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«On est en train (...) d'actualiser (...) notre programme.»
Québec solidaire (QS) n'aurait pas dû laisser sa candidate Nadia Poirier toute seule lors de la soirée électorale dans Terrebonne. «C'était une erreur», a reconnu lundi la co-porte-parole du parti, Ruba Ghazal.
En point de presse à l'Assemblée nationale, Mme Ghazal est revenue sur les derniers jours qui ont été pénibles pour QS, disant vouloir que le parti retrouve son «étoile polaire».
Non seulement QS a obtenu un score désastreux lors de l'élection partielle dans Terrebonne, mais il a dû, trois jours plus tard, encaisser l'annonce du départ de sa figure de proue, Gabriel Nadeau-Dubois.
Ce dernier a annoncé, jeudi dernier, qu'il quittait son poste de co-porte-parole masculin et renonçait à se représenter aux élections de 2026.
«Je veux parler à (...) toutes les personnes qui ont à cœur le progrès social au Québec. Je sais leurs inquiétudes, leur sentiment d'insécurité et leur besoin de trouver des solutions. (...) Je veux les rassurer», a déclaré Mme Ghazal, lundi.
Elle a affirmé qu'elle entend poursuivre les «chantiers» amorcés par son collègue Nadeau-Dubois dans l'espoir de former le prochain gouvernement.
«On est en train (...) d'actualiser (...) notre programme, a-t-elle expliqué. Il y a eu des changements qu'on a faits (...) pour simplifier le fonctionnement de notre parti. (...) On les continue.»
Sacrée cheffe parlementaire de QS vendredi dernier, Ruba Ghazal confie sentir, face à la droite montante, «le poids de la responsabilité que nous avons aujourd'hui».
«Nous sommes le seul et unique parti de gauche au Québec, a dit constater la députée de Mercier. Partout où je vais, les gens me disent: "On a besoin de vous. Bravo pour ce que vous faites, vous portez notre voix".»
«Donc, je veux qu'on soit cette gauche assumée, décomplexée, qui n'a pas peur.»
Malheureusement, «on n'est pas entendus», a-t-elle déploré, tout en balayant l'idée de fusionner avec le Parti québécois, qui, lui, trône au sommet des sondages d'opinion depuis plusieurs mois.
«Ma vision, (...) c'est un nationalisme inclusif. Il faut qu'on inclue tout le monde. (...) Ce projet-là n'est pas partagé par (le chef péquiste) Paul St-Pierre Plamondon, qui a d'autres obsessions, notamment le wokisme», a-t-elle lancé.
La co-porte-parole de QS admet que le parti de Françoise David et d'Amir Khadir, qui a vécu de nombreuses crises internes depuis un an, doit retrouver son «étoile polaire».
Dans un long plaidoyer, elle a déclaré que QS devait redevenir le parti des travailleurs et lutter notamment contre «la crise du coût de la vie et le délabrement de nos services publics».
Par ailleurs, Mme Ghazal a dit regretter le traitement réservé à Mme Poirier lors de l'élection partielle dans Terrebonne.
Rappelons que Mme Poirier s'est vidé le cœur mercredi dernier dans une conversation sur Reddit, déplorant n'avoir reçu que très peu d'aide de QS pendant la campagne, qui s'est étalée du 11 février au 17 mars.
«C'était une erreur qu'il n'y ait aucun élu qui soit présent (le soir de l'élection). Je prends ce blâme-là», a déclaré Mme Ghazal pour la première fois lundi.
QS déclenchera bientôt une troisième course au porte-parolat en deux ans, cette fois-ci afin de pourvoir le poste de co-porte-parole masculin; d'ici là, c'est le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, Guillaume Cliche-Rivard, qui assurera l'intérim.
Le nouveau co-porte-parole sera élu lors du congrès de la formation politique, qui se tiendra du 7 au 9 novembre prochains. M. Cliche-Rivard a confirmé lundi qu'il ne sera pas de la course, évoquant des raisons familiales.