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Société

Montée de l’intolérance face aux LGBTQ+ dans les écoles: une élève et une éducatrice témoignent

Une élève et une employée remarquent depuis quelques années un changement dans l’attitude des élèves.

/ Noovo Info

L’augmentation de l’intolérance auprès des personnes LGBTQ+ dans les écoles rapportée par une étude du GRIS-Montréal ne surprend pas une élève et une employée d’une école rencontrées par Noovo Info. Elles remarquent depuis quelques années un changement dans l’attitude des élèves face à la diversité sexuelle.

 

Anaïs est en cinquième secondaire et s’impliquait dans le comité Empreintes qui visait à faire la promotion de la diversité sous toutes ses formes à son école, le Collège de l'Assomption dans Lanaudière. Son comité avait pris l’initiative d’installer un drapeau de la Fierté dans l’école et les réactions de ses camarades étaient plutôt négatives.

Des collègues de classe ont notamment publié le drapeau dans leur story Instagram avec la mention «mais qu’est-ce qu’est devenue cette école?».

«On a littéralement reçu des commentaires extrêmement déplacés. [...] Il y a une personne qui a commencé à spammer des signes nazis dans les commentaires», déplore Anaïs. 

L'animatrice de pastorale de l’école, Mitsi Leduc remarque elle aussi un changement sociétal par rapport à la perception de la communauté LGBTQ+.

Elle cite en exemple la journée contre l’homophobie organisée par l’école lors de laquelle des collants en forme de cœurs sont distribués aux élèves. Il y a quelques années, les élèves portaient en majorité les cœurs pour souligner l’événement alors que la chose est maintenant tournée au ridicule par les nouvelles cohortes.

Selon elle, ce changement de perception est notamment dû au contenu que les jeunes consomment sur les réseaux sociaux.

«Une des grandes raisons quand même, c'est toute la question de la masculinité toxique avec Andrew Tate qui est extrêmement populaire chez les jeunes garçons», affirme-t-elle.

Un phénomène généralisé

Dans son étude publiée le mois dernier, l'organisme GRIS-Montréal a relevé une augmentation des discours teintés de commentaires comme «Je suis homophobe et c'est mon droit» ou encore «Arrêtez de normaliser une honte».

Entre 2017 et 2024, le niveau de malaise des jeunes face à l'homosexualité de leur meilleur ami est passé de 15,2 % à 33,8 % pour une amie lesbienne et de 24,7 % à 40,4 % pour un ami gai, a exposé Gabrielle Richard, directrice de la recherche au GRIS-Montréal.

L'intolérance est observable chez tous les groupes d'âge, peu importe leur genre, leur religion ou la région où se situe l'école. Les résultats de l'étude sont basés sur plus de 35 700 questionnaires complétés par des élèves du secondaire dans plusieurs régions du Québec. Il s'agit de la plus grande base de données longitudinales à ce sujet au pays.

- Avec les informations d'Émile Bérubé-Lupien pour Noovo Info