Début du contenu principal.
«J’ai gagné la course à la chefferie parce que j’avais le support.»
Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Pierre Poilievre, a été contraint de se mettre sur la défensive, mardi, en raison d'informations dans les médias sur l'ingérence étrangère. Il a soutenu que l'ingérence étrangère n'avait pas joué de rôle dans son élection à la direction du parti. Il a plutôt dit que le chef libéral Mark Carney devrait expliquer ses investissements et qu'il aurait un «conflit d'intérêts» avec la Chine.
Le «Globe and Mail» a rapporté mardi matin que des agents du gouvernement indien auraient été impliqués dans la course à la direction du Parti conservateur de 2022 en faveur de M. Poilievre. Radio-Canada a également confirmé ces informations.
Lors d'une annonce sur le logement à Vaughan, en Ontario, en matinée, le chef conservateur a défendu la légitimité de son élection.
«J’ai gagné la course à la chefferie parce que j’avais le support. C’était une victoire massive, je n’avais pas besoin de l’aide de personne», a-t-il affirmé, en français. «Et M. (Patrick) Brown, qui s’est présenté contre moi, a témoigné dans le Parlement que l’ingérence présumée n’a eu aucun effet sur le résultat».
M. Poilievre a rappelé que la commission de la juge Marie-Josée Hogue au sujet de l'ingérence étrangère a montré qu'il n'y a aucune preuve que le Parti conservateur et les candidats étaient au courant d'une ingérence de l'Inde.
Le «Globe and Mail» a rapporté que le SCRS ne disposait d'aucune preuve suggérant que M. Poilievre ou son équipe étaient au courant de l'ingérence présumée et a affirmé que le SCRS n'avait pas communiqué l'information au chef conservateur parce qu'il ne détenait pas d'habilitation de sécurité.
«Je ne m'engagerai pas à respecter le serment de discrétion que les libéraux veulent m'imposer», a réitéré M. Poilievre lorsqu'on l'a interrogé sur sa décision de ne pas obtenir d'habilitation de sécurité.
Il a plutôt accusé les libéraux d'«instrumentaliser» l'enjeu de l'ingérence étrangère, et a soutenu que M. Carney a un «conflit d'intérêts» avec la Chine.
Le chef du PCC a dit qu'après avoir été nommé conseiller économique de l'ancien premier ministre Justin Trudeau, M. Carney s'est rendu en Chine pour rencontrer le vice-président de la banque centrale du pays.
«Deux semaines plus tard, Brookfield, entreprise dont il était le président, a reçu un prêt de 250 millions $. Comment ça se fait que, maintenant, M. Carney ait investi dans une entreprise qui doit 250 millions $ à une banque contrôlée par le gouvernement de la Chine?», a demandé M. Poilievre.
M. Carney a été à la tête de l'entreprise de gestion d'actifs Brookfield Asset Management à partir de 2020, jusqu'à son élection à la tête du Parti libéral.
M. Poilievre a dit que M. Carney devrait expliquer ses actifs et qu'il représente une «menace contre notre pays».
Dans un courriel envoyé à La Presse Canadienne, une porte-parole du Parti libéral du Canada a réagi en écrivant qu'il s'agit d'«une tentative désespérée de Pierre Poilievre pour détourner l'attention du fait qu'il refuse d'obtenir sa cote de sécurité en cette période de crise pour le Canada».
Plus tôt mardi lors d'une conférence de presse à Halifax, M. Carney a qualifié «d'irresponsable» le fait que le chef conservateur n'ait pas obtenu sa côte de sécurité afin de consulter les documents classifiés sur l’ingérence étrangère.
Tous les autres chefs de parti l'ont obtenue, dont M. Carney, qui l'a eue récemment, a-t-il précisé. M. Poilievre a dit que de l'obtenir limiterait sa liberté d'expression.
«C’est bizarre, c’est inacceptable, a affirmé M. Carney, en français. Nous sommes dans un moment dans notre histoire avec des menaces étrangères qui sont extraordinaires. Il faut le faire comme chef.»
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a pour sa part déclaré lors d'un point de presse à Neuville, situé à proximité de Québec, que M. Poilievre pourrait «montrer qu’il est sérieux dans son approche en matière de sécurité nationale» en obtenant sa côte de sécurité et en s'assurant qu'il n'y a personne à l'intérieur de son parti qui était sous influence étrangère.
