Le commandant de bord indien Smit Machchhar, attaqué au couteau par son copilote à bord d’un vol flydubai reliant les Émirats à Israël, a raconté avoir livré un ultime effort pour empêcher l’avion de s’écraser, dans ses premières déclarations rendues publiques vendredi.
L’avion, qui transportait 174 personnes — 166 Israéliens et huit membres d’équipage, selon les médias — a dû atterrir mercredi en urgence en Arabie saoudite, d’où les passagers ont été ramenés en Israël le soir même.
Les circonstances exactes de l’incident et les motivations, encore floues, de l’agresseur, font l’objet d’une enquête aux Émirats arabes unis, où les deux pilotes ont été transférés.
Le conseiller diplomatique du président émirati, Anwar Gargash, a pointé vendredi un «acte terroriste grave», en saluant le courage de M. Machchhar.
«J’essayais de sauver ma vie, mais je savais que je ne pouvais pas laisser toutes ces personnes mourir», a déclaré ce dernier depuis son lit d’hôpital lors d’un appel avec le premier ministre indien Narendra Modi, dont les services ont relayé la séquence.

Pilote depuis 17 ans et commandant de bord depuis 11 ans, Smit Machchhar a raconté s’être aperçu que l’appareil chutait alors qu’il gisait, blessé, dans le cockpit, dont il a réussi à déverrouiller la porte, permettant l’intervention de personnes à bord pour reprendre le contrôle de l’appareil.
«Je savais que c’était ma dernière chance et que la porte était juste là», a-t-il raconté. «Je subissais encore des coups, mais j’ai simplement ouvert la porte et tout le monde est entré».
M. Modi a estimé que son «immense courage» a permis d’éviter «une grande tragédie».
Les éventuels commanditaires de l’attaque paieront un «prix élevé»
Israël cherche à savoir si la tentative présumée de faire s’écraser un avion de flydubai mercredi a été commanditée et fera payer un «prix élevé» aux éventuels donneurs d’ordres, a déclaré vendredi le premier ministre Benjamin Netanyahou.
«Plus le temps passe, plus la situation se précise: l’assaillant a subi une radicalisation islamiste. Il avait l’intention de faire s’écraser l’avion avec ses passagers», a déclaré M. Netanyahou, en référence au copilote de l’avion accusé d’avoir poignardé le commandant de bord avant de diriger l’appareil vers le sol.
«Nous vérifions dans le cadre de l’enquête s’il a été envoyé par quelqu’un» et, si c’est le cas, «ils paieront un prix élevé», a-t-il ajouté dans une allocution vidéo.
Les autorités israéliennes disent que seule l’intervention de passagers israéliens qui ont maîtrisé et ligoté le copilote a permis d’éviter l’écrasement de ce vol 1073.
Le chef du gouvernement israélien n’a pas présenté d’élément pour étayer ses soupçons vendredi, et n’a pas dit si ceux-ci portaient sur une organisation ou sur un pays.

Il avait dès jeudi affirmé que le copilote, détenu et interrogé aux Émirats arabes unis, était un ressortissant omanais «radicalisé».
Dans une entrevue avec la chaîne américaine Fox News jeudi, M. Netanyahou s’était spontanément interrogé sur l’hypothèse d’une implication de l’Iran, tout en estimant qu’il était «trop tôt» pour le dire.
«Loin des simplifications hâtives (…) et des théories du complot, la vigilance et la prudence restent indispensables face aux dangers de l’extrémisme et du terrorisme», a pour sa part relevé sur X Anwar Gargash.
Le président israélien Isaac Herzog a fait part de son intention de décerner l’une des plus hautes distinctions civiles du pays à cinq passagers israéliens s’étant illustrés par leur «responsabilité collective» pour empêcher l’avion de s’écraser.
Pendant un échange avec la presse à la Maison-Blanche mercredi, Donald Trump a lui dit penser que l’Iran était impliqué.
«Je dirais que la réponse est oui, sur la base de ce que j’entends, mais nous travaillons là-dessus en ce moment même», a déclaré le président américain, coutumier des déclarations à l’emporte-pièce.
Flydubai a appelé de son côté à «s’abstenir de toute spéculation prématurée».
Voyageurs bloqués à Dubaï
La compagnie a annoncé suspendre ses vols en provenance et à destination d’Israël le temps de l’enquête, bloquant des visiteurs israéliens à Dubaï.
La compagnie israélienne El Al, qui avait annoncé affrêter deux vols spéciaux pour les rapatrier vendredi, a fait état dans la matinée de l’annulation de ces vols, sans plus de détails.

Le ministère des Transports israélien a de son côté déclaré qu’Israël ne pouvait pas mettre en place pour l’heure de liaisons spéciales «en raison de la nécessité d’achever les préparatifs et de se coordonner» avec les autorités émiraties.
El Al a suspendu ses vols entre Israël et Dubaï après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par des frappes israélo-américaines contre l’Iran le 28 février.