«Je suis content de prendre ce temps-là et de me donner cette permission-là, malgré les responsabilités qui sont les miennes», a affirmé «GND» en partant pour son congé de paternité il y a quelques semaines.
Les pères québécois profitent-ils comme ce politicien de leur congé de paternité qui leur est offert depuis 2006? On sait qu'ils ont droit à cinq semaines de base et à 32 semaines qui peuvent être réparties entre la mère et le père.
Noovo Info a appris auprès du Conseil de gestion de l’assurance parentale que les couples québécois sont deux fois plus nombreux à se partager les semaines partageables depuis 2006.
«Ça veut dire que les parents ont discuté entre eux pour trouver la meilleure solution possible», a constaté Raymond Villeneuve, directeur du Regroupement pour la valorisation de la paternité, en entrevue avec Noovo Info. «Ça, c'est vraiment, vraiment encourageant. Cependant, ça veut dire aussi qu'il y a comme un 60 % des pères, des couples qui ne partagent pas le quart.»
Deuxième statistique à laquelle Noovo Info a eu accès: la durée moyenne du congé des pères a augmenté de plus de 20%, passant de 8 semaines et demie en 2006 à un peu plus de 10 semaines en 2020.
«Chaque heure, chaque journée, chaque semaine qu'on passe avec notre nouveau bébé, c'est bon», se réjouit encore M. Villeneuve. «Mais il ne faut pas oublier que les pères prennent en moyenne dix semaines. Les mères prennent encore 45 semaines, donc il y a quand même encore un écart.»
«Au fur et à mesure que de plus en plus de pères voient les autres pères s'impliquer davantage, prendre plus de temps pour avoir des moments de qualité avec l'enfant, ces pères vont être plus enclin à faire de même.»
Noovo Info est allé à la rencontre de Raphaël, un jeune père qui, tout comme Gabriel Nadeau-Dubois, a pris trois mois de congé, pour mieux comprendre de telles motivations.
«C'est pour passer du temps avec l'enfant, soulager ma conjointe, mais aussi pour le bien-être de la famille», explique-t-il. «Je trouve que ce sont vraiment des moments intenses qu’on passe ensemble.»
Des impacts positifs pour les mères
De surcroît, les femmes ne sont pas en reste lorsque les hommes prennent plus de congés.
«Les bonnes habitudes ou les moins bonnes habitudes se prennent très tôt quand on parle des couples», commente Raymond Villeneuve du Regroupement pour la valorisation de la paternité. «Donc, si t’as un modèle plus traditionnel où maman fait beaucoup de choses et papa fait pas grand-chose, ça risque fort de perdurer. […] C’est comme si notre société mettait encore davantage de pression sur les mères. Donc, on dit que c'est aux mères à s'occuper des enfants, les éduquer mais, en même temps, on dit il faut partager 50-50.»
Raphaël comprend bien cela: «Si on passe toute une journée avec l'enfant, on voit bien ce qu'il faut faire au niveau de prendre soin de l'enfant – préparer le repas, prendre le bain… On voit comment la journée passe vite.»
Le fait que les pères prennent plus leur congé de paternité a permis aux mères de s'affirmer sur le marché de l'emploi. Le taux d'emploi féminin est passé de 79% à 87 % depuis 2008.