M. Blanchet a affirmé que M. Poilievre aurait voulu protéger des candidats de sa formation politique en n'obtenant pas sa côte de sécurité.
À Toronto, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a soutenu qu'il est nécessaire de se questionner «pourquoi (Pierre Poilievre) n’a pas décidé de prioriser son pays plutôt que son parti» en obtenant sa côte de sécurité.
Pierre Poilievre était présent mardi matin dans un complexe résidentiel à Vaughan, en Ontario, pour annoncer sa promesse d'éliminer la TPS sur les achats de maisons neuves d'une valeur maximale de 1,3 million $.
Cette annonce s'inscrit dans le prolongement d'un plan proposé par les conservateurs en octobre visant à éliminer la TPS sur les maisons neuves vendues à moins de 1 million $.
"Avec 1 million $ on pouvait acheter un château il y a 10 ans!" @PierrePoilievre
— Étienne Fortin-Gauthier (@EtienneFG) March 25, 2025
"Là, dans plusieurs villes, on ne peut même plus acheter une maison. C'est l'échec libéral"
Promet de couper TPS pour maison de - de 1,3 million (jusqu'à 65 000$ d'économie)@NoovoInfo #elxn45 pic.twitter.com/D5AwLkwEMR
M. Poilevre a assuré que la mesure annoncée mardi permettrait aux acheteurs d'économiser jusqu'à 65 000 $ à l'achat d'une maison neuve.
Ottawa offre actuellement un remboursement partiel de la TPS selon une échelle mobile, mais il exclut les maisons d'une valeur supérieure à 450 000 $, ce qui est inférieur au prix de nombreuses maisons au Canada.
Les conservateurs affirment que leur proposition de réduction d'impôt permettrait d'économiser 40 000 $ sur une maison de 800 000 $ et de réduire les mensualités hypothécaires de 1800 $ par an.
Les conservateurs estiment que cette mesure coûterait entre 3,96 et 4,97 milliards $ et qu'elle serait compensée par les 2,52 milliards $ de recettes provenant de la réduction de la TPS, stimulant ainsi la construction de 36 000 logements supplémentaires.
Les conservateurs affirment également qu'ils «annuleront 8 milliards $ de programmes bureaucratiques inefficaces». Ils assurent que 2 milliards $ restent inutilisés dans le Fonds pour accélérer la construction de logements et soutiennent que le Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement, doté de 5 milliards $ et lancé au printemps dernier avec la date limite de janvier pour la signature des accords de financement avec les provinces, n'a pas permis la construction de logements.
Les conservateurs ajoutent qu'ils inciteraient les municipalités à libérer des terrains, accéléreraient l'obtention des permis et réduiraient les frais d'aménagement pour construire davantage de logements.
Le chef libéral Mark Carney a déjà déclaré que son gouvernement éliminerait également la TPS pour les primo-accédants sur les maisons de 1 million $ ou moins.
Interrogé sur les intentions du PCC au sujet des programmes de soins dentaires, d'assurance-médicaments et de garde d'enfants, M. Poilievre a promis que son gouvernement maintiendrait les régimes fédéraux actuels.
«Nous protégerons ces programmes et personne ne les perdra», a assuré le candidat conservateur. «Nous veillerons à ce que personne ne perde ses soins dentaires.»
Un porte-parole a également déclaré à La Presse canadienne qu'«aucun enfant ne perdra ses services de garde à 10 $ par jour. Nous respecterons les ententes conclues avec les provinces».
Le Régime canadien de soins dentaires (RCSD) a été lancé par le gouvernement libéral en 2023 en échange du soutien du NPD au maintien des libéraux au pouvoir dans un gouvernement minoritaire. Le gouvernement a déclaré qu'au cours de la première année du programme, plus de 1,7 million de Canadiens ont bénéficié de soins dentaires.
Dans une déclaration envoyée à La Presse Canadienne, le parti a annoncé qu'un gouvernement Poilievre honorerait les engagements existants liés au programme de soins dentaires.
Pierre Poillievre a également indiqué que son gouvernement s'attaquerait au coût et à la disponibilité des services de garde d'enfants en simplifiant la bureaucratie afin d'offrir plus de flexibilité aux familles, mais il n'a pas expliqué comment.
«Nous croyons tous qu'il devrait y avoir des services de garde d'enfants plus abordables au pays», a lancé le chef du PCC, affirmant que les politiques libérales ont entraîné une diminution du nombre de places en garderie.
- Avec des informations de Nick Murray à Ottawa.