La Dre Catherine Tétreault a d'ailleurs lancé un message virulent par voie de communiqué au gouvernement de François Legault s'il s'avérait que celui-ci songeait à reporter, encore une fois, l'inscription du projet au PQI.
«C'est jouer à la roulette avec la santé des citoyens de Drummondville et du Centre-du-Québec qui sont pourtant tous mobilisés pour la cause. C’est ignorer l’appel à l’aide de toute une communauté et de toute une région qui a démontré depuis plus deux ans l’urgence d’agir dès maintenant», a-t-elle affirmé.
«Retarder l’inscription du projet de nouvel hôpital régional à Drummondville encore d’un an, c’est aujourd’hui ni plus ni moins que de la négligence en toute connaissance de cause.»
L'hôpital Sainte-Croix de Drummondville fait la manchette régulièrement depuis quelques années en raison notamment de l'état des lieux datant de 1948: problèmes de structure et de dysfonctionnements intrinsèques au bâtiment, inondations à répétition, unités de soins vétustes, pannes d'ascenseur, bris de matériels et chambres exigües triples et quadruples en sont quelques exemples.
Malgré des promesses venant notamment des élus caquistes du Centre-du-Québec, le député de Johnson, André Lamontagne et le député de Drummond-Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, le projet d'un nouvel hôpital ne figure toujours pas au Plan québécois des infrastructures (PQI).
Outre les problèmes liés au bâtiment même de l'hôpital Saint-Croix, les médecins soulignent un problème de recrutement.
«Dans le contexte actuel, le recrutement de nouveaux médecins devient de plus en plus difficile : sur les huit postes disponibles à Drummondville en 2025, aucun n’a trouvé preneur jusqu’à présent. Les équipes médicales sont encore mobilisées, mais un autre report risque d’avoir des impacts majeurs sur la motivation du personnel soignant à tenir le fort, eux qui font leur possible dans un environnement inadapté, exigu et dysfonctionnel», a mentionné la Dre Nancy Durand, médecin de famille et cheffe de la table médicale territoriale du RLS Drummond.
Le député libéral André Fortin, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, accompagnait jeudi à l'Assemblée nationale les médecins de l'hôpital de Drummondville.
Lors de la période de questions, André Fortin a réitéré sa demande au ministre de la Santé de s’assurer que le nouvel hôpital régional promis soit inscrit au PQI, et ce, dès le prochain budget caquiste. Il a également suggéré au ministre de se rendre à Drummondville afin de constater l’ampleur du problème.
«Si les médecins ont pris la peine de venir jusqu’ici, à l’Assemblée nationale, c’est qu’ils en ont ras le bol des promesses non tenues de la CAQ. Ils n’en peuvent plus d’opérer dans un hôpital qui tombe en ruine et qui met en péril la sécurité de tous», a fait savoir le député de Pontiac.
«Est-ce que le ministre attend qu’un drame survienne pour enfin mettre sur les rails le projet d’un nouvel hôpital régional adapté à la réalité de la population du Centre-du-Québec? »
En raison d'un fort achalandage à l’urgence de l'hôpital Sainte-Croix à Drummondville, le CIUSSS MCQ a dû récemment mettre en place des mesures de réorientation : le 4 février dernier, les cas non urgents ont été dirigés vers leur médecin de famille, une clinique ou un autre professionnel.
Si la situation est de retour à la normale, il n'est pas impossible que des consignes du même genre soient de nouveau d'actualité.
Les détails dans le reportage de Valérie Gendron.