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Société

La pénurie d'intervenantes sociales pèse lourd en Estrie

Des intervenantes déplorent la décision du CIUSSS Estrie-CHUS de faire appel à des travailleurs de la santé d'autres secteurs - en dépendance et en santé mentale notamment - pour leur prêter main-forte.

Le ministre responsable des Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, répond aux questions des journalistes à l'Assemblée législative de Québec le 1er mai 2019.
Le ministre responsable des Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, répond aux questions des journalistes à l'Assemblée législative de Québec le 1er mai 2019.
/ Noovo Info

La direction du RÉCIFS - un organisme à but non lucratif représentant plus de 700 intervenantes sociales dans le tout le Québec - s'indigne des solutions apportées par le CIUSSS de l'Estrie-CHUS à la pénurie d'intervenantes sociales de sa Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

 

En raison d'une demande élevée venant de la clientèle jeunesse et du manque de travailleurs et de travailleuses sur le terrain, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS, jugeant la situation urgente, a récemment demandé à des travailleurs de la santé d'autres secteurs, dont ceux de la dépendance et de la santé mentale, de prêter main-forte aux intervenantes sociales de la DPJ.

Une décision que déplore le RÉCIFS, un regroupement de personnes qui exercent la profession d’intervenantes sociales au Québec.

«On ne peut pas former en quelques heures des travailleuses sociales d'autres programmes du CIUSSS pour remplacer des intervenantes formées par et pour la DPJ. C'est un non-sens, c'est même dangereux pour notre population», a martelé la présidente du RÉCIFS, Marjolaine Goudreau, dans un communiqué acheminé aux médias.

Voyez le reportage d'Alexandra Paré dans la vidéo liée à l'article.

Mme Goudreau ajoute que la solution réside notamment dans la formation d'intervenantes sociales et dans l'octroi de meilleures conditions de travail, «dont une charge de cas normale».

«Surtout, arrêtez d'embaucher des intervenantes d'agence pour combler le manque de personnel », a demandé Mme Goudreau.

La présidente du RÉCIFS est d'ailleurs d'avis que plus de deux ans après la parution du rapport Laurent, «peu a été fait pour éliminer la pénurie de personnel professionnel dans les DPJ du Québec.»

«On se retrouve toujours avec le même défi : des charges de travail écrasantes qui mènent les intervenantes à tomber en congé de maladie ou à quitter la profession. Il faut que ça cesse et que le ministre Carmant [Lionel Carmant, ministre responsable des Services sociaux] fasse un geste significatif pour changer  la donne», a conclu Mme Goudreau.

Du côté de la députée de l'Estrie, la solidaire Christine Labrie, on qualifie ces pratiques «d'inquiétantes».

Dans des communications avec Noovo Info, la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS a affirmé que celui-ci collaborait avec les différents départements pour le mieux de la santé des patients.