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Ceuta est «indissociable» de l’Espagne, selon le roi Felipe VI en visite historique dans l’enclave

«Et face à tout risque, notre devoir est de les défendre», a martelé le souverain.

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Ceuta: des migrants renvoyés au Maroc La police et les forces armées espagnoles à Ceuta continuaient d'escorter vers le Maroc des migrants alors que selon Madrid, la plupart des 60 000 migrants qui ont franchi illégalement la frontière ont été renvoyés.

Le roi Felipe VI a défendu mardi la souveraineté «indiscutable» de l’Espagne sur Ceuta lors d’une visite historique dans l’enclave du nord de l’Afrique revendiquée par le Maroc, où une foule en liesse l’a acclamé, deux mois et demi après une crise migratoire inédite.

«Ceuta et Melilla sont indissociables» de l’Espagne, a-t-il affirmé, applaudi par l’assistance, jugeant «non négociables» la «souveraineté» de Madrid sur ces deux enclaves, à la veille d’un autre déplacement avec la reine Letizia, mercredi à Melilla.

«Et face à tout risque, notre devoir est de les défendre», a martelé le souverain dans cette prise de parole qui a eu lieu à la fin de cette journée de visite, la première d’un souverain espagnol dans l’enclave depuis celle de son père, Juan Carlos, en 2007, qui avait suscité une crise diplomatique avec Rabat.

Peu avant, Felipe VI avait rendu hommage au cimetière de Sidi Embarek à la centaine de migrants morts au cours de leur trajet, majoritairement effectué à la nage, les 30 et 31 juillet, pour rejoindre Ceuta.

Le roi Felipe VI et la reine Letizia d'Espagne saluent la foule lors de leur visite dans l'enclave espagnole de Ceuta, mardi 13 octobre 2026. Le roi Felipe VI et la reine Letizia d'Espagne saluent la foule lors de leur visite dans l'enclave espagnole de Ceuta, mardi 13 octobre 2026. (Manu Fernandez/AP Photo/Manu Fernandez)

L’afflux soudain de plus de 70 000 migrants dans l’enclave espagnole avait provoqué une crise sans précédent sur place, de vives tensions entre l’exécutif et l’opposition de droite et d’extrême droite à Madrid, ainsi qu’une querelle diplomatique au sein de l’Union européenne.

Si la plupart d’entre eux sont repartis dans les heures qui ont suivi, plusieurs milliers sont restés dans ce petit territoire situé entre la Méditerranée et l’Atlantique, où une partie de la population s’est sentie abandonnée par l’État.

«Vous n’êtes pas seuls et vous ne serez pas seuls», a affirmé Felipe VI, reconnaissant que Ceuta faisait face à «un défi difficile».

«Nous sommes Espagnols»

Acclamés aux cris de «Felipe ! Felipe !» ou «Vive l’Espagne !», devant une marée de drapeaux espagnols et de Ceuta, les souverains ont débuté leur visite à la mi-journée en passant de longues minutes à serrer des mains et à poser pour des photos avec les habitants qui avaient envahi les rues autour de l’hôtel de ville.

Des scènes qui se sont répétées tout au long de la journée, Felipe VI et Letizia étant chaleureusement accueillis et salués à chacune des étapes de leur déplacement.

Leur présence rappelle «que Ceuta est espagnole et que nous sommes Espagnols», s’enthousiasme auprès de l’AFP Karima Mohamed, une vendeuse de 33 ans.

«Ça a été un plaisir et un honneur de serrer la main (du roi). Nous lui avons tous dit : “Ne nous oubliez pas” et il a répondu : “Non, nous ne vous oublions pas”», raconte de son côté Cristina Carrasco, une fonctionnaire de 50 ans.

Une banderole en espagnol sur laquelle on peut lire « Ceuta n'est pas une exception, c'est l'Espagne » est accrochée à côté de la mairie de Ceuta, dans l'enclave espagnole de Ceuta, ce mardi 13 octobre 2026, à la veille de la visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia d'Espagne. Une banderole en espagnol sur laquelle on peut lire « Ceuta n'est pas une exception, c'est l'Espagne » est accrochée à côté de la mairie de Ceuta, dans l'enclave espagnole de Ceuta, ce mardi 13 octobre 2026, à la veille de la visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia d'Espagne. (Manu Fernandez/AP Photo/Manu Fernandez)

«Merci beaucoup d’être venus semer la confiance là où elle est la plus nécessaire», a pour sa part dit devant les souverains le président de Ceuta, Juan Jesus Vivas, estimant que le territoire traversait «la période la plus difficile de son histoire récente», avec une souveraineté «mise à rude épreuve».

Vendredi, le roi du Maroc Mohammed VI avait défendu le «partenariat» avec l’Espagne, tout en reconnaissant qu’il se heurtait à des «défis majeurs» et en rejetant fermement toute tentative de «pression» ou de «chantage».

«Maintenir de bonnes relations»

Lundi, le quotidien El País avait révélé que des navires de guerre marocains étaient entrés dans les eaux de Ceuta lors de l’afflux de migrants fin juillet, un épisode qualifié mardi par la porte-parole du gouvernement espagnol, Elma Saiz, de «fait ponctuel qui s’est résolu dans la plus totale normalité».

«Le Royaume d’Espagne et l’UE elle-même ont la volonté et la responsabilité de maintenir de bonnes relations de voisinage avec le Royaume du Maroc», a pour sa part assuré Felipe VI mardi dans son discours.

Dans l’enclave, le retour à la normale tarde toutefois à se concrétiser pour la population, à quelques semaines des élections législatives anticipées du 29 novembre.

Ceuta «va très mal», estime Ana María Diaz, une retraitée de 69 ans, qui aurait aimé que Felipe VI et Letizia «voient tout: comment c’était avant, et comment c’est encore aujourd’hui».

Des tentes de fortune servant de campement provisoire installé par des migrants sur la plage d'El Trampolín, dans l'enclave espagnole de Ceuta, vendredi 2 octobre 2026. Photo AP Des tentes de fortune servant de campement provisoire installé par des migrants sur la plage d'El Trampolín, dans l'enclave espagnole de Ceuta, vendredi 2 octobre 2026. Photo AP (Bernat Armangue)

Les autorités ont mis en place des centres pour accueillir plus de 7000 migrants et 2800 mineurs, mais certains continuent de vivre dans les rues de Ceuta ou dans les collines, principalement en périphérie.

Les derniers campements de migrants sur les plages ont, eux, été démontés ces derniers jours.