sénateur de forcer un vote pour bloquer les pouvoirs d’urgence. Bien que cela n'empêcherait peut-être pas Donald Trump de déclarer l’état d’urgence à la frontière nord, ce vote obligerait les sénateurs républicains à exprimer publiquement leur opinion sur la mesure.

 

Les données du gouvernement américain montrent que le volume de fentanyl saisi à la frontière nord est infime. Le rapport annuel d'évaluation des menaces, publié la semaine dernière, ne mentionne pas le Canada dans sa section sur les drogues illicites et le fentanyl.

Les droits de douane «réciproques» ne sont pas les seuls à entrer en vigueur cette semaine. Jeudi, M. Trump instaurera des taxes de 25 % sur les automobiles.

Un responsable de la Maison-Blanche a déclaré que toute exemption pour les voitures fabriquées avec des pièces américaines dans le cadre de l'Accord commercial Canada-États-Unis-Mexique ne sera pas mise en place tant qu'un système ne sera pas établi pour évaluer la part de chaque voiture finie fabriquée avec des composants étrangers.

Plus tôt en mars, le président américain a imposé des droits de douane de 25 % sur toutes les importations d'acier et d'aluminium, y compris les produits en provenance du Canada.

D'après un responsable de la Maison-Blanche, nombre de ces droits s'accumuleraient si les droits de douane étaient rétablis à l'échelle de l'économie. Toutes les voitures ou pièces automobiles qui ne relèvent pas des règles de l'accord commercial continental seront frappées de droits doubles, a-t-il précisé. La Maison-Blanche avait précédemment annoncé que les taxes sur l'acier et l'aluminium passeraient à 50 %.

On ne sait pas encore très bien ce que signifieront les droits de douane «réciproques» pour les pays qui commercent avec les États-Unis. Dimanche, M. Trump a suggéré que les taxes pourraient être réduites quelques jours après la date limite de mercredi.

«Les droits de douane seront bien plus généreux que ceux que ces pays ont imposés à notre égard, ce qui signifie qu’ils seront plus cléments que ceux qu’ils ont imposés aux États-Unis d’Amérique au fil des décennies», a fait savoir M. Trump à bord d’Air Force 1.

L’incertitude tarifaire provoquait des fluctuations sur les marchés mondiaux lundi, avec une montée de 0,55 % du S&P 500 et une baisse de 0,14 % de l'indice composé du Nasdaq.

Des responsables canadiens ont contacté des membres de l’équipe de M. Trump afin de mieux comprendre le déploiement de ces droits. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, s’est entretenu avec le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, la semaine dernière, mais a dit n’avoir reçu aucun détail.

«Je pense qu’il a une idée, ou peut-être pas. C’est encore plus inquiétant s’il n’en a pas», a confié M. Ford jeudi dernier.

Vers des relations plus sereines?

Les spéculations sur les droits de douane de cette semaine font suite au premier entretien téléphonique entre le président américain et le premier ministre canadien Mark Carney, qui semblait laisser espérer une transition vers des relations bilatérales plus sereines.

M. Trump a répété pendant des mois que le Canada devrait devenir un État américain et a qualifié l’ancien premier ministre Justin Trudeau de «gouverneur».

Le chef d’État américain a qualifié l’appel de vendredi avec M. Carney de «très positif» et a dit penser que «les choses vont très bien se passer entre le Canada et les États-Unis». M. Carney a rapporté que les deux dirigeants avaient convenu d’entamer des négociations sur une nouvelle relation économique et sécuritaire immédiatement après les élections fédérales du 28 avril.

Cependant, lorsqu’interrogé sur l’impact de ses droits de douane sur l’économie américaine, M. Trump a réitéré dimanche ses critiques à l’encontre du Canada.

«Nous n’avons pas besoin d’énergie du Canada. Nous n’avons pas besoin de bois d’œuvre du Canada. Nous n’avons besoin de rien du Canada. Nous n’avons pas besoin de voitures du Canada, par exemple, a affirmé M. Trump. Je pense donc que nous allons vivre ce que j’appelle l’âge d’or de l’Amérique.»

— Avec des informations de l’Associated Press