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De plus en plus de Canadiens croient appartenir à la classe moyenne alors que ce n'est pas le cas.
Tous les partis politiques canadiens promettent un allègement financier pour la classe moyenne du Canada lors des élections fédérales. Mais qui est considéré comme faisant partie de la classe moyenne en 2025?
Moshe Lander, maître de conférences au Département d'économie de l'Université Concordia à Montréal, estime que cette question est subjective.
Ce texte est la traduction d'un article de CTV News.
«Il n'y a pas de définition commune», a-t-il déclaré lundi à CTV Your Morning.
«Celle que j'utilise est la suivante: si vous prenez le revenu médian, vous alignez tout le monde du plus bas au plus haut, et si vous prenez ce revenu médian et que vous ajoutez 50 % et soustrayez 50 %, tous ceux qui se situent dans cette fourchette font partie, disons, de la classe moyenne.»
En 2022, le revenu médian après impôt des familles et des personnes seules au Canada était de 70 500 $, selon une étude de Statistique Canada publiée en 2024.
Ce revenu représente une baisse de 3,4 % par rapport à l'étude de l'année précédente.
En outre, le nombre de Canadiens vivant sous le seuil de pauvreté officiel a augmenté en 2022, passant de 7,4 % à 9,9 %.
Cependant, de plus en plus de Canadiens croient appartenir à la classe moyenne alors que ce n'est pas le cas.
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Une enquête Pollara réalisée en 2023 auprès de 3000 Canadiens âgés de 18 ans et plus a révélé que 78 % des Canadiens se considèrent comme appartenant à la classe moyenne, dont 39 % de ceux qui gagnent moins de 20 000 dollars et 92 % de ceux qui gagnent plus de 150 000 dollars.
Selon M. Lander, les Canadiens pourraient se sentir mal à l'aise lorsqu'il s'agit de définir leur revenu comme faible ou élevé, ce qui faciliterait l'utilisation de la notion de classe moyenne.
«Beaucoup de gens vont se dire qu'ils ne sont pas aussi riches qu'ils pourraient l'être et qu'ils ne sont pas aussi pauvres qu'ils pourraient l'être, et qu'ils se situent donc dans la moyenne», relève M. Lander.
«C'est ainsi que l'on se retrouve avec des politiciens qui essaient toujours de plaire aux Canadiens à revenus moyens.»
Lorsqu'on leur demande de définir la classe moyenne avec leurs propres mots, les Canadiens la décrivent le plus souvent comme le fait de vivre confortablement, selon l'enquête Pollara.
Toutefois, M. Lander explique qu'au fil du temps, la classe moyenne a été largement tributaire de la capacité à se procurer des biens essentiels.
«Le besoin initial d'accumuler des appareils électroménagers, d'avoir un réfrigérateur, une cuisinière, puis un lave-vaisselle, une machine à laver et un sèche-linge», explique M. Lander.
«Ensuite, on s'est demandé combien de voitures on possédait. Si vous aviez deux voitures, vous étiez considéré comme ayant un revenu moyen. Mais au départ, deux voitures étaient le signe d'une famille à hauts revenus, de sorte que ce qui était considéré comme normal auparavant devient aujourd'hui d'une normalité déconcertante.»
Aujourd'hui, ajoute M. Lander, lorsqu'on leur demande de définir la classe moyenne, la plupart des Canadiens choisissent de dire qu'elle se définit par le fait de pouvoir payer son loyer ou son hypothèque, ce qui indique que l'on peut vivre confortablement.