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«Un des gestes que je n’ai pas compris de la part du gouvernement a été d’accorder une hausse salariale de 30% aux députés avant de signer une entente avec ses travailleuses et ses travailleurs.»
Les négociations dans le secteur public entrent dans une nouvelle étape avec l’annonce d’une première grève du front commun, le 6 novembre prochain et de plusieurs mandats de grève adoptés avec des majorités écrasantes.
Ce coup de semonce est un avertissement sérieux de la part des syndicats et laisse présager un mois de novembre très orageux si les choses ne changent pas rapidement.
Cependant, des deux côtés, il y a aussi de l’inquiétude parce que l’appui populaire est très fragile et c’est un levier de négociation essentiel pour les deux parties. La prudence et la transparence sont donc de mise dans les prochains jours pour nous convaincre de «choisir le bon côté».
Depuis le début de cette négociation, les syndicats sont particulièrement efficaces dans leurs communications et on réussit à attirer l’appui populaire, notamment en mettant en valeur les services que leurs membres donnent aux citoyennes et aux citoyens chaque jour. Cela se reflète favorablement dans des sondages réalisés auprès du grand public par les centrales syndicales qui présentent des données très positives quant à la perception publique de leurs revendications.
Nous sommes tous affectés par l’inflation à différents niveaux et il existe actuellement une véritable solidarité avec les gens qui travaillent dans le secteur public et qui prennent soin de nos aînés, de nos enfants, de nos malades et de nous dans des contextes difficiles.
Cependant, cet équilibre est fragile. Plus les grèves affecteront le quotidien du public, plus des parents devront prendre congé pour rester avec les enfants, plus de gens devront reporter des soins dans le système de santé et plus on aura tendance à juger durement des demandes syndicales que l’on trouverait exagérées. Il est donc essentiel que la pression des grèves soit appliquée au bon moment pour qu’elle permette de débloquer des situations plutôt que de se prolonger et provoquer une érosion de l’appui populaire.
Un des gestes que je n’ai pas compris de la part du gouvernement a été d’accorder une hausse salariale de 30% aux députés avant de signer une entente avec ses travailleuses et ses travailleurs.
Même si la hausse a été adoptée avec une forte majorité des élus, elle pèse actuellement dans la perception publique et nuit à l’appui que les gens pourraient avoir pour un gouvernement qui prendrait une position inflexible. Il y a également l’offre salariale de 21 % à la Sûreté du Québec qui, même si elle a été refusée, représente une différence majeure avec les montants offerts actuellement qui se situe autour de 13 % sur 5 ans.
Le gouvernement présentera une nouvelle offre dimanche et elle devra marquer nos esprits pour que ce dernier puisse retrouver l’adhésion du public. D’ailleurs, c’est ce public qui paye les hausses salariales, ce qui veut dire que le gouvernement devra aussi démontrer aux contribuables que nous sommes pourquoi nous ne pouvons pas offrir collectivement plus.
À cet effet, après l’offre de dimanche, la mise à jour économique du 7 novembre sera certainement utilisée par le gouvernement dans son cadre narratif, d’autant plus que l’on sait déjà que la situation économique actuelle est difficile.
Lorsqu’une négociation affecte les citoyens comme celle du secteur public, nous sommes parmi les principales cibles de la stratégie de communication des deux parties. En ce moment, je donne un certain avantage aux syndicats, mais le vent peut rapidement tourner. Les prochains jours seront critiques et espérons que les parties s’entendent. Il me semble que, comme citoyens et contribuables, on n’a pas besoin de plus d’instabilité !