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Le zona, une maladie de «vieux»? Moins qu’on le pense.
Le zona, une maladie de «vieux»? Moins qu’on le pense. Chaque année, de jeunes adultes doivent composer avec un épisode de zona, au moment où on voit une tendance à la hausse de cette maladie dans plusieurs tranches d’âge au Québec. Sarah-Maude Chrétien en sait quelque chose.
«C’était extrêmement douloureux. J’ai été incapable de marcher pendant environ deux semaines», raconte la jeune femme, maintenant âgée de 29 ans, qui a été atteinte du zona à 26 ans. Cette maladie infectieuse est causée par la réactivation du virus de la varicelle.
Sarah-Maude avait d’abord remarqué l’apparition de plusieurs petits boutons «en grappe de raisins» derrière sa jambe. Les éruptions cutanées engendrées par le zona suivent les nerfs. Dans le cas de la jeune femme, les boutons rouges se sont étendus le long de son nerf sciatique, de la fesse jusqu’au mollet.
«J’ai même été voir la pharmacienne en montrant une photo de ma cuisse. La pharmacienne m’a dit: ah, ça m’étonnerait que ce soit ça, t’as 26 ans, un zona c’est vraiment pas commun pour les jeunes de ton âge», poursuit Sarah-Maude.
Elle est retournée chez elle, malgré la douleur qui augmentait. «Je me suis réveillée deux jours plus tard et j’étais incapable de marcher», ajoute-t-elle. Elle s’est alors rendue à l’hôpital, où des antiviraux lui ont été prescrits. La prise de ce traitement dans les 72 heures suivant l’apparition des lésions est indiquée pour soigner le zona.
Encore aujourd’hui, Sarah-Maude ressent parfois des spasmes dans sa jambe. Elle se dit aussi surprise du nombre de personnes dans son entourage qui ont eu le zona avant leurs 30 ans.
Dans les dernières années, on remarque une légère hausse des cas de zona dans toutes les tranches d’âge au Québec, à l’exception de celle des enfants, qui ont été plus massivement vaccinés contre la varicelle, explique la Dre Chantal Sauvageau, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive.
Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), une importante organisation nationale américaine en matière de santé publique, les taux de zona sont en augmentation chez les adultes, mais surtout chez les jeunes adultes. L’organisation dit ne pas connaître les causes de cette hausse.
Pour l’instant, au Québec, le vaccin contre le zona est recommandé pour les citoyens de 50 ans et plus. «Les études ont surtout porté sur les 50 ans et plus et c’est normal, parce que c’est vraiment à partir de cet âge-là que l’incidence, donc le risque de développer un zona, augmente et il y a une autre augmentation à 70 ans», évoque la Dre Chantal Sauvageau.
Les personnes immunosupprimées ou ayant une maladie chronique sont les plus à risque de développer un zona dans le groupe des jeunes adultes.
«Est-ce qu’un 30 ans en bonne santé a un risque de faire un zona? Oui, mais il est vraiment plus faible qu’en augmentant en âge, ou en ayant une maladie qui vient nuire à notre système immunitaire. Ce qui fait que dans la balance, au niveau populationnel, il y a vraiment des gains clairs à partir de 50 ans [à la vaccination]», explique la Dre Sauvageau.
La vaccination contre la varicelle semble toutefois porter ses fruits chez les enfants. Une tendance à la baisse du nombre de consultations à l’urgence pour le zona chez les enfants de zéro à neuf ans a été remarquée par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) entre 2014 et 2019. «En effet, il y a une baisse de 45 % entre la période du programme de vaccination à une dose et le programme à deux doses», peut-on lire dans un rapport de l’Institut, publié en novembre 2021.
Sarah-Maude Chrétien a eu un épisode de zona alors qu’elle se trouvait dans une grande période de stress. Et l’anxiété pourrait avoir une incidence sur le développement de cette maladie infectieuse.
«Certaines études montrent que si on a eu récemment un traumatisme, par exemple un accident de la route, un traumatisme physique ou même psychologique, de stress ou d’anxiété, il y a une certaine association, malheureusement, avec l’augmentation du risque de zona», affirme la Dre Sauvageau.
Depuis jeudi, les personnes âgées de 80 ans et plus, de même que les citoyens immunosupprimés de 18 ans et plus, peuvent s’inscrire pour recevoir le vaccin contre le zona gratuitement au Québec.