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Économie

Immigration: Legault doit se défendre face à des entrepreneurs québécois

«On veut réduire le nombre d'immigrants temporaires, mais on veut le faire d'une façon intelligente selon les besoins des régions»

Thomas Laberge
Thomas Laberge / La Presse canadienne

L'un des sujets de prédilection du premier ministre François Legault, l'immigration temporaire, l'a rattrapé jusqu'en Allemagne où il est en mission économique. Deux entrepreneurs québécois l'ont interpellé pour lui rappeler l'importance des immigrants pour leur entreprise.

«En ce moment, on a un peu de difficulté à prendre la décision de faire de l'investissement. Pas du tout à cause des tarifs. C'est parce qu'à peu près la moitié de nos employés qui opèrent notre usine sont des travailleurs étrangers temporaires et en ce moment, on va être obligés de s'en débarrasser», a lancé le propriétaire de Constructions Proco, Jean-Denis Toupin, dimanche, à la fin de l'allocution du premier ministre devant la délégation du Québec à Hanovre en Allemagne.

La déclaration de l'homme d'affaires a été applaudie dans la salle.

Le premier ministre a répondu à l'entrepreneur, en rappelant que «depuis deux ans, le nombre d'immigrants temporaires au Québec est passé de 300 000 à 600 000» et que cela mettait de la pression sur les logements et les services publics.

«On veut réduire le nombre d'immigrants temporaires, mais on veut le faire d'une façon intelligente selon les besoins des régions», a-t-il répondu

«N'enlevez-moi pas mon monde»

Une autre entrepreneure, Marie-Jeanne Bonneau, est allée voir François Legault après son discours pour lui livrer essentiellement le même message que Jean-Denis Toupin.

«Enlevez-moi pas mon monde. Il faut régler le problème. Moi j'ai des travailleurs étrangers temporaires. Ce sont des machinistes, ce sont des soudeurs. Cette année, je devrais en retourner», a dit la directrice adjointe et copropriétaire des Industries Dodec au premier ministre.

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François Legault est revenu sur le sujet ensuite en mêlée de presse affirmant qu'«en région, il faut regarder la hauteur des salaires».

«Oui, des bons emplois bien payés qui permettent de contribuer au service public, on en veut. Maintenant les bas salaires, il faut être prudent», a-t-il soutenu.

Le premier ministre Legault ne cesse de marteler qu'il y a trop d'immigrants temporaires au Québec. Le gouvernement caquiste a pris plusieurs mesures pour en réduire le nombre.

François Legault met aussi beaucoup de pression sur Ottawa pour qu'il fasse de même dans les secteurs qu'il contrôle, particulièrement les demandeurs d'asile. Il a d'ailleurs réitéré cette demande aux deux principaux chefs fédéraux, Mark Carney et Pierre Poilievre, qui sont en campagne électorale actuellement.

Face aux droits de douane de Donald Trump, le premier ministre a choisi d'aller en mission économique en Allemagne afin de soutenir les entreprises québécoises dans la diversification de leurs marchés.

«J'ai très hâte d'entendre M. Carney»

M. Legault a été moins vindicatif que certains de ses ministres après avoir été questionné sur le fait que le chef libéral, Mark Carney, entend participer aux contestations sur la loi 96 -- qui vise à renforcer le français -- si celle-ci se retrouve devant la Cour suprême.

«J'ai très hâte d'entendre M. Carney. D'abord, on a un déclin du français au Québec, en particulier à Montréal. Donc j'espère qu'il le reconnait. J'ai hâte de voir ce qu'il propose pour freiner le déclin du français au Québec. Donc je vais attendre de voir sa proposition globale», a-t-il affirmé dimanche.

Mark Carney a promis que, s'il est élu au terme de l'élection fédérale, son gouvernement interviendra en Cour suprême dans toute contestation de la loi 96 qui pourrait être entendue par le plus haut tribunal au pays.

Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, a affirmé que cette prise de position était un «affront direct envers les Québécois».

Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a pour sa part soutenu qu'«encore une fois, fidèle à son habitude, le gouvernement libéral s'attaque à notre langue, à nos valeurs, à notre identité».

Pour l'instant, la loi 96 ne fait pas l'objet d'une cause entendue par la Cour suprême du Canada.

Elle est contestée par divers groupes, comme des municipalités et l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, sur plusieurs aspects. Les questions soulevées sont examinées par la Cour supérieure et la Cour d'appel. 

Thomas Laberge
Thomas Laberge / La Presse canadienne