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Si bien des poolers se plaisent à rejeter l’étiquette de «débutant», ils devraient toutefois prendre garde au danger le plus fréquent qui les guette: celui de surestimer leurs connaissances ou le temps à leur disposition au moment de choisir leur pool.
Pour l’amateur de hockey, certains signes de ne mentent pas et témoignent du retour imminent de notre sport national: le tournoi des recrues, le tournoi de golf de la Fondation des Canadiens pour l’enfance, le match des «Rouges contre les Blancs» et, bien sûr, les convocations aux traditionnels pools de hockey.
Il existe à peu près autant de types de pool de hockey qu’il y a de joueurs dans la Ligue nationale de hockey et le premier conseil que je donne est de choisir un pool dont les règlements sont adaptés à votre emploi du temps et niveau de connaissance générale de hockey. Pour les débutants, le Grand Pool de RDS, qui rassemble près de 45 000 poolers au moment d’écrire ces lignes, représente une formule idéale en donnant l’occasion de bénéficier de conseils d’experts ou des choix de la communauté.
Si bien des poolers se plaisent à rejeter l’étiquette de «débutant», ils devraient toutefois prendre garde au danger le plus fréquent qui les guette: celui de surestimer leurs connaissances ou le temps à leur disposition au moment de choisir leur pool. Par exemple, certains pools impliquent le respect constant du plafond salarial, de conserver son alignement d’une saison à l’autre, de choisir un alignement partant chaque semaine, etc. Ce genre de pool se révèle chronophage et seuls ceux qui sont prêts à faire les sacrifices qui s’imposent dans leur vie personnelle ont une chance de l’emporter.
Je me souviens d’une saison lors de laquelle j’étais en première position d’un pool de ce genre, après avoir été dans le top 3 pendant toute l’année. À deux semaines de la fin de la saison, j’avais fait un changement d’alignement en me fiant sur l’impact du contrat d’un joueur sur le plafond salarial plutôt que son salaire annuel comme prescrit par les règlements du pool. Une erreur d’inattention, alors que je travaillais sur mon pool tard le soir, après avoir vaqué à mes obligations professionnelle et familiale. Résultat ? Le gars qui se trouvait en deuxième position logea un protêt et je fus disqualifié, alors que je m’apprêtais à gagner la coquette somme réservée au gagnant du pool. Une expérience traumatisante.
La conciliation famille-pool est un sujet tabou. Pourtant, je remarque que j’obtenais de bien meilleurs résultats dans mes pools à l’époque où j’étais célibataire. À cette époque, en plus des 82 matchs du CH, je regardais une bonne centaine de parties en saison régulière en plus de dizaines de matchs de séries; ce qui est très difficile, voire impossible à faire, en couple à l’ère où la mode est à dévorer des séries télé en webdiffusion en amoureux.
Dans la majeure partie des cas, le pool de hockey ne sera pas une raison suffisante pour terminer votre relation. Par contre, si votre couple vivote et que vous devez peser le pour et le contre afin d’y mettre fin, sachez que vous pouvez mettre l’amélioration de votre classement au pool de hockey dans la colonne des «pour». Si vous ne souhaitez pas explorer des solutions aussi drastiques pour monter en grade dans la confrérie des poolers, vous pouvez aussi identifier un célibataire endurci de votre entourage qui ne vit que pour le hockey. Le genre de gars un peu taciturne qui connaît par cœur de quel côté lancent les joueurs de toutes les équipes juniors au Canada est la perle rare quand vient le temps d’aller chercher des conseils, sans avoir à subir soi-même les conséquences personnelles qui viennent inévitablement avec l’accumulation d’un tel niveau de connaissance sur le hockey.
Blague à part, dans la vie comme au hockey, la préparation en amont est ce qu’il y a de plus important pour bien performer lors d’un instant critique, comme celui de transmettre ses choix pour un pool.
Je suggère de consulter les statistiques des joueurs que vous convoitez, sur les deux-trois années précédentes. En effet, non seulement faut-il voir à quel point un joueur a performé l’année dernière, mais encore faut-il être en mesure de percevoir la tendance qui se dégage chez un certain joueur. Il faut savoir que plusieurs facteurs l’influenceront : la direction dans laquelle s’en va son équipe, son développement personnel, son temps de glace prévisible, son âge, etc.
