Accusé de voie de fait grave, l'auteur des agressions, Mathieu Isabel, a plaidé coupable récemment.
Il a depuis avoué qu’il était en situation d’itinérance depuis plusieurs mois au moment des faits et qu’il a commis son crime dans le but d’aller en prison pour obtenir des soins.
Noovo Info a rencontré Guillaume Turcotte, l’une des deux victimes, pour qu’il partage son histoire.
Les événements
De son propre aveu, M. Turcotte n’avait pas mis les pieds dans un Burger King depuis une dizaine d’années. Dès son entrée dans le restaurant, il se souvient avoir croisé un homme qui lui a laissé une impression étrange.
«Je me suis dit que je le connaissais peut-être parce que j'ai joué beaucoup au baseball, à la balle molle à Lévis. On s’est regardé et c’est resté comme ça», raconte-t-il.
Après avoir terminé son repas, M. Turcotte s’est dirigé vers la salle de bain, où il a à nouveau croisé Isabel. Il ne se formalise toujours pas de cette rencontre. Jusqu’au moment où son agresseur passe à l’action.
«Il passe derrière moi pour sortir, et je sens comme des coups dans mes côtes. Je me dis que je le connais, que c’est un de mes chums qui me niaise! Mais en me tournant, je me rends compte que ça chauffe. [Et je vois] qu’il a un couteau.»
Estomaqué, M. Turcotte s’aperçoit rapidement que son agresseur s’attaque ensuite à un autre homme, qui mangeait simplement son repas. À l’arrivée des policiers, Isabel obtempère immédiatement.
«La police [lui a dit tout de suite de se mettre par terre]. Il s’est agenouillé tranquillement, il savait qu’il se faisait arrêter», poursuit M. Turcotte.
«Je trouve ça grave»
S’il s’est tiré sans séquelles de cet événement, Guillaume Turcotte avoue être tout de même préoccupé.
«Je trouve ça grave. J’ai été capable de me défendre, je suis quand même corpulent, mais ça aurait pu arriver à n’importe qui. J’ai des enfants, mon gars a 9 ans. S’il va aux toilettes tout seul maintenant, j’y pense, je regarde», confie-t-il.
Mais malgré ce qui lui est arrivé, M. Turcotte ne semble pas en vouloir à son agresseur et déplore plutôt qu’Isabel se soit rendu à poser son geste. «Je trouve que ce n’est pas normal qu’il n’ait pas eu droit d’avoir des soins pour l’aider», laisse-t-il tomber.
Pour l’entrevue intégrale, voyez la vidéo.