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La crise des opioïdes persiste malgré les progrès, selon le gouvernement fédéral

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Carl Gladue aide à porter un cercueil vide lors d'une marche pour souligner la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, à Vancouver, le jeudi 31 août 2023. LA PRESSE CANADIENNE Carl Gladue aide à porter un cercueil vide lors d'une marche pour souligner la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, à Vancouver, le jeudi 31 août 2023. LA PRESSE CANADIENNE (DARRYL DYCK)

Le gouvernement fédéral affirme que la crise des drogues illégales continue d’avoir des effets dévastateurs, malgré une baisse du nombre de décès liés aux opioïdes l’année dernière.

Les responsables fédéraux de la santé ont indiqué lundi que les taux de décès par intoxication aux drogues à l’échelle du pays ont baissé de 23 % en 2025 en raison de plusieurs facteurs, notamment la distribution de naloxone et les changements dans l’approvisionnement en drogues.

Les responsables ont également affirmé que les hospitalisations liées aux opioïdes ont diminué de 12 % l’année dernière.

Ils soulignent toutefois que ces changements sont inégaux et que les progrès restent fragiles.

Le nombre de décès liés aux opioïdes au Canada demeure plus élevé qu’il y a dix ans, lorsque la crise des drogues a éclaté.

Le gouvernement a enregistré plus de 5600 décès apparemment liés aux opioïdes l’année dernière, soit une moyenne de 15 vies perdues chaque jour.

Il a signalé 4920 hospitalisations pour intoxication liée aux opioïdes en 2025, soit une moyenne de 13 par jour.

La Dre Joss Reimer, administratrice en chef de la santé publique, a déclaré que même si les chiffres d’une année à l’autre indiquent une évolution dans la bonne direction, ils restent «inacceptablement élevés et bien supérieurs aux niveaux d’avant 2020».

«Nous ne devons pas oublier que derrière chaque chiffre, chaque statistique, se cache une personne. Chaque surdose est une tragédie, causant un traumatisme profond et durable aux familles, aux amis et à des communautés entières», a souligné Mme Reimer lors d’une conférence de presse lundi.

«C’est pourquoi nous ne pouvons pas perdre notre élan. Pour maintenir ces progrès et faire baisser encore davantage ces chiffres, il faudra poursuivre une action coordonnée.»

La Dre Reimer a également averti que, bien que la naloxone soit utilisée efficacement pour contrer les surdoses d’opioïdes, l’offre de drogues illégales au Canada contient davantage de benzodiazépines et de substances qui ne réagissent pas à la naloxone.

Le gouvernement a évoqué des initiatives visant à analyser les eaux usées à la recherche de traces de drogues, ainsi que des services d’analyse nationaux permettant de mieux identifier et de réagir concernant les nouvelles drogues dangereuses au Canada. 

Il a également cité le renforcement des mesures aux frontières pour soutenir les efforts des agents chargés de l’application de la loi visant à détecter et à intercepter le trafic de drogues illégales.

La ministre de la Santé, Marjorie Michel, a dit lors de la conférence de presse qu’il n’existait «pas de solution miracle» pour résoudre une crise enracinée dans un ensemble complexe de problèmes, notamment la santé mentale, la pauvreté, les traumatismes, le besoin de logements supplémentaires et l’accès aux soins.

Les approches dogmatiques et uniformisées ne constituent pas la bonne voie à suivre, a-t-elle soutenu.

Consommation supervisée

Elle a noté que les provinces ont adopté des positions différentes concernant les sites de consommation supervisée. Certaines ont élargi leurs services, d’autres ont fermé des sites et d’autres encore ont imposé des restrictions sur leur emplacement.

Si Santé Canada joue un rôle en accordant des dérogations et en soutenant les mesures de santé publique, il n’appartient pas au gouvernement fédéral d’imposer ou de dicter les choix locaux concernant ces sites, a affirmé Mme Michel.

Mme Reimer a déclaré que la consommation supervisée est «un outil important, au même titre que la prévention», la réduction des méfaits et les options de traitement, et qu’elle souhaite «que toutes ces options restent accessibles à la population».

La ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, a fait valoir que les communautés autochtones continuent de supporter un fardeau disproportionné lié aux taux élevés de surdoses, à la toxicomanie, aux problèmes de santé mentale et au suicide.

Dans quelque 67 communautés, la crise des drogues illégales s’est aggravée à un point tel que les dirigeants locaux ont déclaré l’état d’urgence, a-t-elle rapporté lors de la conférence de presse.

«Au cours de l’année écoulée, nous avons pu étendre les services communautaires de soutien en matière de santé mentale et de toxicomanie dans les communautés des Premières Nations et des Inuits, a-t-elle expliqué. Cela inclut un accès accru à la naloxone, des options de traitement en ligne et des partenariats renforcés pour améliorer l’accès aux soins.»

Kevin Brosseau, le «tsar du fentanyl» qui dirige les actions fédérales de lutte contre le commerce illicite, a déclaré que les dernières données lui donnaient «de l’espoir», même si la lutte est loin d’être terminée.

M. Brosseau, nommé à ce poste l’année dernière en réponse aux préoccupations des États-Unis concernant le fentanyl, a indiqué qu’il se rendrait à Washington pour informer les responsables américains de ces chiffres.

Il a insisté sur le fait que bon nombre des messages qu’il a transmis aux responsables américains «ont été bien accueillis».

Les statistiques indiquent que seules de petites quantités de fentanyl sont interceptées chaque année à la frontière canado-américaine.

M. Brosseau a souligné que le trafic de drogue au Canada «repose en grande partie sur la production nationale destinée à la consommation nationale».

Jim Bronskill

Jim Bronskill

Journaliste

Sarah Ritchie

Sarah Ritchie

Journaliste