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La Chine confirme qu'elle discute d'une rencontre historique avec Trump et Poutine

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(Dmitri Lovetsky)

Pékin a confirmé pour la première fois qu’il était en discussion pour l’organisation une rencontre historique entre le dirigeant chinois Xi Jinping, le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine.

Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré lors d’un point presse cette semaine que la Chine «est en contact avec les parties concernées au sujet d’une rencontre entre les trois chefs d’État ». Rien n’est encore décidé, mais cette rencontre entre les trois dirigeants aurait lieu ce mois-ci en marge d’un sommet régional dans la ville de Shenzhen, dans le sud de la Chine.

Si elle se concrétise, ce serait un événement historique. Des experts estiment toutefois qu’il est peu probable que les trois dirigeants abordent des sujets de fond, leurs intérêts étant divergents, mais qu’ils se réuniraient pour une séance photo, et que la Chine orchestrerait soigneusement cette rencontre.

«Je pense que cela aura lieu. La question porte sur le format et le contenu», a déclaré Sun Yun, directrice du programme sur la Chine du Stimson Center. «La Chine veut l’image, mais pas les coûts »

Pékin accueille cette année le sommet des dirigeants de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC), un groupe de 21 membres comprenant notamment les États-Unis et la Russie.

Donald Trump devrait se rendre à Shenzhen et rencontrer Xi Jinping pour la troisième fois cette année, afin de maintenir une trêve commerciale fragile qui doit prendre fin en janvier.

Signe que les tensions persistent, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a exhorté Pékin, lors d’une visioconférence vendredi avec le vice-premier ministre chinois He Lifeng, à prendre «des mesures concrètes pour mettre pleinement en œuvre ses engagements antérieurs, notamment en ce qui concerne les achats de produits agricoles, les terres rares et d’autres minéraux essentiels», selon un communiqué du bureau de M. Greer.

L’agence de presse officielle chinoise Xinhua a rapporté samedi que les deux parties avaient eu des échanges approfondis et constructifs lors de cet appel, et que la Chine avait fait part de ses préoccupations concernant les mesures économiques et commerciales restrictives prises par Washington à l’encontre de Pékin.

Pendant son séjour en Chine, M. Trump a déclaré qu’il serait intéressé par une rencontre avec MM. Xi et Poutine pour discuter du contrôle des armes nucléaires, bien que le dirigeant russe souhaite avant tout aborder la guerre en Ukraine sans la présence de Kyiv à la table des négociations.

«C’est Poutine qui a le plus à gagner d’une rencontre trilatérale entre dirigeants, et les Russes sont clairement à l’origine de cette initiative, qui constituerait un coup de maître diplomatique», a affirmé Danny Russel, ancien haut responsable du Département d’État américain ayant servi sous l’administration de l’ancien président Barack Obama.

M. Trump, avec son «engouement pour les hommes forts autoritaires», adorerait cette rencontre, bien qu’il ait clairement été averti par ses conseillers de ne pas aborder la question de l’Ukraine lors des discussions, a ajouté M. Russel, qui est aujourd’hui chercheur émérite à l’Asia Society Policy Institute.

Mme Sun, du Stimson Center, a avancé que la Russie profiterait probablement de ce sommet pour inciter la Chine et les États-Unis à se rapprocher des positions de Moscou sur l’Ukraine, tandis que «la Chine devra contrer les manœuvres russes».

La Chine ne s’engagerait pas non plus dans des pourparlers sur le contrôle des armements ni dans des discussions concernant l’Ukraine ou l’Iran, se contentant de répéter son refrain diplomatique selon lequel la paix est importante et les guerres doivent cesser, selon Mme Sun.

Le plus grand défi de Pékin pourrait bien résider dans la perception que l’on en a. Ce sommet «ne doit pas être assimilé à un partage du monde entre trois grandes puissances», a-t-elle indiqué.

Cette rencontre pourrait ne se résumer qu’à une séance photo permettant à M. Poutine d’apparaître aux côtés des dirigeants américains et chinois, a noté Craig Singleton, directeur principal du programme sur la Chine à la Foundation for Defense of Democracies.

«Mais ces séances photo ont un impact diplomatique de plus en plus limité, a-t-il ajouté. Le spectacle pourrait être historique sans pour autant déboucher sur quoi que ce soit de particulièrement significatif.»