Il faut aussi prendre un certain nombre de risques calculés. Par exemple, sur un pool de dix participants rassemblant une quinzaine de joueurs, il sera impossible de ne compter que sur des super vedettes. Le gagnant du pool sera donc souvent celui qui aura été en mesure d’identifier quel joueur aux statistiques modestes la saison précédente sortira de sa coquille cette année, ce que les experts de TSN appellent un «breakout year».
La question des gardiens de but peut se révéler épineuse. Dans certains pools, les joueurs peuvent en choisir, dans d’autres, ils peuvent les ignorer. Dans plusieurs pools les participants doivent jeter leur dévolu sur un gardien. Et les cerbères peuvent se révéler des actifs intéressants. Mais attention, il ne reste que très peu de gardiens qui disputent plus de 60-65 parties par saison et ceux qui jouent pour des équipes gagnantes partent rapidement.
Et quelle place accorder aux joueurs du Canadiens là-dedans?
C’est un couteau à double tranchant, car si l’amateur montréalais à une meilleure connaissance des joueurs du Canadiens et est souvent mieux en mesure de prédire qui connaîtra un «breakout year», une variable importante risque de fausser la donne : l’amour. Parce que oui, on les aime, ces petits Gars-là. Et on risque de perdre toute objectivité quand il est question d’eux.
Or, un pool de hockey, ça se gagne avec sa tête, pas avec son cœur. Dans mon cas, je préfère me faire violence et ignorer de sélectionner des joueurs du CH, pour les pools de saison régulière. D’ailleurs, je remarque que mes prédictions pour les pools de séries éliminatoires sont bien plus justes quand Canadiens ne participe pas au tournoi printanier, car ma religion m’empêche de parier contre eux. Pour le meilleur et pour le pire.
Mais trêve de palabres et passons aux «vraies affaires». Quels seraient mes choix, dans certaines catégories névralgiques?
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Meilleur pointeur: Si vous avez la chance de repêcher premier dans votre pool, vous ne pouvez pas vous tromper en sélectionnant Connor McDavid. Il n’est pas à la veille de perdre sa couronne de meilleur pointeur de la ligue.
Meilleur buteur: Certains pools accordent deux points par but et il faut donc accorder une attention particulière à la colonne des buts marqués. Mon petit doigt me dit que McDavid sera encore le premier buteur cette saison, mais comme il est certain de partir premier dans tout pool qui se respecte, il faut se demander quels seront les principaux prétendants. J’aurais une préférence pour des gars comme Tage Thompson, Jack Hughes et Miko Rantannen avant de repêcher Pastrnak ou Brayden Point, car je prévois une baisse de régime chez les Bruins et le Lightning. Et si Auston Matthews a fini 14e buteur de la ligue l’an dernier, je ne serais pas du tout surpris de le voir revenir dans le top 5 cette saison. Dans son cas, c’est en séries que ça va se gâter…
Gardien: Seulement sept gardiens ont joué plus de 60 matchs la saison dernière. Du nombre, Vasilievskiy va manquer près de deux mois d’activité. J’irais avec Georgiev, Shesterkin ou Hellebuyck assez tôt dans le pool, car si vous attendez après le 3e round, il risque de ne plus rien y avoir de bon de disponible.
Les éclosions: Des gars comme Trevor Zegras, Matt Boldy et Barret Hayton devraient connaître des progressions intéressantes et devraient être repêchés plus haut que leur nombre de points de la saison dernière le laisse présager.
Les choix chez le CH: Le CH compte quelques choix intéressants en matière de candidat à une année d’éclosion («breakout year»), dont le plus évident est Cole Caufield. S’il demeure en santé, la barre des 50 buts est à sa portée. Kirby Dach en dernier tiers de pool et Juraj Slafkowsky à la toute fin pourraient aussi représenter un pari intéressant. Suzuki devrait être le premier joueur du CH sélectionné dans votre pool, lui dont la production devrait dépasser 70 points cette saison.
Le sort de Connor Bédard: On répète souvent que ce jeune prodige est un talent «générationnel». À l’instar de Crosby, Ovechkin et McDavid, il devrait fracasser le plateau des 100 points, dès son arrivée dans la ligue. Il devrait donc partir dans le top-10 de tout pool qui se respecte et dans le top-5 si quelqu’un est prêt à risquer un peu.