Santé

Début de la saison de la grippe: les pharmaciens peinent à s’approvisionner en vaccins

Ils craignent que ces retards n’incitent les gens à renoncer purement et simplement à se faire vacciner.

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Saison de la grippe précoce: Québec presse la population à risque de se faire vacciner La prise de rendez-vous est maintenant disponible pour obtenir le vaccin contre la grippe, la COVID-19 ainsi que le virus respiratoire syncytial (VRS).

La campagne de vaccination saisonnière du Québec pour 2026 a officiellement débuté le 20 octobre, mais plusieurs pharmaciens affirment avoir du mal à répondre à la demande. Ils craignent que ces retards n’incitent les gens à renoncer purement et simplement à se faire vacciner.

Dans sa pharmacie située au centre d’achats Galerie des Sources, le pharmacien Fady Kamel explique que les clients comptent sur la possibilité de se faire vacciner contre la grippe, la COVID-19 et le VRS, mais que certains doivent patienter.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Nous n’avons pas reçu la totalité de notre approvisionnement», a-t-il dit. «Nous n’en avons reçu qu’une partie. Ainsi, pour le vaccin contre la grippe, nous sommes actuellement bien approvisionnés. Nous avons beaucoup de vaccins contre la grippe. Pour la COVID, les livraisons arrivent encore au compte-gouttes.»

M. Kamel ajoute que le manque de transparence dans la chaîne d’approvisionnement rend difficile de savoir quand les doses arriveront.

«Nous consultons le système (informatique) sur lequel nous passons nos commandes et nous devons y accéder toutes les heures ou toutes les deux heures, et nous appelons notre maison mère pour essayer de savoir quand les livraisons arriveront», a expliqué M. Kamel.

Le président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, Benoit Morin, affirme que la campagne de vaccination est compliquée en raison du grand nombre d’intervenants.

«Il y a le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial, Santé Québec, les grossistes et tout le reste», a-t-il rapporté. «Nous sommes au bas de la chaîne, et nous devons coordonner toutes les différentes étapes pour que le vaccin parvienne à nos pharmacies.»

Santé Québec a affirmé qu’il n’y avait pas de pénurie de doses et qu’elle recevait celles-ci en trois lots.

«Toutes les personnes qui prennent rendez-vous auront accès à leur vaccin, car une quantité suffisante a été allouée», a précisé la porte-parole Marianne Paquette, ajoutant que les grossistes se chargeaient de la distribution.

En 2026, Santé Québec avait enregistré environ 140 000 rendez-vous de plus par rapport à la même période l’année dernière.

«La réponse a été particulièrement encourageante parmi les groupes cibles, notamment chez les personnes âgées de 65 à 69 ans et de 70 à 74 ans, dont beaucoup prennent rendez-vous», a ajouté la porte-parole Marianne Paquette. «Ces résultats témoignent d’une forte participation à la campagne de vaccination et de l’importance que les gens accordent à se protéger contre les virus respiratoires cet automne et cet hiver.»

La saison de la grippe est commencée La saison de la grippe est bien entamée. La Santé publique du Québec rappelle qu'elle est arrivée plus tôt qu'à l'habitude. Les autorités invitent la population à se faire vacciner le plus rapidement possible. Contrairement aux années précédentes, le vaccin n'est pas gratuit pour tous, mais seulement pour les clientèles vulnérables. On parle des personnes âgées de 65 ans et plus, des résidents des CHSLD et des ressources intermédiaires, les personnes vivant avec une maladie chronique, les femmes enceintes, les proches aidants ainsi que le personnel de la santé. L’Association des bannières et des chaînes de pharmacies du Québec rappelle que plus de 75 pharmacies de l'Estrie participent à la campagne de vaccination et offriront des rendez-vous à la population à compter du 20 octobre.

Zan He, pharmacien et propriétaire d’une pharmacie à Pincourt, explique que lorsque les vaccins sont livrés en retard, certaines personnes finissent par abandonner.

«Souvent, nous les perdons», a-t-il déploré. «Il y a un patient qui souhaitait se faire vacciner, mais comme nous ne pouvons pas recevoir les doses à temps, il ne se fera tout simplement pas vacciner.»

Benoit Morin affirme qu’il reste encore du temps au Québec pour corriger les problèmes de sa chaîne d’approvisionnement. «Nous avons encore du temps devant nous. Nous avons des rendez-vous disponibles. Il y en aura davantage, mais cela durera au moins jusqu’en janvier», a-t-il avancé.

Zan He estime que ce délai n’est pas idéal. «Si je les reçois après Noël ou pendant la semaine de Noël, les gens ne viendront pas», a-t-il souligné.

Selon le pharmacien, les retards dans la livraison des doses pourraient également entraîner du gaspillage.

«Nous gaspillons toujours des vaccins», a mentionné M. He. «C’est aussi l’argent des contribuables. Chaque année, en moyenne, nous gaspillons environ 10% des vaccins parce que nous ne les recevons pas assez tôt.»

Néanmoins, ces pharmaciens affirment que les gens ne devraient pas renoncer à se faire vacciner, même s’ils doivent passer plusieurs appels.