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Justice

Les juges néerlandais demandent plus d'informations au Canada sur Amanda Todd

Cette décision a retardé les démarches juridiques visant à convertir la peine canadienne de 13 ans d'Aydin Coban en une peine d'emprisonnement néerlandaise dans la célèbre affaire d'extorsion en ligne.

Amanda Todd avait 15 ans lorsqu'elle s'est suicidée, en octobre 2012, peu de temps après avoir publié une vidéo sur YouTube qui décrivait comment elle avait été tourmentée par un harceleur en ligne.
Amanda Todd avait 15 ans lorsqu'elle s'est suicidée, en octobre 2012, peu de temps après avoir publié une vidéo sur YouTube qui décrivait comment elle avait été tourmentée par un harceleur en ligne.
Mike Corder
Mike Corder / Associated Press

Des juges d'Amsterdam ont indiqué jeudi qu'ils ont besoin de plus d'informations de la part des autorités canadiennes avant d'examiner la peine d'un Néerlandais condamné au Canada l'année dernière pour des crimes, y compris l'extorsion et le cyberharcèlement de l'adolescente canadienne Amanda Todd. 

Cette décision a retardé les démarches juridiques visant à convertir la peine canadienne de 13 ans d'Aydin Coban en une peine d'emprisonnement néerlandaise dans la célèbre affaire d'extorsion en ligne.

Aydin Coban avait fait chanter l'adolescente de 15 ans pour qu'elle s'exhibe devant une webcaméra. Elle s'est suicidée en 2012 après avoir raconté son calvaire dans une vidéo YouTube regardée par des millions de personnes dans le monde.

Lors d'une brève audience jeudi, au cours de laquelle une nouvelle sentence devait être annoncée, un juge a déclaré que le tribunal du district d'Amsterdam avait besoin d'éclaircissements de la part du Canada sur la date la plus probable à laquelle Coban serait libéré s'il devait purger sa peine dans une prison canadienne.

«Nous devons prendre en compte la date à laquelle il aurait été libéré et les autorités canadiennes ont donné quelques dates possibles, mais ne disent pas que c'est la date la plus probable à laquelle il serait libéré, a déclaré Robert Malewicz, l'avocat de Coban, aux journalistes présents au palais de justice.

Aucune nouvelle date n'a été fixée pour une audience dans cette affaire. La décision de condamnation peut encore faire l'objet d'un appel devant la Cour suprême des Pays-Bas.

La mère d'Amanda Todd a soutenu jeudi que ce nouveau retard devant un tribunal néerlandais ne faisait qu'ajouter à son «histoire sans fin». Carol Todd avait espéré apprendre jeudi que le tribunal prolongerait la peine de prison déjà infligée à Coban.

Coban purgeait déjà une peine de 11 ans aux Pays-Bas pour des crimes similaires visant plus de 30 autres victimes lorsqu'il a été extradé au Canada pour être jugé dans l'affaire Todd. La mort de la jeune fille a attiré l'attention du grand public sur la question de la cyberintimidation au Canada.

Il avait été déporté au Canada pour subir son procès à condition qu'il puisse éventuellement purger aux Pays-Bas toute peine imposée. La peine canadienne doit également être convertie en fonction des normes néerlandaises pour ces types de crimes.

Les procureurs ont déclaré il y a deux semaines qu'en vertu de la loi néerlandaise, il devrait purger une peine de quatre ans et demi.

La défense avait qualifié la peine canadienne d'«exorbitante, même selon les normes canadiennes». Me Malewicz a plaidé que Coban ne devrait pas être condamné à une peine de prison supplémentaire, mais si c'était le cas, elle ne devrait pas dépasser un an, dont six mois avec sursis. Cela signifie que Coban n'aurait à purger que six mois supplémentaires s'il commettait une autre infraction.

Me Malewicz a récemment critiqué les autorités canadiennes pour avoir divulgué les données personnelles de Coban, affirmant qu'il serait désormais lié à jamais à l'«affaire Amanda Todd». Les autorités néerlandaises ne divulguent pas les noms et prénoms ni d'autres informations permettant d'identifier les suspects dans les affaires criminelles.

«Il sera toujours reconnu, a indiqué son avocat. Pour lui, c'est comme une condamnation à perpétuité.»

Mais Carol Todd, la mère d'Amanda, estime que Coban doit payer le prix de ses actes. Si son identité n'avait pas été divulguée, «ce serait le protéger — et il s'agit de protéger d'autres enfants», a-t-elle plaidé.

À lire également : La mère d'Amanda Todd souhaite plus de sensibilisation sur le harcèlement en ligne

Amanda Todd avait 15 ans lorsqu'elle s'est suicidée, en octobre 2012, peu de temps après avoir publié une vidéo sur YouTube qui décrivait comment elle avait été tourmentée par un harceleur en ligne.

Elle avait utilisé des cartons sur lesquels elle décrivait son calvaire, dans la vidéo qui a depuis été visionnée par des millions de personnes, mettant en lumière les méfaits du harcèlement en ligne et de la cyberintimidation.

Coban n'a pas été accusé en lien avec son suicide.

Lors de la condamnation de Coban l'année dernière, la juge canadienne Martha Devlin a déclaré qu'il avait ciblé l'adolescente avec son «scénario durable de sextorsion» et que «l'impact grave des infractions sur Amanda était évident pour Coban et aurait été évident pour n'importe qui à l'époque». La juge a ajouté que «ruiner la vie d'Amanda était l'objectif expressément déclaré de Coban. 

«Malheureusement, il a réussi.»

Mike Corder
Mike Corder / Associated Press