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Si la Cour constitutionnelle destitue M. Yoon, la Corée du Sud devra organiser des élections présidentielles dans les deux mois.
La Cour constitutionnelle sud-coréenne se prononcera vendredi sur la destitution ou la réintégration du président destitué Yoon Suk Yeol. Dans les deux cas, cette décision risque d'aggraver les divisions internes.
La Cour examine le sort politique de M. Yoon depuis sa destitution en décembre, à la suite de sa brève instauration de la loi martiale, qui a déclenché une crise politique majeure.
Des millions de personnes se sont rassemblées à travers le pays pour soutenir ou dénoncer M. Yoon. La police a déclaré qu'elle mobiliserait tout son personnel disponible pour maintenir l'ordre et répondre aux actes de vandalisme, aux incendies criminels et aux agressions.
La Cour constitutionnelle a annoncé mardi dans un bref communiqué qu'elle rendrait sa décision vendredi et qu'elle serait retransmise en direct.
L'Assemblée nationale, contrôlée par l'opposition, a voté la destitution de Yoon Suk Yeol environ deux semaines après l'instauration de la loi martiale le 3 décembre. Outre la décision de la Cour constitutionnelle sur sa destitution, M. Yoon a été arrêté et inculpé en janvier pour rébellion criminelle.
Si la Cour constitutionnelle destitue M. Yoon, la Corée du Sud devra organiser des élections présidentielles dans les deux mois. Si la Cour annule sa destitution, M. Yoon reprendra immédiatement ses fonctions présidentielles.
Au cœur du litige se trouve la décision de M. Yoon d'envoyer des centaines de soldats et de policiers à l'Assemblée nationale après avoir imposé la loi martiale. M. Yoon a insisté sur son objectif de maintenir l'ordre, mais certains militaires et responsables militaires ont témoigné qu'il leur avait ordonné de faire sortir les députés pour empêcher le vote de son décret et arrêter ses opposants politiques.
M. Yoon affirme qu'il n'avait pas l'intention de maintenir la loi martiale longtemps, et qu'il souhaitait seulement souligner ce qu'il a qualifié de «méchanceté» du principal parti d'opposition libéral, le Parti démocrate, qui a entravé son programme, destitué de hauts fonctionnaires et réduit drastiquement son projet de loi budgétaire. Lors de l'annonce de la loi martiale, il a qualifié l'Assemblée de «repaire de criminels» et de «forces anti-étatiques».
La loi confère à un président le droit de déclarer la loi martiale en temps de guerre ou dans toute autre situation d'urgence, mais le Parti démocrate et ses partisans affirment que la Corée du Sud ne se trouvait pas dans une telle situation.
La motion de destitution accusait M. Yoon d'avoir entravé les activités de l'Assemblée nationale, tenté d'arrêter des responsables politiques et d'autres personnes, et porté atteinte à la paix, en violation de la Constitution et d'autres lois. M. Yoon a déclaré n'avoir aucune intention de perturber les travaux de l'Assemblée nationale ni d'arrêter qui que ce soit.
La loi martiale n'a duré que six heures, les législateurs ayant réussi à entrer dans l'assemblée et à voter l'annulation de son décret à l'unanimité. Aucune violence n'a éclaté, mais des images télévisées en direct montrant des soldats armés arrivant à l'assemblée ont ravivé de douloureux souvenirs de dictatures soutenues par l'armée. C'était la première fois que la Corée du Sud était placée sous la loi martiale depuis 1980.
Des sondages publics antérieurs ont montré qu'une majorité de Sud-Coréens soutenaient la destitution de M. Yoon. Mais après sa destitution, les rassemblements pro-Yoon se sont multipliés, de nombreux conservateurs étant excédés par ce qu'ils qualifient d'offensive excessive du Parti démocrate contre son administration déjà en difficulté.
Yoon Suk Yeol a été libéré de prison le 8 mars, après qu'un tribunal de district de Séoul a annulé son arrestation et l'a autorisé à comparaître sans être incarcéré lors de son procès pénal. Dix hauts responsables de l'armée et de la police ont également été arrêtés et inculpés pour leur rôle dans la promulgation de la loi martiale.