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L'homme est accusé d'avoir introduit clandestinement des marchandises interdites destinées à l'armée pakistanaise pendant plus de 15 ans.
Les autorités américaines ont arrêté un homme de 67 ans de Surrey, en Colombie-Britannique, accusé d'avoir introduit clandestinement des marchandises interdites destinées à l'armée pakistanaise et à son programme d'armement nucléaire pendant plus de 15 ans.
Le département de la Justice des États-Unis a annoncé vendredi dans un communiqué que Mohammad Jawaid Aziz avait été arrêté le 21 mars alors qu'il tentait d'entrer aux États-Unis depuis la Colombie-Britannique.
Le département affirme que l'homme, également connu sous les noms de Jawaid Aziz Siddiqui et Jay Siddiqui, a introduit clandestinement des articles contrôlés à l'exportation d'une valeur de plusieurs «millions de dollars» des États-Unis vers le Pakistan, notamment des postes de travail industriels, un appareil de conduction thermique et une pompe centrifuge.
«De 2003 à mars 2019 environ, Siddiqui a exploité un réseau d'approvisionnement illicite par l'intermédiaire de sa société canadienne Diversified Technology Services, a indiqué le communiqué du ministère. L'objectif du réseau était d'obtenir des marchandises d'origine américaine pour le compte d'entités interdites au Pakistan, associées aux programmes nucléaire, de missiles et de drones du pays.»
Aucune de ces allégations n'a été prouvée devant les tribunaux.
Un jeune homme a ouvert la porte lundi à Surrey, dans une maison grise à plusieurs étages que les autorités américaines considèrent comme la résidence d'Aziz et l'adresse de Diversified Technology Services.
Il a refusé de commenter la situation.
L'homme, qui n'a pas souhaité s'identifier, a répondu «non» lorsqu'on lui a demandé si Aziz bénéficiait d'un avocat susceptible de commenter l'affaire ou de confirmer des détails.
Selon le département américain de la Justice, Mohammad Jawaid Aziz, qui possède la double nationalité pakistanaise et canadienne, était toujours en détention vendredi, en attendant son transfert au Minnesota, où se déroule l'essentiel de l'enquête.
L'acte d'accusation indique que le Pakistan a procédé à son premier essai nucléaire en 1998, et que les États-Unis ont imposé des restrictions à l'exportation à ce pays et aux entités liées aux programmes militaires pakistanais depuis lors.
L'acte d'accusation, partiellement rendu public, indique qu'Aziz possédait et exploitait Diversified Technology Services et utilisait cette entreprise dans le cadre d'un système visant à «exporter volontairement (...) des marchandises des États-Unis vers des entités pakistanaises figurant sur la liste des entités du ministère du Commerce, sans avoir obtenu au préalable les licences requises».
«Par l'intermédiaire de Diversified Technology Services, ainsi que d'autres entreprises auxquelles il faisait appel à des fins similaires, (Aziz) contactait des entreprises américaines pour se procurer les marchandises demandées par les entités pakistanaises soumises à des restrictions», précise l'acte d'accusation.
Le document judiciaire indique que les personnes impliquées dans le stratagème présumé «soumettaient ensuite des devis» aux entités pakistanaises soumises à des restrictions, sur la base des informations tarifaires américaines, et ajoutaient un «surcoût» pour tirer profit de la transaction.
«Si l'entité pakistanaise soumise à des restrictions acceptait l'offre des coconspirateurs, les accusés et leurs coconspirateurs effectuaient le paiement des marchandises et (…) faisaient en sorte que les marchandises nécessaires soient exportées directement vers le Pakistan, ou transbordées vers le Pakistan via un pays tiers», précise l'acte d'accusation.
Les autorités américaines affirment que le défendeur n'aurait «à aucun moment» révélé aux entreprises américaines que les marchandises qu'il vendait finiraient entre les mains d'un utilisateur final interdit au Pakistan.
Ces utilisateurs finaux incluraient l'agence spatiale pakistanaise, qui, selon les États-Unis, développe les missiles balistiques du pays, et des entreprises associées à la Commission pakistanaise de l'énergie atomique.
L'acte d'accusation précisait qu'une partie des marchandises serait réceptionnée par Aziz à son domicile de Surrey, d'où elles seraient ensuite expédiées au Pakistan.
Parmi les articles présumés avoir été exportés illégalement entre 2013 et 2018 figuraient près de 800 000 $ US de marchandises, dont un interféromètre laser d'une valeur de plus de 200 000 $ US utilisé pour mesurer des composants optiques.
Aziz est accusé de violation des lois américaines sur les exportations et de complot. Les infractions à la législation sur les exportations sont passibles d'une peine maximale de 20 ans de prison.
L'acte d'accusation indique qu'une partie de l'opération qui a piégé Aziz impliquait un agent gouvernemental infiltré se faisant passer pour un représentant de l'une des sociétés américaines.