«On n’a pas besoin d’autres données pour voir qu’il y a un gros problème, a prévenu le porte-parole du Centre canadien de protection de l’enfance, René Morin, lors d’un entretien avec Noovo Info, mercredi. Les gouvernements doivent agir pour obliger les plateformes numériques à mieux protéger leurs jeunes utilisateurs.»
Comment expliquer cette hausse des cas et des signalements? Selon René Morin, «les jeunes sont plus présents que jamais sur les réseaux sociaux et sur les plateformes de jeu en ligne». Et les prédateurs sexuels sont partout, a-t-il souligné.

Mais d’un autre côté, s’il y a une hausse de signalements, c’est que les crimes à caractère sexuel sont de plus en plus signalés, ce qui n’était pas le cas auparavant.
«Les victimes ont honte de ce qu’il s’est passé, ils ne veulent pas en parler à leur entourage et vont chercher à régler le problème par eux-mêmes», a expliqué M. Morin.
Les campagnes de sensibilisation semblent avoir porté fruit, indique-t-il. Les jeunes sont désormais plus enclins à signaler et à aller chercher de l’aide lorsqu’ils se retrouvent dans ce genre de situation.
Le Centre canadien de protection de l’enfance espérait toutefois que le nombre de cas baisse avec la fin de la pandémie, «mais ce n’est pas ce qu’on observe du tout», déplore M. Morin.
«On a une nouvelle génération de pédo-prédateurs qui arrivent dans cet univers. Des adultes dans la vingtaine et la trentaine, qui maitrisent très bien les technologies sont mieux à même de s’en prendre aux jeunes sur ces plateformes», a-t-il ajouté.
Le porte-parole du Centre canadien de protection de l’enfance s’est par ailleurs adressé aux parents et leur a demandé de surveiller s’il y avait des comportements inhabituels chez leurs enfants.
«S’ils tendent à se retirer davantage dans leur chambre et sont déstabilisés, c’est une bonne idée de leur tendre une perche. Ce sont des crimes qui suscitent des sentiments de honte et de culpabilité. Ils n’auront pas le réflexe d’en parler», a-t-il conclu.
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