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Politique

Élections: la guerre commerciale de Trump affectera la question du coût de la vie

«Il faut un double message», prévient un expert.

Des pièces de monnaie en dollars canadiens sont affichées sur une carte le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis, le 9 janvier 2014.
Des pièces de monnaie en dollars canadiens sont affichées sur une carte le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis, le 9 janvier 2014.

Source

La Presse canadienne
La Presse canadienne

La crise de l'accessibilité qui domine la politique canadienne depuis des années continuera de se faire sentir tout au long de la campagne électorale fédérale, mais des experts affirment que le président américain Donald Trump et sa guerre commerciale ajoutent une nouvelle dimension aux inquiétudes des électeurs concernant le coût de la vie. 

Les répercussions d'une inflation élevée depuis des décennies et de taux d'intérêt plus élevés destinés à atténuer la pression sur les prix ont continué de peser sur les ménages canadiens, qui tentent d'augmenter leurs salaires.

 

Ces derniers mois, les partis fédéraux ont concentré leurs discours sur l'atténuation de ces répercussions. Le gouvernement libéral a offert un allègement fiscal temporaire sur de nombreux produits de première nécessité. Les conservateurs ont promis une réduction d'impôt plus durable et plus radicale. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a principalement ciblé la cupidité perçue des PDG d'entreprises.

Le débat national a toutefois changé radicalement lors des semaines avant le début des élections. 

Le retour du président Trump à la Maison-Blanche en janvier s'est accompagné d'une coûteuse guerre commerciale et de déclarations répétées selon lesquelles le Canada devrait devenir le «51e État».

Au début du mois de mars, un sondage Léger a révélé que les Canadiens inquiets pour leurs finances personnelles avaient une nouvelle source d'inquiétude majeure. M. Trump, les droits de douane et l'agression américaine se classaient au premier rang des préoccupations pour 28 % des Canadiens, dépassant l'inflation à 21 %.

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C'est la première fois depuis août 2022 qu'un sondage Léger citait autre chose que l'accessibilité financière comme principale préoccupation des Canadiens.

Sébastien Dallaire, vice-président exécutif de Léger, a indiqué que l'accessibilité financière restera un facteur dans la campagne électorale fédérale, mais que la guerre commerciale avec les États-Unis ajoutera une nouvelle dimension à ce malaise.

«Toute cette incertitude économique s'ajoute à ce qui était déjà un problème majeur pour les Canadiens préoccupés par l'accessibilité financière», a-t-il expliqué.

Avant que M. Trump ne commence à proférer ses menaces de droits de douane, l'inflation oscillait depuis plus d'un an dans la fourchette cible de 1 à 3 % de la Banque du Canada, ce qui a permis à la banque centrale de réduire ses taux d'intérêt.

Randall Bartlett, économiste en chef adjoint du Mouvement Desjardins, a affirmé que l'économie canadienne s'accélérait à l'approche de 2025, les consommateurs reprenant confiance.

Les droits de douane mis à part, il a déclaré que l'année à venir s'annonçait prospère pour le Canada. Cependant, une guerre commerciale prolongée avec les États-Unis entraînera une hausse du chômage au Canada et de nouvelles hausses de prix sur les biens vulnérables aux perturbations commerciales, a-t-il ajouté.

Desjardins prédit que si les droits de douane demeurent en vigueur pendant une période prolongée, une récession pourrait frapper le Canada dès le deuxième trimestre de cette année.

Bien qu'un large soutien public soit actuellement en faveur d'une riposte aux droits de douane de M. Trump, qui alourdit le coût des importations américaines au moment même où le dollar canadien s'affaiblit, M. Bartlett a soutenu que ce sentiment pourrait changer lorsque les Canadiens commenceront à ressentir les effets de ces représailles sur leur portefeuille.

«Je pense que le regain de patriotisme au Canada a au moins masqué, pour l'instant, les véritables difficultés économiques que les Canadiens subiront au cours des deux prochaines années si ces droits de douane restent en vigueur», a-t-il indiqué.

M. Dallaire a dit que chaque chef de parti fédéral aura une double tâche durant la campagne : convaincre les Canadiens qu'ils sont la personne idéale pour gérer le président Trump et qu'ils ont un plan pour les aider à traverser la guerre commerciale.

«Il faut un double message», a-t-il affirmé.«Il ne s'agit pas uniquement d'essayer de faire changer d'avis Trump. Il faut plutôt se demander comment atténuer le choc pour les Canadiens dès maintenant.»

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La Presse canadienne
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