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International

Les parties sont encore loin sur l'étendue d'un cessez-le-feu en Ukraine

Chaque camp s'est accusé mutuellement de compromettre les efforts visant à parvenir à une pause dans ce conflit qui dure depuis trois ans.

Sur cette photo prise le 21 mars 2025 et fournie par le service de presse de la 24e brigade mécanisée de l'Ukraine le 24 mars 2025, des militaires assistent à une cérémonie d'hommage aux soldats près de la ligne de front dans la région de Donetsk, en Ukraine. Oleg Petrasiuk/24e brigade mécanisée d'Ukraine via AP
Sur cette photo prise le 21 mars 2025 et fournie par le service de presse de la 24e brigade mécanisée de l'Ukraine le 24 mars 2025, des militaires assistent à une cérémonie d'hommage aux soldats près de la ligne de front dans la région de Donetsk, en Ukraine. Oleg Petrasiuk/24e brigade mécanisée d'Ukraine via AP

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Associated Press
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Les négociateurs américains ont travaillé lundi sur un projet de cessez-le-feu partiel dans le conflit qui dure depuis trois ans en Ukraine, rencontrant des représentants russes au lendemain de discussions séparées avec l'équipe ukrainienne.  

Il a été difficile de parvenir à un cessez-le-feu, même limité à 30 jours — dont Moscou et Kyiv ont convenu sur le principe la semaine dernière —, les deux camps continuant de s'attaquer mutuellement avec des drones et des missiles.

Un point de friction majeur concerne les cibles interdites aux frappes, même après les entretiens du président américain Donald Trump avec les dirigeants des deux pays.

 

Alors que la Maison-Blanche a déclaré que «l'énergie et les infrastructures» seraient couvertes, le Kremlin a dit que l'accord se référait plus spécifiquement aux «infrastructures énergétiques». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également souhaité la protection des voies ferrées et des ports.

Les discussions de lundi à Riyad, la capitale saoudienne, devaient aborder certaines de ces divergences, ainsi qu'une éventuelle pause dans les attaques en mer Noire afin de garantir la sécurité de la navigation commerciale. Les médias d'État russes ont rapporté lundi soir, heure locale, la fin des négociations.

Lors d'un échange avec des journalistes à la Maison-Blanche, Donald Trump a indiqué que les frontières territoriales et la possibilité que les États-Unis acquièrent le contrôle d'une centrale nucléaire clé dans le sud de l'Ukraine figuraient au programme des discussions.

Le président américain avait évoqué la semaine dernière l'idée d'une prise de contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijia par les États-Unis. Cette installation de six réacteurs, l'une des plus grandes au monde, a été saisie par la Russie au début de la guerre.

Depuis son passage sous contrôle russe, l'état de la centrale s'est détérioré. Bien que ses réacteurs soient à l'arrêt depuis des années, ils nécessitent encore de l'électricité et du personnel pour entretenir les systèmes de refroidissement et les dispositifs de sécurité. La centrale est connectée au réseau électrique ukrainien sans produire d'électricité.

Des représentants américains et russes se sont rencontrés dans la matinée à Riyad, ont rapporté les agences de presse d'État russes Tass et RIA-Novosti. Les équipes américaine et ukrainienne se sont rencontrées dimanche.

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Serhiy Lechtchenko, conseiller de la présidence ukrainienne, a déclaré que la délégation était restée à Riyad lundi et prévoyait de rencontrer à nouveau les Américains. Dans son discours lundi soir, Volodymyr Zelensky a annoncé que des représentants ukrainiens et américains se rencontreraient à nouveau, sans toutefois préciser la date.

Grigori Karasine, président de la commission des affaires étrangères de la chambre haute du Parlement russe et participant aux discussions de lundi, a mentionné à l'agence de presse Interfax que les négociations se déroulaient de manière «créative» et que les délégations américaine et russe «comprenaient leurs points de vue respectifs».

Pendant ce temps, la Russie et l'Ukraine ont continué de lancer des attaques à travers leurs frontières.

Le ministère russe de la Défense a annoncé lundi qu'un drone ukrainien avait attaqué une station de pompage de pétrole dans le sud de la Russie, alimentant un oléoduc transportant le pétrole kazakh de la mer Caspienne vers le port russe de Novorossiisk pour exportation. Le drone a été abattu avant d'atteindre la station de pompage.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné lundi que l'armée russe appliquait l'ordre du président Vladimir Poutine de cesser les attaques contre les installations énergétiques pendant 30 jours.

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M. Peskov a accusé l'Ukraine d'avoir fait dérailler le cessez-le-feu partiel en attaquant une station de comptage de gaz à Soudja, dans la région russe de Koursk. L'état-major ukrainien a rejeté les accusations de Moscou et a imputé à l'armée russe le bombardement de la station, une affirmation qualifiée d'«absurde» par M. Peskov.

M. Zelensky a fait valoir que l'Ukraine était ouverte à un cessez-le-feu total de 30 jours proposé par M. Trump. Vladimir Poutine a conditionné un cessez-le-feu complet à l'arrêt des livraisons d'armes à Kyiv et à la suspension de la mobilisation militaire ukrainienne. Ces exigences ont été rejetées par Kyiv et ses alliés occidentaux.

À l'émission «Fox News Sunday», l'envoyé spécial du président Trump, Steve Witkoff, a soutenu s'attendre à «de réels progrès» lors des négociations en Arabie saoudite, et qu'une pause dans les hostilités entre les deux pays de la mer Noire «entraînerait naturellement un cessez-le-feu total».

La Chine exclut tout envoi de forces de maintien de la paix

Interrogé sur les rumeurs selon lesquelles la Chine pourrait envoyer des soldats de la paix en Ukraine pour faire respecter tout futur accord de paix, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a répondu lundi par un non catégorique.

«Je tiens à souligner que ces informations sont totalement fausses. La position de la Chine sur la crise ukrainienne est claire et cohérente», a déclaré M. Guo lors d'un point de presse quotidien.

La Chine a fourni à la Russie des revenus commerciaux tirés du pétrole et d'autres ressources naturelles, ainsi qu'un soutien diplomatique, mais n'a fourni aucune arme ni envoyé de personnel. La Chine entretient cependant des relations étroites avec la Corée du Nord, qui a envoyé des troupes combattre aux côtés de l'armée russe.

Les chemins de fer ukrainiens touchés par une cyberattaque

Une «cyberattaque ciblée massive» a touché dimanche l'opérateur ferroviaire public ukrainien Ukrzaliznytsia, a indiqué l'entreprise sur le réseau social Telegram, précisant que la restauration de ses systèmes était en cours lundi matin.

L'entreprise a précisé que l'attaque n'avait pas affecté la circulation ni les horaires des trains, mais que le système de réservation en ligne était actuellement indisponible.

Par ailleurs, les forces d'opérations spéciales ukrainiennes ont affirmé avoir détruit quatre hélicoptères militaires dans la région russe de Belgorod grâce à des systèmes de roquettes Himars fournis par les États-Unis.

Les troupes russes ont quant à elles tiré 99 drones d'attaque et de leurre sur l'Ukraine dans la nuit de dimanche à lundi, selon l'armée de l'air ukrainienne. Parmi eux, 57 ont été abattus et 36 ont disparu des radars.

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Associated Press
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