Le président américain Donald Trump doit annoncer mercredi après-midi un vaste plan d’investissement venant de Corée du Sud aux États-Unis, dont 54 milliards de dollars pour un projet de gazoduc en Alaska qui a soulevé des critiques notamment de défenseurs de la biodiversité.
«Aujourd’hui à la Maison-Blanche: le président Trump va promouvoir un projet coréen de 54 milliards de dollars dans le GNL (gaz naturel liquéfié) en Alaska», État qui sera disputé lors des élections de mi-mandat début novembre, a indiqué Taylor Rogers, une porte-parole de la Maison-Blanche, sur X.
Donald Trump soutient ce colossal chantier d’infrastructure visant à transporter dans un gazoduc d’un mètre de diamètre le gaz extrait du nord de l’Alaska sur 1300 kilomètres jusqu’à un port du sud de cet État américain, où il serait transformé en GNL et exporté par navire vers l’Asie, son principal débouché.
Porté par le groupe américain Glenfarne (75%) et l’État d’Alaska (25%), ce projet, qui devra surmonter des obstacles techniques, ne devrait cependant pas être opérationnel avant 2030 au mieux.
Le site du projet évoque la création de 12 000 emplois pendant la construction, avec priorité donnée aux travailleurs locaux, puis jusqu’à un millier d’emplois dans la phase opérationnelle.
Les dirigeants d’Alaska défendent ce projet depuis des années, mais des problèmes de coût et les questions de faisabilité économique en particulier ont entravé sa progression.
Cette région sauvage dispose d’importants gisements d’hydrocarbures, mais abrite beaucoup d’espèces menacées, comme des ours polaires, des grizzlis, des caribous et de nombreux oiseaux.
Le gouvernement républicain est revenu sur maintes restrictions environnementales et en matière d’exploitation pétrolière dans cette région, dont beaucoup avaient été annoncées en 2024 par l’ex-président démocrate Joe Biden.
Le groupe JERA, premier producteur d’électricité japonais, avait indiqué en septembre 2025 envisager des achats importants de GNL issu de ce gazoduc, à la suite d’un accord commercial entre Tokyo et Washington impliquant des achats nippons accrus d’hydrocarbures américains.
Cette annonce était intervenue quelques jours après que les ministres de l’Intérieur Doug Burgum et de l’Énergie Chris Wright avaient accueilli à Anchorage - ville la plus peuplée d’Alaska - des délégations officielles du Japon, de la Corée du Sud et de Taiwan lors d’une «Conférence sur l’énergie durable», espérant leur donner envie «d’acheter du gaz naturel d’Alaska».
M. Wright avait aussi évoqué la possibilité de faire appel à des «capitaux privés», notamment ceux d’alliés du Moyen-Orient.
Le Wall Street Journal avait écrit plus tôt en septembre que, outre le projet gazier, Séoul envisageait également de financer la construction d’un maximum de huit centrales nucléaires sur le sol américain.
